Les Atikamekws maintiennent le blocus des opérations forestières en Haute-Mauricie.

Les Atikamekws rencontrent le gouvernement aujourd'hui

L'émissaire des Atikamekws nommé la semaine dernière rencontre aujourd'hui les représentants du Secrétariat des Affaires autochtones du Québec afin d'établir un cadre de négociation. Si la rencontre se déroule bien, les chefs autochtones devraient discuter en après-midi avec le ministre responsable du secrétariat, Geoffrey Kelley, le ministre des Ressources naturelles et de la Faune (MNRF) Clément Gignac, ainsi qu'un représentant du bureau du premier ministre Jean Charest.
Le chef du conseil de bande d'Opitciwan, Christian Awashish.
«Nous voulons définir avec ces rencontres le cadre de travail des négociations», expliquait hier l'émissaire des Atikamekws, Jimmy Néashit.
Quelques centaines de membres des communautés atikamekws étaient réunis au camp Kawaie dimanche, à quelques kilomètres de la réserve d'Opitciwan, pour rencontrer leurs chefs et discuter du blocus. Le chef d'Opitciwan, Christian Awashish, affirme que cette assemblée a permis de confirmer la volonté de la population de poursuivre le blocus.
«La population est derrière nous. Au début, plusieurs personnes craignaient les conséquences du blocus. Mais après une semaine, les craintes sont dissipées», souligne-t-il. «On nous dit qu'il était temps que les choses changent. Nous sentons que la population est fière de ce que nous réalisons.»
L'émissaire atikamekw est du même point de vue. «On a compris que la population est derrière ses chefs», ajoute Jimmy Néashit.
Pendant ce temps, le blocus continue en haute Mauricie. Il n'est pas question de lever ce blocus qui paralyse depuis une semaine les opérations forestières dans cette région. D'ailleurs, les autochtones comptent bien intensifier les moyens de pression en érigeant de nouvelles barricades.
«Nous allons lever le blocus juste si nous avons des négociations de haut niveau», précise le chef Awashish. «En attendant, nous maintenons le blocus et allons l'intensifier.»
Les Atikamekws d'Opitciwan ont l'intention d'ériger une barricade sur la route forestière qui relie la communauté au Lac-Saint-Jean. De plus, la communauté de Wemotaci envisage d'établir une barrière dans le secteur de Rivière-aux-Rats. «Nous voulons faire de nouveaux points de blocage. Il y a de l'activité forestière intense dans ces secteurs», note le chef Awashish.
Le chef d'Opitciwan soutient par ailleurs avoir l'appui de plusieurs chefs des autres nations autochtones. Il affirme que d'autres conseils de bande pourraient mettre en place un blocus. «Les Algonquins, les Innus et les Montagnais du Lac-Saint-Jean nous appuient. Des conseils de bande envisagent de mettre en place des moyens de pression comme nous.»