Les chefs David Boivin de Wemotaci, Christian Awashish d'Opitciwan et Paul-Émile Ottawa de Manawan de même que la Grand Chef de la nation atikamekw, Eva Ottawa.

Les Atikamekws insatisfaits de la lettre de Jean Charest

Le blocus atikamekw est suspendu pour 48 heures. Même si les chefs jugent décevante la réponse à leurs revendications exprimée par le premier ministre Jean Charest dans une lettre qui leur a été envoyée hier après-midi, le blocus a été suspendu la nuit dernière. Les opérations forestières peuvent alors reprendre.
«La lettre de réponse du premier ministre est très décevante. Il délègue les négociations au ministre des Affaires autochtones Goeffrey Kelley alors que nous avions convenu qu'il prendrait lui-même part aux négociations», soutient le chef du conseil de bande de Wemotaci, David Boivin. «La réponse du premier ministre n'est pas satis-faisante.»
Les chefs sont déçus de constater que la lettre du premier ministre reste silencieuse au sujet d'éléments sur lesquels la délégation atikamekw avait pourtant insisté lors de la réunion avec les représentants du gouvernement du Québec de mardi à l'Assemblée nationale.
Les chefs vont rencontrer la population au cours des deux prochains jours pour qu'elle puisse s'exprimer sur le contenu de la lettre du premier mi-nistre.
«Nous voulons connaître leurs réactions», assure le chef Boivin. «Il y a aussi de l'inquiétude qui s'installe dans la population. On veut bien leur expliquer nos démarches et les rassurer.»
Le chef Boivin estime qu'il est trop tôt pour connaître la suite des choses. Il ne sait pas si le blocus sera levé définitivement ou suspendu que 48 heures. «Il est trop tôt pour le savoir», dit-il en ajoutant que : «Le lien de confiance entre le gouvernement et les Atikamekws est rompu depuis longtemps.»
Interpellé au sujet du blocus, le ministre des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités et ministre de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, Denis Lebel, désire que le conflit se règle le plus rapidement possible. Il en va selon lui de la santé économique de la région.
«Nous souhaitons le plus rapidement possible la reprise des négociations. On souhaite la fin du blocus et une solution à court terme. C'est grandement important pour l'économie de la Mauricie», a-t-il affirmé hier de passage à La Tuque.
Par ailleurs, d'autres nations autochtones continuent à manifester leur appui envers le combat que mènent les Atikamekws.
«Les chefs des communautés algonquines Anishinabe ont manifesté leur soutien inconditionnel aux communautés atikamekws dans leur combat en vue de faire reconnaître leurs droits et d'obtenir des compagnies forestières et du gouvernement du Québec une juste part des ressources de leur territoire et une participation pleine et entière dans l'exploitation des ressources forestières», affirmait hier le conseil de la nation algonquienne dans un communiqué de presse.
«Les chefs algonquins Anishinabe estiment également que l'exemple des Atikamekws pourrait être suivi dans un avenir rapproché par d'autres groupes, dont les Algonquins Anishinabe, qui demandent depuis plusieurs dizaines d'années que leurs droits soient reconnus», ajoutent les Algonquins dans leur communiqué.