André Quitich est le président d’élection.

Les Atikamekws aux urnes le 4 septembre

La Tuque — Le 4 septembre prochain, les membres des communautés atikamekws de Wemotaci, Opitciwan et de Manawan auront à faire un choix. Ils devront décider qui sera le grand chef du Conseil de la nation Atikamekw (CNA) pour les quatre prochaines années. Deux candidats aspirent au titre, le grand chef sortant, Constant Awashish et Christian Flamand.

«Il y a environ 3000 électeurs inscrits dans les trois communautés elles-mêmes et les électeurs qui demeurent dans les villes comme Joliette, Trois-Rivières, La Tuque, Roberval, Québec...», a indiqué le président d’élection, André Quitich.

Le scrutin est prévu le 4 septembre. Il y aura un vote par anticipation ce mardi 28 août, les bureaux de vote seront dans les communautés et dans les villes de Joliette, Trois-Rivières, Roberval et La Tuque. «Normalement, le jour du scrutin, les bureaux de vote devaient se situer uniquement dans les communautés, mais le code électoral a été changé après l’élection de 2014 de sorte que le 4 septembre il y aura également un bureau de vote à Joliette, Trois-Rivières, Roberval et La Tuque», a fait savoir M. Quitich

Le dépouillement aura lieu le 5 septembre à compter de midi au Complexe culturel Félix-Leclerc à La Tuque. Le dépouillement est ouvert au public.

Constant Awashish veut poursuivre son mandat
À la dernière élection, il y a quatre ans, les membres de la nation avaient élu Constant Awashish dans une proportion de près de 65 % au premier tour. Il veut poursuivre le travail qu’il a entamé et continuer d’augmenter le sentiment de fierté chez les jeunes et la nation entière.

«Dans mes deux premières années de mandat, il y a eu beaucoup d’apprentissages autant au niveau administratif que politique. […] On a avancé, mais il y a encore beaucoup de travail à faire. Il y a beaucoup de dossiers entamés que j’aimerais terminer, que ce soit du développement économique, en lien avec le territoire, etc.».

Constant Awashish dresse un bilan très positif de ses quatre dernières années à la tête du CNA. Il estime que la nation atikamekw est désormais «sur la map», notamment en raison de la déclaration de souveraineté.

«On est là, le train est parti et il va être dur à arrêter», assure-t-il.

«On est un exemple présentement […] On a l’entente sur l’autonomie en matière de protection de la jeunesse. On est seuls et tout le monde veut savoir. On a un programme de mesures de rechange particulier, unique aux Atikamekws, on a entamé le rapatriement des budgets des Commissions de l’APNQL… Je ne manque pas d’exemple», affirme le chef Awashish qui a multiplié les conférences, les comités et les audiences durant son mandat.

Constant Awashish insiste également sur la fierté de la nation atikamekw et des jeunes. Il veut travailler sur des plans de persévérance scolaire, de centres de formation, promouvoir la culture atikamekw…

«Il faut prendre notre place pour l’exploitation de nos ressources naturelles, tranquillement comme ça, on va avoir une meilleure place politique et les gens vont se sentir mieux et ils vont avoir le sentiment d’être partie prenante dans l’épanouissement de la société. Il faut aussi comprendre qu’on veut garder notre culture, notre langue…»

Christian Flamand veut devenir le prochain grand chef de la nation atikamekw.

«Les gens doivent aller voter en grand nombre. Ensemble on va continuer de construire notre futur et le futur de nos jeunes», a-t-il conclu.

Christian Flamand est prêt
Christian Flamand n’en est pas à sa première tentative pour aspirer au poste de grand chef. C’est la quatrième fois qu’il pose sa candidature, mais il est plus déterminé que jamais.

«J’ai un bon bagage maintenant, j’ai de l’expérience et j’ai de la maturité. Je connais les communautés, je connais ma culture, je suis rassembleur… Je suis rendu là», lance-t-il d’entrée de jeu.

«Il faut vivre dans l’harmonie. Il faut régler aussi des questions fondamentales reliées aux négociations, à nos intérêts politiques, notre économie, notre vie sociale, notre culture, la santé…»

Ancien membre des Forces armées canadiennes, Christian Flamand a été impliqué dans plusieurs projets à Wemotaci, notamment, à la maison de jeunes et à l’aréna. Il est également le fondateur du Tournoi de hockey des nations présenté à La Tuque. Il a étudié en administration des affaires à l’UQTR. Il a aussi été propriétaire d’entreprise.

«Je suis assez polyvalent. Je suis un gars de résultats. J’ai des objectifs et je veux avoir des résultats», assure-t-il.

Pour sa campagne électorale, le candidat s’est même entouré d’Éva Ottawa, une ancienne grand chef de la nation.

«C’est une preuve que je travaille dans la réconciliation. Éva a été mon adversaire politique. J’ai toujours eu du respect pour elle. C’est une grande femme et elle a beaucoup à amener à la nation. On veut inclure tout le monde, c’est ça le message.»

Ses objectifs, rallier la nation, informer la nation, faire preuve de transparence, poursuivre et rendre à terme les travaux amorcés visant l’écriture d’un projet de constitution.

«Je veux ressusciter l’intérêt des gens. Depuis les quatre dernières années, il y a eu un manque d’intérêt envers la politique […] C’est important que les membres sachent qu’ils font partie de la solution, on a besoin d’eux».

Le développement économique, l’entrepreneuriat, les relations internations et l’éducation sont également des priorités

Constant Awashish veut continuer de défendre les intérêts de la nation atikamekw à titre de grand chef.

«L’enseignement de la culture est important. C’est important qu’on donne des outils dans les écoles pour qu’on partage notre histoire, notre identité, il y a beaucoup de travail à faire. Il faut commencer maintenant.»

Pour lui, il est aussi primordial de travailler avec les Centres d’amitié autochtones. Christian Flamand estime qu’en travaillant en partenariat avec les équipes en place, on parviendra à améliorer la qualité de vie des Atikamekws qui vivent en milieu urbain.