Le maire de La Tuque a pris la parole après la manifestation.
Le maire de La Tuque a pris la parole après la manifestation.

Les ambulanciers de La Tuque manifestent: «On veut que le message passe»

La Tuque — Ils avaient promis de faire du bruit et ils en ont fait. Les ambulanciers de La Tuque ont déambulé dans les rues du centre-ville avec de nombreux citoyens, des élus, et des membres du Service incendie. Ils implorent le gouvernement du Québec de donner des réponses claires pour en finir avec l’horaire de faction et obtenir un horaire à l’heure.

«On aimerait ça que le gouvernement et M. Legaut se réveillent. Tout le monde est derrière nous et la CAQ doit entendre la population et les travailleurs. On veut un horaire à l’heure», a affirmé Michel Beaumier, président du Syndicat des paramédics du Cœur du Québec (CSN) au terme de la manifestation.

Les ambulanciers ont souligné leur exaspération vis-à-vis la situation qu’ils dénoncent depuis maintenant plus de dix ans.

«On est tanné, c’est démoralisant pour nos paramédics et c’est dangereux pour la population. Les gens de La Tuque ne sont pas au deuxième rang, on mérite un service de qualité et la population mérite d’être protégée. Ça fait chaud au cœur de tous vous voir derrière nous», a lancé le paramédic Mickael Bernier.

Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, était également sur place pour démontrer son appui aux travailleurs. Il a commencé son discours en scandant «Oui aux horaires à l’heure. Oui aux horaires à l’heure».

«Les problèmes datent de 15 ans […] On n’en veut pas de découverture de services. Quand j’entends qu’on se fait servir 11 fois cette année par Saint-Tite et Grand-mère, c’est non. On veut que le message passe. Ce soir le maire est dans la rue et donne son soutien au nom de sa population. On demande au gouvernement d’avoir du respect pour les régions et une qualité de services ambulanciers», a-t-il martelé.

«On veut des réponses dans les prochaines heures, les prochaines journées», a-t-il ajouté.

Le maire Tremblay était d’ailleurs accompagné des membres du Service incendie. À titre symbolique, ils ont traversé les rues de La Tuque avec le camion 501 qui a servi à transporter une patiente vers l’hôpital récemment.

Le maire de La Tuque (à droite) a présenté le camion de pompier qui a servi au transport d’une patiente récemment à Michel Beaumier (à gauche), le président du Syndicat des paramédics du Cœur du Québec (CSN) aux termes de la manifestation.

«C’est un camion-outils, on ne veut pas ça en 2020 transporter des résidents de La Tuque dans une boîte de camion. On mérite mieux que ça. […] Ça va améliorer les temps de réponse, on va garder les travailleurs à La Tuque, on va être capable d’éviter la découverture», a-t-il expliqué.

Depuis l’automne dernier, les rencontres et les appuis se multiplient, mais les intervenants sont toujours sans nouvelles du gouvernement.

«On veut des réponses. On a eu un paquet de promesses là-dedans, ç’a été obtenu, pas obtenu. C’est de la faute de un, c’est de la faute de l’autre. […] On veut le service à l’heure et ça presse, pas après six mois et des études de paramètres…», insiste Pierre-David Tremblay

Les ambulanciers ont fait beaucoup de bruits, notamment, lors de leur passage devant l’hôpital de La Tuque.

«On va finir par savoir qui nous dit non et pour quelles raisons on ne mérite pas le service de qualité auquel on est en droit de s’attendre», a-t-il ajouté.

Il faut dire que la surprise et la déception avaient été grandes, en novembre 2019, de ne pas retrouver le dossier de La Tuque dans l’annonce de la bonification de la couverture ambulancière pour l’année 2020-2021 faite par la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann.

Le Syndicat n’a pas manqué de rappeler que même les dirigeants du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) ont indiqué être en faveur de la transformation des horaires de faction en horaires à l’heure.

«On s’aperçoit que c’est au gouvernement que ça tarde et que c’est lui qui ne donne pas de réponse. Où est le problème, pourquoi le ministre ne nous parle pas. Il ne doit pas rester muet pour un service de santé et de sécurité à La Tuque», a lancé Pierre-David Tremblay.

Le syndicat avait lancé un appel à la population en début de semaine et force est de constater qu’il a été entendu. Une cinquantaine de véhicules ont circulé dans les rues de La Tuque.

«Je suis ici pour appuyer les ambulanciers de La Tuque. Ils travaillent très fort chaque jour pour sauver des vies. C’est inéquitable pour les citoyens de La Tuque de ne pas avoir d’horaire à l’heure dans une ville comme la nôtre», a affirmé Karine Tremblay, une autre citoyenne qui a manifesté avec les ambulanciers.

«Je sais à quel point c’est un métier difficile et je les encourage. Ils veulent améliorer leurs conditions de travail et en même temps, on vient saluer les travailleurs de la santé. Je suis moi-même préposée aux bénéficiaires», a témoigné Nathalie Gagnon, une citoyenne de La Tuque.

Il faut dire que les manifestants ont profité de l’occasion pour saluer et apporter du soutien au personnel de la santé.

Certains citoyens ont décoré leur véhicule pour manifester leur appui.

Un résident de La Tuque, Daniel Martel, a pris la parole à la fin de la manifestation. En guise d’appui, il a raconté comment les ambulanciers lui avaient sauvé la vie en juin 2017.

Rappelons qu’en Haute-Mauricie, les paramédics travaillent toujours avec un horaire de faction, aussi appelé 7/14. Ils sont sur appel à partir de la maison. Lorsqu’il y a un appel, ils doivent se rendre à la caserne, beau temps, mauvais temps, en quelques minutes et partir avec l’ambulance.

Cet horaire, les paramédics le qualifient de désuet et militent activement depuis plusieurs mois pour l’abolition de ce type d’horaire et l’implantation d’un horaire à l’heure.