La COVID-19 n’a pas empêché les brasseurs locaux de souligner les 50 ans du Parc national de la Mauricie. À partir de l’avant, on reconnaît Marie-Josée Gervais (directrice générale des Défis du parc), Nadine Blackburn (directrice du Parc national de la Mauricie), Isaac Tremblay (cofondateur du Trou du diable) et Jean-Luc Marchand (copropriétaire du Broadway microbrasserie).
La COVID-19 n’a pas empêché les brasseurs locaux de souligner les 50 ans du Parc national de la Mauricie. À partir de l’avant, on reconnaît Marie-Josée Gervais (directrice générale des Défis du parc), Nadine Blackburn (directrice du Parc national de la Mauricie), Isaac Tremblay (cofondateur du Trou du diable) et Jean-Luc Marchand (copropriétaire du Broadway microbrasserie).

Les 50 ans du Parc national de la Mauricie soulignés avec la Vide-Bouteille

SHAWINIGAN — Le brassin spécial pour souligner le 50e anniversaire du Parc national de la Mauricie n’a pas été lancé dans les circonstances prévues initialement. Au moins, Galarneau n’a pas raté le rendez-vous organisé à la bonne franquette, mercredi après-midi sur la terrasse du Broue pub & resto Le Trou du diable.

Il faisait chaud pour les aisselles sur le coup de 15 h, mais rien pour amoindrir l’enthousiasme des partenaires rassemblés pour le lancement officiel de la Vide-Bouteille. Une bière issue de la collaboration entre le Trou du diable et le Broadway, qui mettent 3500 cannettes sur le marché pour souligner dignement les 50 ans de l’un des pivots touristiques de la région.

À l’origine, Marie-Josée Gervais, directrice générale des Défis du parc, souhaitait profiter de son événement, en septembre, pour offrir cette bière spéciale. Le Trou du diable et le Broadway avaient convenu de produire 5000 cannettes, mais la COVID-19 s’est occupée de mettre un peu de sable dans l’engrenage en forçant l’annulation de l’événement.

Les plans ont donc été revus, mais pas question d’abandonner l’idée de célébrer ce cinquantenaire. Le fruit des deux brasseurs a été présenté mercredi après-midi.

La recette a été conçue par Jean-Luc Marchand, copropriétaire du Broadway microbrasserie et Stéphane Thibodeau, maître brasseur au Broue Pub & resto Le Trou du diable. Parmi les ingrédients, on retrouve notamment des branches de genévrier, ainsi que de l’orge et du blé du Maltraiteur de Trois-Rivières.

«Nous nous sommes inspirés des méthodes traditionnelles de brassage en Norvège», explique M. Marchand. «Ils utilisent des branches de genévrier pour filtrer le mélange de grain et d’eau chaude. C’est une bière à 4,2 % d’alcool, avec un bon corps. Le goût de genévrier est bien présent.»

Martine Tousignant, conseillère des politiques et des programmes pour Parcs Canada, a soumis le nom original aux créateurs.

«Le vide-bouteille est un endroit spécifique au parc de la Mauricie», explique-t-elle. «C’est une plage sablonneuse, à peu près dans le centre du lac Wapizagonke. Bien avant la création du parc, alors que les communautés autochtones circulaient sur le territoire, c’était un endroit identifié pour prendre une petite pause. Ce lac fait quand même 15 kilomètres de long, alors ceux qui le traversaient avaient besoin de faire un arrêt. Cette plage est rapidement devenue un arrêt naturel.»

Mme Tousignant ajoute que pendant la présence des clubs de chasse et de pêche sur le territoire, des guides autochtones s’occupaient des riches visiteurs pour les aider à faire des prises fructueuses.

«En ce temps-là, ils profitaient aussi de cette pointe pour prendre un petit verre», souligne-t-elle. «Cette histoire nous est donc revenue à l’esprit. Ça fait un beau pont entre le présent et le passé.»

Cette bière ne vise à soutenir aucune cause particulière, sinon pour souligner à grands traits ce cinquantième anniversaire. Sa pérennité sera guidée par la demande, mais M. Marchand s’attend à ce qu’une deuxième vague de 3500 cannettes apparaissent un jour ou l’autre.

Cette collaboration entre les deux brasseurs, le Parc national de la Mauricie et les Défis du parc emballe Mme Gervais.

«C’est un exemple pour le Québec de demain», suggère-t-elle.

Bon départ

Nadine Blackburn, directrice du Parc national de la Mauricie, se réjouit évidemment de l’initiative. La direction locale a passé un printemps particulièrement difficile, devant encaisser un lot anormalement élevé de critiques en raison de l’incertitude entourant la reprise des activités.

À tout le moins, les amateurs de plein air manifestent leur intérêt depuis la réouverture progressive, le 1er juin. Même que samedi dernier, Mme Blackburn estime que le parc national a accueilli un nombre particulièrement impressionnant de visiteurs. Les cyclistes et les motocyclistes ne se font pas prier pour reprendre leurs bonnes habitudes.

«Nous avions des objectifs assez ambitieux pour le 50e», rappelle-t-elle. «C’était bien parti, avec une programmation extraordinaire, mais ce n’est pas perdu. Certains événements peuvent se dérouler et pour les autres, nous les reprendrons l’an prochain, sous un autre prétexte, peut-être celui du renouveau!»

«Pour le moment, nous travaillons avec les contraintes que nous avons, mais ça se passe extrêmement bien», ajoute Mme Blackburn. «Nous faisons bien attention de faire respecter les mesures de distanciation. Nous portons une attention particulière aux plages. Au lac Édouard notamment, nous avons limité le stationnement à 50 % et nous interdisons le stationnement sur la route.»

La dispersion de la clientèle ne pose pas trop problème sur un aussi grand territoire. Mme Blackburn rappelle qu’au 150e anniversaire du Canada en 2017, l’affluence record de plus de 340 000 visiteurs avait posé un défi comparable pour l’administration locale.

Le milieu touristique régional comptait beaucoup sur la réouverture du Parc national de la Mauricie pour limiter les dommages inévitables à la saison touristique en cours. Mme Blackburn a bien senti cet appel.

«Nous sommes très conscients du rôle que nous jouons», reconnaît-elle. «Je me suis entretenue avec Tourisme Shawinigan, Tourisme Mauricie et le maire de Shawinigan pour les assurer que nous serons présents pour participer à toute stratégie qui contribuera à aider le milieu touristique à se relever.»