Le député de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon.
Le député de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon.

«L’épouse idéale pour un politicien», selon Louis Plamondon

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Adversaire politique de son mari pendant toutes les années que celui-ci a passé à la Chambre des communes, l’actuel député de la circonscription Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon, garde un bon souvenir d’Aline Chrétien.

Même s’il n’a jamais été du même côté que l’ancien premier ministre Jean Chrétien, l’actuel doyen de la Chambre des communes a tout de même rencontré la défunte épouse de ce dernier à quelques reprises. Selon lui, elle était une femme sympathique, calme et qui était demeurée simple malgré les hautes fonctions qu’a occupées son époux.

«Elle était charmante et très affable. Mais surtout, elle était très connaissante de la politique. Son mari était un politicien batailleur, mais elle, elle aurait fait une bonne entraîneuse. […] Elle était l’épouse idéale pour un politicien», lance le député bloquiste que Jean Chrétien se plaisait à appeler «le député de l’autre bord du pont».

M. Plamondon se souvient tout particulièrement d’une conversation qu’il a eue avec Mme Chrétien lors de la première représentation du spectacle du Cirque du Soleil rendant hommage à son frère Luc et qui a été présenté tout l’été 2017 à l’Amphithéâtre Cogeco.

Jean Fournier

«Nous avions discuté pendant une quinzaine de minutes et nous avions parlé de nos intérêts. J’avais alors appris qu’elle parlait quatre langues, soit le français, l’anglais, l’espagnol et l’italien. Elle m’avait aussi indiqué qu’elle avait commencé à suivre des cours de piano tardivement avec une enseignante de Saint-Célestin, une localité dans mon comté», se rappelle M. Plamondon.

Lors du même échange, Mme Chrétien avait confié au député du Centre-du-Québec qu’elle aurait aimé fréquenter l’université dans sa jeunesse. Mais en raison de ses moyens financiers limités, elle avait dû se rabattre sur une formation afin de devenir secrétaire. Ce rêve non réalisé a par contre servi d’argument pour l’ancienne première dame afin de convaincre son mari d’aller de l’avant avec le programme des bourses du millénaire au tournant des années 2000.

«M. Chrétien se cherchait un punch avec l’arrivée de l’an 2000. Ses conseillers politiques lui avaient dit que l’avenir était les jeunes. Tout en respectant les compétences provinciales en éducation, ils lui ont proposé ce programme de bourses. Mais il doutait de ça. Quand il en a parlé à son épouse, elle lui a dit que si elle avait eu ça, elle serait allée à l’université», raconte M. Plamondon, précisant que l’ancien premier ministre à lui-même déjà évoqué cette histoire.

Une grande dame selon Jean Fournier

Bénévole bien connu dans la région, Jean Fournier a également côtoyé Mme Chrétien. Ayant œuvré au bureau de circonscription de l’ancien premier ministre pendant plusieurs années, sans recevoir de rémunération tient-il à préciser, il s’est rapproché au fil du temps du politicien et de son épouse, qu’il n’hésite pas à qualifier de grande dame.

«Je leur ai rendu plusieurs services. J’allais notamment les représenter lors d’expositions dans les salons funéraires quand des personnes qu’ils connaissaient décédaient. Mme Chrétien a commencé à m’inviter à des soirées. On s’est côtoyé plus par la suite. Nous sommes allés souper chez eux et ils sont venus chez moi. […] Nous avons lunché ensemble, M. Chrétien et moi, en juillet dernier. Mais par respect pour lui, je ne me suis pas informé de l’état de santé de son épouse», raconte celui qui a même fait partie d’une mission économique à l’étranger en 1997 avec M. Chrétien.