Patrick Carpentier, le défunt Gerry Rochon (représenté ici par Carol Kane) et Léon Méthot font maintenant partie des membres du Temple de la renommée du Grand Prix de Trois-Rivières.

Léon Méthot intronisé au Temple de la renommée du Grand Prix

TROIS-RIVIÈRES — Seize ans après avoir été contraint de rendre les armes à la tête du Grand Prix de Trois-Rivières, l’ancien président-directeur général de l’événement Léon Méthot a reçu l’ultime honneur, vendredi sur l’avenue Gilles-Villeneuve, alors qu’il a été intronisé au Temple de la renommée.

«C’est tout un honneur. En étant intronisé, tous les souvenirs me reviennent en tête. J’ai eu beaucoup de plaisir à faire ça», a commenté le principal intéressé, en entrevue avec Le Nouvelliste. «Je suis content de revoir tout le monde. Le Grand Prix, c’est une famille et je vois que la famille est encore bien en forme. C’est une très bonne affaire!»

Débarqué sur le conseil d’administration du GP3R en 1990, il aura ensuite accédé à la présidence (1991-1994) avant de prendre les guides en tant que président directeur général de 1995 à 2003.

Aux côtés de M. Méthot, la cohorte 2019 du Temple de la renommée a également honoré le pilote Patrick Carpentier, qui avait notamment soulevé la foule en 1996 avec deux victoires en Formule Atlantique. Le statisticien Gerry Rochon, décédé en juin dernier après avoir été impliqué pendant des décennies dans le Grand Prix de Trois-Rivières, complète le trio d’honneur.

«J’étais vraiment content lorsque Serge (Lafrenière) m’a appelé pour me dire que je rentrais au Temple. Et je l’étais encore plus quand j’ai appris avec qui j’étais intronisé. Gerry, c’était notre source d’information. Il était toujours présent pour nous. Et puis, Patrick a toujours été un pilote fétiche à Trois-Rivières. Les amateurs l’adoraient», se souvient l’ancien PDG du GP3R.

D’ailleurs, Léon Méthot était particulièrement ravi de revoir les anciens pilotes de la filiale Player’s, vendredi. Parmi ceux-ci, on retrouvait les Jean-François Dumoulin, Marc-Antoine Camirand, Patrick Carpentier, Claude Bourbonnais et Jean-François Veilleux. «C’est très émotif de revoir ces gars-là. La filiale Players a démarré à Trois-Rivières en 1992, avec Jacques Villeneuve. À l’époque, ils ne commanditaient pas des pilotes, seulement des séries ou des événements. Jacques est monté sur le podium à Trois-Rivières et par la suite, le Québec était peint en bleu. La filiale Player’s était née.»

Les spectateurs ont dû braver la pluie au cours de la journée de vendredi.

Fin abrupte

Le 24 octobre 2003, après avoir été incapable de remplacer le cigarettier Player’s comme commanditaire principal pour assurer la pérennité de l’événement, M. Méthot avait dû se résigner à mettre un terme aux opérations de son organisation. À l’époque, les gouvernements avaient décidé d’interdire toutes sortes de promotion d’une marque de cigarettes pour un événement, culturel ou sportif.

Cette décision allait s’avérer fatale pour le GP3R de M. Méthot, car sans cette importante commandite de Player’s, l’organisation affichait un manque à gagner de 500 000 $. «Économiquement, ce n’était plus fonctionnel. Je prendrais la même décision encore aujourd’hui», assure l’homme, qui était passé bien près de boucler une entente avec Loto-Québec, en vain.

Quelques heures plus tard, un groupe qui avait à sa tête Jacques Deshaies prenait aussitôt la relève sous la forme d’un organisme sans but lucratif, avec le soutien du maire de l’époque, Yves Lévesque.

En revisitant ses souvenirs, M. Méthot ne ressent toutefois aucune amertume. Il se dit simplement heureux de constater que le GP3R fait toujours vibrer les rues de Trois-Rivières.

«Je suis content que le Grand Prix soit en vie. Dans l’histoire des événements, il y a toutes sortes de choses qui surviennent. Il y a plusieurs époques. Ce qu’il faut retenir, c’est que le Grand Prix, c’est une histoire de passion. Pas d’un seul joueur, mais bien d’un paquet de gens qui décident de se donner la main pour faire un événement», mentionne M. Méthot, qui se retrouve aujourd’hui à la tête de l’entreprise trifluvienne Germain et Frère.

«Nous, ce qui nous motivait, c’était de donner un bon spectacle aux amateurs. On voulait que les gens vivent une belle expérience, qu’ils en aient pour leur argent.»

Encore passionné

En discutant avec ce passionné de courses automobiles, on comprend rapidement qu’il a toujours le feu sacré. On pourrait même croire qu’il offrirait volontiers son aide aux organisateurs... si jamais son téléphone sonnait. «Revoir tout le monde, c’est certain que ça fait revivre de bons souvenirs. La passion est encore là... et j’ai toujours eu beaucoup de plaisir ici», laisse tomber M. Méthot, qui avait remis les pieds au Grand Prix une première fois en 2014, après 11 ans de pause. «Je suis revenu régulièrement depuis», admet-il.