À l’avant, la professeure Sophie Desjardins et ses assistantes de recherche: Caroline Loisel, Candide Germain-Duval et Laurence Tardif.

L’environnement influence-t-il le sommeil?

TROIS-RIVIÈRES — On entend souvent nos aînés dire que leurs nuits de sommeil sont plus courtes que dans leur jeune temps. La croyance populaire veut que ce soit ainsi quand on prend de l’âge. Or, si l’on se fie aux travaux de la professeure Sophie Desjardins du département de psychologie de l’UQTR, le fait d’être plus âgé ne veut pas dire qu’on n’a pas besoin d’autant de sommeil.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi les aînés dorment moins bien. Pour certains, c’est la tête qui trotte à cause de divers soucis. Pour d’autres, c’est l’envie d’uriner qui les force à se lever plusieurs fois par nuit. D’autres encore auront le sommeil léger parce qu’ils ressentent des douleurs.

Il pourrait toutefois y avoir une autre cause, moins connue celle-là et c’est l’influence de l’environnement dans lequel les gens dorment. Trop de lumière, des bruits qui réveillent, des odeurs qui incommodent, un matelas inconfortable, une température trop chaude ou trop fraîche, autant d’éléments qui peuvent gruger l’efficacité du précieux sommeil.

La professeure Desjardins veut en savoir plus. Elle est à la recherche d’une soixantaine de participants de 65 ans et plus pour vérifier avec eux l’impact d’un environnement optimal sur leur sommeil et voir quel poids l’environnement peut vraiment jouer dans la qualité de leur repos nocturne.

Cette spécialiste du sommeil va d’abord rencontrer les participants et déboulonner avec eux quelques mythes au sujet du sommeil avant de se lancer dans l’expérience. Par exemple, on entend souvent dire que c’est entre 10 h et 1 h du matin que le corps se répare et donc, que le sommeil est optimal, d’où l’importance de se coucher tôt. Or, cette donnée serait très variable d’une personne à l’autre, assure la chercheuse. Se coucher au moment où l’on n’a pas sommeil peut avoir pour conséquence un très long moment où l’on se tournera et se retournera sans cesse dans son lit, les yeux grands ouverts. Il est de loin préférable de se coucher seulement quand on a vraiment sommeil, mais de se lever toujours à la même heure, conseille-t-elle.

Le sommeil nocturne peut sembler anodin, pour beaucoup, mais il est un des meilleurs atouts d’une bonne santé, indique la professeure Desjardins.

C’est que «les problèmes de sommeil que l’on rencontre chez les personnes âgées s’accompagnent de problématiques très importantes, notamment au niveau de la santé physique, mais au niveau de la santé mentale aussi», précise-t-elle. Le manque de sommeil accroît les risques de développer des ennuis de santé, résume-t-elle. «C’est la même chose en ce qui a trait à l’anxiété et à la dépression», précise la chercheuse. C’est sans compter que «lorsqu’on dort moins bien, on ressent plus de douleur. Les difficultés de sommeil chez les personnes âgées vont être associées à des difficultés de concentration, à de la somnolence pendant la journée et à des pertes de mémoire. Il y a un risque de mortalité qui va être accru», ajoute-t-elle.

Les personnes intéressées à prendre part à cette étude doivent être âgées de 65 ans et plus et vivre à domicile et non dans un milieu institutionnalisé, ce qui permettra de contrôler l’environnement de sommeil. Pour les besoins de la recherche, on demande également de ne pas être en processus de psychothérapie, car il s’agit d’un outil employé également pour améliorer le sommeil. Les personnes doivent être stabilisées au niveau de leur médication, si elles en prennent et ne pas éprouver de problèmes de mémoire ou de concentration importants.

Il y aura d’abord une séance d’information et de formation pour les participants. Ces derniers seront évalués au sujet de leur sommeil, de leur humeur, de leur qualité de vie et de leur niveau de douleur au préalable. Par la suite, une fois qu’ils auront appris pourquoi et comment améliorer leur niveau de sommeil, les participants devront répondre à un questionnaire au bout d’un mois, puis à un autre au bout de quatre mois, et ce, dans le confort de leur foyer.

La professeure Desjardins précise que toutes les données recueillies seront traitées avec confidentialité. Pour s’inscrire, on peut laisser un message au numéro 819-376-5011, poste 4100 ou écrire à l’adresse courriel: sommeil@uqtr.ca.