Les sacs de feuilles mortes côtoient les décorations de Noël à Trois-Rivières.

Lenteur du ramassage des feuilles mortes: «je suis aussi déçu que vous»

TROIS-RIVIÈRES — Des sacs remplis de feuilles mortes, enneigés et parfois pris dans la glace, gisent encore le long de plusieurs rues de la Ville de Trois-Rivières. Une situation qui hérisse bien des citoyens qui se demandent quand le ramassage va avoir lieu. Ils ne sont pas les seuls à être excédés. Le conseiller de Pointe-du-Lac, François Bélisle, partage leur frustration.

«Franchement, je suis aussi déçu que vous du service cette année», a-t-il écrit sur sa page Facebook. En entrevue, il compatit avec les citoyens touchés. «Il y a tout un brouhaha d’insatisfaction de la population, et si la population est insatisfaite, je le suis aussi.» Il a amené ce sujet lors de la rencontre privée précédant l’assemblée publique du conseil municipal, mardi après-midi.

«On n’est pas là juste pour parler d’environnement, de Grand prix, d’investissements et de mission économique. On est là aussi pour offrir les services de base, et quand une insatisfaction est palpable, il faut en tenir compte», souligne-t-il. Selon lui, ce service laisse plus qu’à désirer.

«Cette année, il y a une problématique, et ce n’est pas juste les feuilles. C’est la collecte des matières résiduelles. Notre mission de base, c’est les services essentiels aux citoyens, et force est de constater qu’on ne les livre pas d’une manière adéquate.»

Le problème englobe aussi le ramassage des encombrants, précise-t-il. «Les gens ont raison de chialer. J’ai vu des citoyens sur ma rue cette semaine prendre la situation en main. Ils ont mis le divan qui traînait depuis un mois et demi sur leur terrain dans une camionnette. Ils ont dû pelleter et le sortir de la neige», raconte-t-il.

Il y a eu la neige hâtive bien sûr, mais la pénurie de main-d’œuvre ne serait pas étrangère à ces faux pas. «Il y a beaucoup de sous-contractants qui ont déserté ce secteur. Et les explications qu’on nous donne, c’est la question de la pénurie de main-d’œuvre. C’est quelque chose qui est compréhensible, mais comme élu, je ne peux pas dire aux gens qu’il n’y a rien à faire et qu’il faut patienter.»

Le sujet a été discuté à huis clos lors de la séance de travail du conseil municipal de Trois-Rivières mardi après-midi, confirme la mairesse suppléante Ginette Bellemare. Des solutions à court, moyen et long termes ont été proposées par les fonctionnaires de la Ville et feront l’objet, d’ici quelques jours, d’un vaste plan de communication aux citoyens afin de les informer de la suite des choses.

Mme Bellemare reconnaît que la cueillette n’a peut-être pas été à la hauteur des attentes de la Ville et des citoyens cette année. «Nous avons eu beaucoup de requêtes à ce sujet et au sujet des encombrants, surtout en ce qui concerne la deuxième cueillette», constate Mme Bellemare. La Ville assure toutefois que tout aura été ramassé à la fin du mois de novembre.

Shawinigan

Shawinigan a aussi connu un retard dans la collecte des feuilles mortes. L’entrepreneur éprouvait des problèmes à respecter les termes du contrat de service.

«Voyant qu’un entrepreneur rencontrait des difficultés, un autre entrepreneur est venu en renfort», explique Chantal Carignan, porte-parole de la Ville de Shawinigan. Mais le ramassage est supposé être terminé sur tout le territoire actuellement.

«Dans les circonstances, étant donné qu’un entrepreneur a eu de la difficulté à respecter le devis et qu’il y a eu une tempête de neige, on peut dire que le verre est à moitié plein plutôt qu’à moitié vide», fait valoir Mme Carignan.

Si des Shawiniganais constatent que leurs sacs n’ont pas été ramassés, ils sont invités à contacter le service aux citoyens au 819-536-7200.

Des citoyens mécontents de la lenteur de la collecte des feuilles sont allés les porter directement dans un des écocentres de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie (RGMRM). Mais l’hiver hâtif cause aussi quelques maux de tête à la Régie quant à la valorisation des feuilles mortes. Même si la neige lui donne du fil à retordre, les feuilles ne se retrouveront pas au centre d’enfouissement, assure la porte-parole.

«On a des ententes avec les agriculteurs de notre région pour leur envoyer les feuilles d’automne, parce que c’est une belle matière qui est de très grande qualité. On leur fait parvenir évidemment des feuilles désensachées. On fait aussi un contrôle visuel pour nous assurer qu’il n’y a aucun contaminant dans les feuilles ni aucun objet parce qu’elles s’en vont directement au champ. Mais cette année, évidemment, avec l’hiver hâtif qu’on a, les précipitations, le gel, et le fait qu’on a eu plus de feuilles que d’habitude, on a été pris un peu au dépourvu. Mais on fait le nécessaire pour trouver une autre filière de valorisation pour les feuilles qu’on reçoit», explique Sylvie Gamache, porte-parole de la RGMRM.

Les feuilles ne peuvent donc plus être amenées chez les agriculteurs en raison de la neige, mais la RGMRM travaille à trouver un recycleur qui va être en mesure d’en faire du compost.

«C’est vraiment une situation exceptionnelle avec laquelle on est en train de s’ajuster. On va les envoyer vers un recycleur qui va pouvoir les désensacher, les trier et ensuite les composter.»

Avec la collaboration

de Paule Vermot-Desroches