Le Regroupement d’organismes en déficience intellectuelle et du trouble du spectre de l’autisme de la Mauricie (RODISTA) présentait son 8e Gala inspiration. Dans l’ordre habituel, à l’avant: Alexandre Hamelin, Roxanne Lafrenière-Morin, Catherine Plamondon, Stéphanie Plamondon et Pierre Duplessis, tous lauréats. À l’arrière, Guillaume Gervais, Richard Lavoie et Mathieu Breault, lauréats, Séléna Baril, propriétaire du IGA Baril et présidente d’honneur, Violaine Héon, coordonnatrice du RODISTA, Carolyne Boucher présidente du RODITSA, Alain Beaudry, Mylène St-Louis, Éric Desrochers, Denise Thivierge et Véronique Lebrun, lauréats.

L’embauche inclusive demeure un enjeu

SHAWINIGAN — En mars 2018, Walmart congédiait ses employés présentant une déficience intellectuelle. C’était quelques jours après que le Regroupement d’organismes en déficience intellectuelle et du trouble du spectre de l’autisme de la Mauricie (RODISTA) ait lancé une campagne de sensibilisation intitulée L’embauche inclusive, un plus pour votre équipe. Le regroupement avait alors pris le parti de tourner la malheureuse coïncidence à son avantage et de saisir l’occasion pour braquer les projecteurs sur sa cause.

Moins d’un an plus tard, le 21 février dernier, le RODISTA présentait son 8e Gala inspiration, soulignant les accomplissements de personnes vivant avec une déficience intellectuelle (DI) ou un trouble du spectre de l’autisme (STA), de même que de leur apport à la société mauricienne. Cette huitième édition avait lieu sous la présidence d’honneur de Séléna Baril, propriétaire du IGA Baril de Shawinigan, une entreprise comptant plusieurs employés présentant une DI ou un TSA.

On se souviendra que devant le tollé qu’avait provoqué sa décision, Walmart avait finalement fait marche arrière quelques jours plus tard. Or, Violaine Héon, coordonnatrice au RODISTA, soutient que l’annonce initiale du géant de la vente au détail a malgré tout permis de conscientiser la population sur les enjeux liés à l’embauche inclusive. «Au départ, c’était une grosse annonce négative», explique-t-elle, «mais qui aura mis la lumière sur la difficulté pour ces personnes-là de se trouver un emploi, ou la difficulté pour certains employeurs d’avoir l’ouverture nécessaire à employer ces personnes-là», ajoute-t-elle.

Un contexte qui n’est pas non plus étranger à la création d’un prix, dans le cadre du Gala inspiration, reconnaissant précisément l’ouverture dont aura fait preuve un employeur de la région dans ses politiques d’embauche. C’est le IGA Sainte-Marguerite, et son propriétaire, Stéphane Mongrain, qui se sont ainsi vu décerner le Prix d’Employeur inclusif, à cette occasion.

Violaine Héon souligne que c’est autant M. Mongrain que son entreprise qui se voient récompensés. Si elle vante le leadership du propriétaire de l’épicerie de la rue Sainte-Marguerite, elle explique que c’est toute l’entreprise qui doit être partie prenante du processus d’accueil et d’inclusion. Le Prix Employeur inclusif est présenté en partenariat avec le SEMO Mauricie, un service de main-d’œuvre pour les personnes en situation de handicap.

Au total, ce sont 12 lauréats, nommés dans six différentes catégories, qui ont été reconnus pour leur apport à la société mauricienne.

Huit personnes, vivant avec une DI ou un TSA, ont d’abord été récompensées pour des accomplissements individuels.

C’est Pierre Duplessis qui s’est vu remettre le Prix Michel Francoeur, un prix d’hommage à la différence, pour son livre Ralph story, relatant l’histoire de son fils Raphaël, autiste.

Le Prix Porteur d’avenir a été décerné à deux projets différents. Il s’agissait d’abord de Denise Thivierge et du projet le Bolé. L’éducatrice et ses 21 élèves, vivant tous avec une DI ou un TSA, ont réussi à rouvrir le service de la cafétéria du Centre d’éducation aux adultes du Saint-Maurice, dont la fermeture avait pourtant été annoncée. Mylène St-Louis, Alain Beaudry et Éric Desrochers, respectivement psychologue, psychoéducateur et technicien en audiovisuel à l’école secondaire Val-Mauricie, ont quant à eux reçu le prix pour la réalisation du film «Moi, je fais la différence». Le court métrage présente le quotidien des élèves dans les classes spécialisées. Accessible sur les réseaux sociaux et sur la chaîne YouTube, le film vise avant tout à sensibiliser les élèves de l’école à la réalité que vivent leurs confrères.