Pour une seconde année consécutive, la chef d’antenne du Téléjournal Mauricie Sophie Bernier animera le téléthon du Noël du Pauvre.

L’élan du cœur

Trois-Rivières — «La pauvreté, c’est devoir faire de faux choix.» C’est en cette phrase coup de poing qu’un bénéficiaire de l’aide apportée par le Noël du Pauvre a résumé, cette année, sa réalité à l’animatrice Sophie Bernier. Celle qui prendra la barre, vendredi soir, de la 59e édition du téléthon du Noël du Pauvre, avoue être à chaque fois renversée et secouée d’entendre les témoignages recueillis en marge de ce rendez-vous télévisuel, qui permet à chaque année d’aider 4600 familles de chez nous de passer un plus beau Noël.

«Lorsqu’on vit de la pauvreté, on doit souvent faire des choix déchirants. Ce n’est pas aussi simple que de ne pas acheter de chips pour pouvoir acheter du lait. Ça, c’est un choix. Mais ce que cet homme me racontait, c’est que pour lui, c’est devoir choisir entre acheter une tomate ou acheter un concombre. Ça c’est un faux choix. On ne parle pas de couper dans le luxe, mais dans l’essentiel», reconnaît-elle.

Encore une fois cette année, Sophie Bernier est elle-même allée à la rencontre des gens qui livreront, durant le téléthon, des témoignages expliquant l’importance de donner pour cette cause. Pour celle qui est aussi la maman d’un petit garçon de presque trois ans, c’est un exercice à la fois déchirant et enrichissant. «Je tiens à le faire, parce que ça me nourrit. Ça me bouleverse à chaque fois, mais ça me nourrit, ça donne un sens à tout ce qu’on fait. Ça me permet d’amorcer une réflexion qui fait que durant le téléthon, c’est avec mon cœur que je parle», confie-t-elle. 

L’animatrice cite au passage l’exemple de cette mère de famille qui, si ce n’était pas de l’aide du Noël du Pauvre, aurait servi des croquettes de poulet à ses enfants à Noël. Ou encore cette mère monoparentale de six enfants qui a eu recours à l’aide du téléthon l’an dernier et qui hésitait, cette année, à la demander puisqu’elle a maintenant trouvé un emploi au salaire minimum à 20 heures par semaine. 

Vendredi soir, dès 17 h et jusqu’à minuit, c’est donc une armée de bénévoles qui seront à l’ouvrage et au bout du fil aux quatre coins de la région afin d’amasser les dons pour aider toutes ces personnes à mettre un peu de gaieté dans un Noël qui pourrait, sans l’aide du Noël du Pauvre, ne pas être aussi joyeux qu’on le voudrait. Pour Sophie Bernier, il s’agira d’une seconde expérience à l’animation de ce téléthon, le plus vieux en Amérique du nord.

«L’an dernier, je ne savais pas trop dans quoi je m’embarquais. Là, je trouve que c’est plus stressant, justement parce que je sais à quoi m’attendre. L’an dernier, j’ai été surprise de constater à quel point ça m’a demandé de l’énergie. Cette année, à travers la préparation pour le téléthon, je prends un peu de temps pour moi afin d’avoir les batteries bien chargées vendredi soir. Et je peux aussi compter sur une équipe de coanimateurs chevronnés», mentionne-t-elle, rappelant que Marie-Soleil Michon, Rémi-Pierre Paquin et Philippe Fehmiu se succéderont sur la scène de la salle J.-Antonio-Thompson afin de lui prêter main-forte.

Le téléthon s’ouvrira vendredi soir à 17 h sur les ondes de Radio-Canada Mauricie. Que ce soit à l’écran ou en personne à la salle J.-Antonio-Thompson, les spectateurs et téléspectateurs pourront notamment assister aux performances de Patrick Norman, Jonas, Andréanne A. Malette, Robby Johnson, Jérôme Charlebois, Cindy Bédard pour ne nommer que ceux-là, en plus de plusieurs chœurs provenant de la région. 

Et si l’équipe s’affaire à peaufiner les derniers détails de cette 59e édition, on réfléchit déjà à ce que sera la 60e l’an prochain. «On y pense déjà, on essaie de voir comment on pourra marquer le coup, faire que cette édition soit spéciale pour souligner nos 60 ans», confirme Sophie Bernier.