Serge Dubé est le maire de Saint-Paulin.

L’église vendue 1$ à la Municipalité?

Saint-Paulin — Les quelque 200 citoyens qui participeront dimanche au brunch du citoyen de Saint-Paulin auront non seulement l’occasion de discuter du budget de 2018, mais ils seront invités à parler de l’avenir de l’église paroissiale qui pourrait devenir la propriété de la Municipalité.

Saint-Paulin réfléchit à la possibilité de devenir propriétaire des bâtisses de la fabrique paroissiale. À l’instar d’autres fabriques comme Sainte-Angèle-de-Prémont et Saint-Justin qui n’ont plus d’église et Maskinongé qui a vendu son presbytère, celle de Saint-Paulin est confrontée à une baisse de contributions financières des fidèles, eux qui sont de moins en moins nombreux à participer aux différents offices religieux. La fabrique aimerait céder l’église, mais aussi le presbytère qui abrite depuis juillet 2005 une clinique médicale. «Il y a moins de revenus, mais autant de dépenses. Le chauffage nous coûte entre 20 000 $ et 25 000 $ par année. On n’a pas de dette, mais on n’a plus d’argent. On est mieux de s’en départir immédiatement», raconte René-Paul Lessard, le président de la fabrique locale.

Selon M. Lessard, la fabrique a obtenu du diocèse l’autorisation de vendre les propriétés pour un dollar. La proposition acheminée à la Municipalité exige qu’un endroit soit conservé pour les offices religieux, à l’église ou ailleurs. «On a fait les calculs et il y a la possibilité d’avoir 105 places assises à la sacristie. C’est bon, car le niveau de pratique religieuse, c’est 3 % de la population, entre 45 et 60 personnes. Mon souhait est que la Municipalité acquière l’église pour en faire un endroit où la communauté va continuer de se réunir, car elle sera utilisée à d’autres fins. Et on aimerait que la sacristie demeure un lieu de culte.»

Serge Dubé confirme la réception de la proposition de la fabrique. Le maire de Saint-Paulin rappelle que la Municipalité commence à être à l’étroit et que l’église pourrait régler le problème, d’autant plus qu’une inspection des lieux indique qu’ils sont en bon état général même si des modifications au système de chauffage devront être effectuées. Mais en même temps, le conseil ne se lancera pas dans une telle aventure sans avoir l’avis des citoyens, souligne-t-il.

«La Société d’histoire est logée temporairement dans un local de l’Office municipal d’habitation et il faut la relocaliser. On a des artisans avec des métiers à tisser qui sont sans espace pour exercer leur art. Et on a une collection d’ornithologie qui ne peut être exposée, car on manque d’espace. Comme maire, j’ai une ouverture quant à l’offre de la paroisse, mais elle est prudente. Avant de se prononcer, on veut savoir ce que les gens en pensent. Rien n’est décidé.»

Le conseil de Saint-Paulin avait été plongé dans un remous d’eau bénite en 2011, alors que deux citoyens avaient porté plainte à la Commission des droits de la personne concernant la récitation de la prière à l’occasion des séances publiques du conseil. De toute évidence, Serge Dubé ne veut pas retourner dans cette ambiance.

«C’est un dossier sensible, reconnaît le maire. Ce n’est pas une question religieuse, c’est une question de besoins municipaux et de patrimoine bâti. On voit mal un centre du village avec des bâtiments placardés ou un immense trou après une démolition. On attend 200 personnes, dimanche. C’est plus que 10 % de notre électorat. C’est un bon sondage d’opinion, en plus des commentaires que les gens pourront donner.»

La consultation de dimanche servira aux élus à se faire une idée et le conseil annoncera ses couleurs mercredi lors de sa séance régulière de décembre. Le conseil veut régler cette question avant le 31 décembre, question de faire affaire avec l’actuelle fabrique avant la fusion des paroisses. Si le conseil va de l’avant, un comité sera formé pour bâtir un plan d’action au cours de 2018. Le plan d’action ciblera entre autres les sources de financement disponibles concernant les aménagements à réaliser.

L’église de Saint-Paulin a été construite en 1887 et réaménagée à la fin des années 1920 à la suite d’un incendie.