L’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses pourrait être sauvée de la démolition et transformée en immeuble à condos locatifs.
L’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses pourrait être sauvée de la démolition et transformée en immeuble à condos locatifs.

L'église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses sauvée de la démolition?

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — L’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses de Trois-Rivières sera-t-elle sauvée de la démolition? À en croire le groupe d’investisseurs qui en a fait l’acquisition en même temps que trois autres églises de la paroisse du Bon-Pasteur, c’est fort possible. Après quelques consultations, les acheteurs évaluent présentement le scénario visant à conserver en totalité la structure de cette église et son architecture, pour y construire à l’intérieur des condos locatifs et des espaces commerciaux au rez-de-chaussée. Une nouvelle avenue qui enthousiasme le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.

Selon l’un des investisseurs, Sébastien Manseau, les craintes manifestées par la population de voir disparaître la valeur patrimoniale et surtout architecturale de cette église ont été entendues par le groupe. Mais de plus, les investisseurs eux-mêmes ont eu l’occasion de constater le potentiel qui résidait entre ces murs pour un tel projet.

«Je suis allé voir au cours des derniers jours des projets semblables qui ont été réalisés à Québec et Montréal, des transformations qui ont permis de conserver les structures en changeant complètement la vocation», explique Sébastien Manseau. Les nouveaux acheteurs ont même amorcé des discussions avec une firme spécialisée dans ce genre de transformation afin d’évaluer la faisabilité du projet.

Rappelons qu’au départ, les nouveaux acheteurs entrevoyaient la démolition de l’église pour y rebâtir une clinique médicale et une pharmacie. Or, ce nouveau scénario qui se dresse prévoirait plutôt la construction de 40 unités de condos locatifs sur trois étages, avec des espaces commerciaux au rez-de-chaussée, où l’on pourrait retrouver une pharmacie.

«On est encore au début de la démarche, mais on va nous revenir dans quelques jours avec l’estimation des chiffres liés à ce projet. Par la suite, on va rencontrer un architecte pour travailler des plans plus concrets», signale l’entrepreneur, qui ajoute avoir validé que la structure du bâtiment pourra être corrigée pour être solidifiée, et que plusieurs oeuvres, dont des vitraux, seraient conservées dans le processus de construction des condos locatifs. Il entrevoit même la conservation des clochers dont le potentiel pourrait être utilisé pour certains aménagements.

À la Ville de Trois-Rivières, on accueille cette nouvelle orientation avec beaucoup de positivisme. «Si on peut réussir une intégration architecturale dans la redéfinition du lieu, c’est un énorme plus pour tout le monde je crois. C’est un projet qui s’inscrirait aussi dans le développement durable en limitant l’étalement urbain et en maximisant les structures que nous avons déjà. C’est une logique gagnante», mentionne le maire Jean Lamarche.

Ce dernier signale que la Ville a voulu depuis le début être partie prenante des démarches. «Depuis le début, le message qu’on martèle, c’est que vous avez avantage à travailler avec nous, parce qu’on peut devenir un facilitateur et aller plus loin. C’est une démarche qui va dans le bon sens et ça repose sur un justificatif qui a du sens», considère Jean Lamarche, qui précise que le projet n’en est encore qu’à des demandes d’information auprès du service de l’aménagement, mais se dit rassuré des procédures en cours.

Évidemment, si un tel projet devait voir le jour, il nécessiterait un changement de zonage, un processus que la Ville n’entamera pas sans avoir sous la main les plans précis de l’entrepreneur. «On espère de tout coeur pouvoir être entendus de la Ville le moment venu», indique Sébastien Manseau.

En ce qui concerne les démarches pour l’émission d’un permis de démolition pour les églises de Saint-Jean-de-Brébeuf et Sainte-Marguerite, les démarches se poursuivent auprès de la Ville, mais impossible pour le moment de savoir quand, ni même si le permis sera octroyé. Le maire rappelle qu’une telle procédure ne peut avoir lieu tant que la Ville n’a pas pu étudier les plans précis de l’entrepreneur. «Ça avance. On a une belle collaboration de la Ville, on respecte ce qu’ils nous demandent. On met tout en oeuvre pour que la demande soit acceptée», indique Sébastien Manseau.