François Legault s’est adressé aux militants de la CAQ, jeudi soir, à l’hôtel Delta de Jonquière, sous le regard approbateur des cinq candidats de la région.

Legault rattrapé par « l’affaire Caire »

Débarqué au Saguenay en fin de journée jeudi, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a été rattrapé par « l’affaire Éric Caire ». Le député caquiste se retrouve sous les projecteurs après qu’une histoire de prêt ait fait surface.

Le député sortant de La Peltrie et sa conjointe ont contracté un prêt de 55 000 $ au maire de L’Anciennce-Lorette, Émile Loranger. Les détails du contrat n’ont pas été rendus publics, ce qui a poussé le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, à ordonner que tout soit divulgué, sans quoi l’Unité permanente anticorruption (UPAQ) allait devoir s’en mêler.

Interpellé après une rencontre avec les militants réunis dans une salle de l’hôtel Delta de Jonquière, François Legault attendait dans le détour les journalistes nationaux qui suivent la caravane caquiste.

« Pauvre Gaétan, il s’est fait tasser par Gertrude (Bourdon) et Philippe (Couillard), et là il manque d’attention », a lancé le chef de la CAQ, en faisant référence au fait que Gertrude Bourdon était vue comme la successeure de Gaétan Barrette à la barre du ministère de la Santé.

François Legault a répété à plusieurs reprises que la Commissaire à l’éthique, Ariane Mignolet, avait regardé et approuvé le dossier concernant Éric Caire.

« Est-ce que Gaétan a des informations à donner ou bien il manque seulement d’attention ? », a demandé M. Legault, pressé par les questions des journalistes. Il n’est pas pertinent selon lui de rendre le contrat public, qui a été approuvé par la Commissaire à l’éthique.

« Gaétan perd du temps à regarder des lois sur l’éthique, a martelé François Legault. Franchement, soyons sérieux. C’est le ministre de la Santé, ça ne va pas bien dans les hôpitaux, mais il est en train de jouer à l’avocat et à essayer d’avoir de l’attention. Philippe Couillard a décidé d’envoyer Gertrude à sa place et il est un peu fâché qu’on ne lui donne pas d’attention. »

Au cours de cette mêlée de presse d’un peu plus de trois minutes où il a été uniquement question de l’affaire Éric Caire, François Legault a d’abord refusé de répondre à une question concernant le Saguenay-Lac-Saint-Jean, prétextant que la région allait être en vedette vendredi. Il a finalement accepté de répondre au fait que la CAQ n’avait aucun député sortant sur les cinq circonscriptions.

« Si on est cinq en cinq, ça va être des points multipliés par deux, a réagi François Legault de manière laconique. Regardez les sondages ; ils nous en donnent au moins trois ou quatre (circonscriptions) et il reste encore 30 jours. »

Discours partisan
Peu enclin à aborder les questions régionales devant les médias, François Legault a été plus expressif devant la centaine de militants réunis au Delta. Entouré des cinq candidats de la région, Andrée Laforest (Chicoutimi), Benoît Rochefort (Jonquière), François Tremblay (Dubuc), Éric Girard (Lac-Saint-Jean) et Denise Trudel (Roberval), en plus de sa conjointe Isabelle Brais, il a misé sur l’importance de ravir des sièges au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Il a aussi parlé du potentiel du Port de Saguenay, tout en mentionnant qu’il allait travailler à créer des emplois « bien payés » dans la région. « On peut faire mieux au Saguenay-Lac-Saint-Jean », a affirmé François Legault, tout en soulevant les « injustices » des taxes scolaires « trop élevées » dans la région.

« Je suis content que vous soyez ici parce que j’ai besoin de vous, a-t-il poursuivi. On sent qu’il y a un vent de changement au Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais il faut travailler fort. Ce que je sais, c’est qu’on est capable de prendre les cinq comtés si on travaille fort jusqu’au 1er octobre ! »

François Legault s’arrêtera au hangar de la Zone portuaire de Chicoutimi vendredi matin, avant d’aller dîner au Café Bistro Summum de La Baie, après un arrêt au local électoral de Chicoutimi. Il ira ensuite faire un tour au Patro de Jonquière en début d’après-midi, pour quitter en direction de Trois-Rivières par la suite.

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BAISSER LES TAXES SCOLAIRES, IRRÉALISTE SELON GAUDREAULT

Sylvain Gaudreault qualifie d’irréaliste la promesse du chef de la CAQ, François Legault, concernant une baisse des taxes scolaires.

M. Legault a récemment réitéré sa volonté de récupérer 700 millions de dollars et de les redistribuer aux familles, en abaissant les taxes scolaires au Québec. Or, Sylvain Gaudreault affirme que cette mesure est impossible sans résulter en une diminution des services.

« Avec le portrait des finances publiques dévoilé récemment par la vérificatrice générale, il est maintenant clair qu’il n’y a aucune marge de manœuvre pour les baisses de taxes scolaires promises par la CAQ, à moins de couper dans les services, comme l’a fait Philippe Couillard », a indiqué le député de Jonquière pour le Parti québécois, par voie de communiqué.

« Ça ne balance pas, a ajouté Sylvain Gaudreault. Il n’y a aucune marge de manœuvre pour effectuer une baisse de taxes scolaires de 700 millions sans réduire les services. Le rapport de la VG le confirme : on a besoin de cet argent pour maintenir la qualité des services. Ceux qui diront le contraire sont déconnectés ou ne savent pas compter. Bref, si la CAQ et François Legault persistent dans ce choix mal éclairé, ils doivent dire la vérité. Quels services couperont-ils pour financer leurs promesses, pour trouver les 700 M$ ? »

En contrepartie, M. Gaudreault précise que le Parti québécois est sérieux lorsqu’il est question de chiffres, empruntant au passage le slogan du PQ pour la campagne électorale, « Sérieusement ». Gaudreault et son parti veulent offrir des services pour soutenir les élèves en difficulté et leurs professeurs.

À l’inverse, Sylvain Gaudreault estime que François Legault promet « une chose et son contraire, comme s’engager à augmenter les services tout en réduisant les revenus du Québec ».