Le designer Markantoine Lynch-Boisvert (photo) dit avoir subi trois fractures au visage tandis que son conjoint Alex James Taboureau a subi des contusions et souffre d’une légère commotion cérébrale.

Legault dénonce l’attaque homophobe dans Charlevoix

LA MALBAIE — Plusieurs personnalités ont dénoncé la présumée attaque homophobe dont ont été victimes un designer de mode de Montréal, et son conjoint dans la région de Charlevoix.

Markantoine Lynch-Boisvert, originaire de Shawinigan, a déclaré que lui et Alex James Taboureau ont été battus vendredi soir à l’extérieur d’un bar de La Malbaie. Un homme a commencé à leur lancer des insultes antihomosexuelles. Le couple aurait alors décidé de quitter les lieux, mais l’homme les a poursuivis à l’extérieur avant de donner un coup de tête à M. Lynch-Boisvert pendant que deux de ses amis agressaient M. Taboureau.

«Un geste inacceptable et révoltant, qui n’a pas sa place au Québec», a écrit le premier ministre François Legault, sur son compte Twitter.

La mairesse de Montréal Valérie Plante a aussi exprimé son indignation sur les réseaux sociaux.

«De tout cœur avec @MARKANTOINEMTL et son amoureux qui ont été attaqués à La Malbaie pour avoir été eux-mêmes. Triste et inquiétant de constater de tels gestes homophobes. Voilà pourquoi il faut continuer de sensibiliser, éduquer et condamner fermement ces comportements», a-t-elle commenté.

Samedi, la ministre fédérale du Tourisme, Mélanie Joly, avait écrit que l’agression était «complètement inacceptable. Ces actes d’homophobie n’ont pas leur place ici chez nous. Mes pensées sont avec vous deux.»

La Sûreté du Québec a confirmé avoir reçu un appel à ce sujet vendredi soir. Elle a ouvert une enquête.

M. Lynch-Boisvert dit avoir subi trois fractures au visage tandis que M. Taboureau a subi des contusions et souffre d’une légère commotion cérébrale.

Un précédent dans la région?

L’agression dont a été victime M. Lynch-Boisvert n’est pas sans rappeler l’agression qu’avait subie Mathieu Grégoire à Saint-Tite en 2015. Rappelons que celui-ci, également homosexuel, avait été battu à coup de bouteille de bière lors d’une soirée au Festival western.

Le juge qui présidait au procès de l’agresseur avait toutefois conclu que la preuve n’avait jamais été faite que l’orientation sexuelle de la victime était en cause dans l’événement. L’homophobie n’avait donc pas été retenue comme facteur aggravant.

L’incident avait néanmoins causé un émoi dans la population et provoqué une déferlante de réactions sur les réseaux sociaux. Les élus de l’Assemblée nationale avaient même dénoncé l’agression de manière unanime.

Ceux-ci s’étaient alors entendus pour déclarer «que l’Assemblée nationale dénonce l’agression perpétrée contre un jeune homosexuel au Festival western de Saint-Tite. Que l’Assemblée nationale rappelle l’importance de lutter contre l’homophobie, la transphobie et contre tous les stéréotypes sexuels présents dans notre société».

L’agresseur de M. Grégoire, Jérémie Roy, avait finalement écopé de huit mois de prison.