L’ouverture d’une succursale de la SQDC à Trois-Rivières n’a pas causé de problèmes majeurs.

Légalisation du cannabis: pas le désordre appréhendé

Trois-Rivières — Si certains prédisaient une catastrophe ou un certain désordre à la suite de la légalisation du cannabis, leurs prédictions ne se sont pas avérées. Du moins à Trois-Rivières.

Un an après la légalisation, les policiers de la Direction de la police de Trois-Rivières (DPTR) n’ont remis aucun constat d’infraction pour de la consommation de cannabis à un endroit non autorisé. «On n’a pas eu nécessairement de problématiques concernant les infractions liées à la consommation. D’ailleurs, on n’a pas donné de contravention cet été. On misait plutôt sur une phase éducative. On a voulu évaluer la civilité des gens lors d’événements festifs, et on n’a eu aucune problématique majeure dans tous les événements festifs de la période estivale», explique Richard Lévesque, inspecteur aux enquêtes et au soutien opérationnel à la DPTR.

Non seulement il n’y a pas eu de problèmes particuliers, mais la police de Trois-Rivières n’a reçu aucune plainte à ce sujet.

Rappelons que concernant la légalisation du cannabis, Trois-Rivières a choisi d’appliquer les dispositions de la loi provinciale qui est fortement inspirée de la Loi sur le tabac.

La DPTR s’est aussi assurée que l’avènement de la succursale de la SQDC, sur le boulevard des Forges, se déroulait sans anicroche. Encore là, il n’y a eu rien à signaler. «On n’a pas eu de problématique de désordre ou de sécurité publique liée à cette SQDC», note l’inspecteur Lévesque.

Il y a eu toutefois au départ, quelques insatisfactions de certains commerces voisins parce qu’une importante file d’attente se formait à l’extérieur et en raison d’un manque de stationnement.

Par ailleurs, une succursale de la SQDC est censée ouvrir ses portes à Shawinigan cet automne. Aucune date n’a encore été arrêtée pour l’ouverture, a indiqué la SQDC, mercredi. Quant à l’ouverture de nouvelles succursales ailleurs dans la région, encore là, rien n’est décidé pour l’instant.

Les policiers ont aussi porté une attention particulière à de possibles conflits de voisinage causés par la consommation de cannabis comme, par exemple, dans les immeubles à logements. «On a peut-être eu un ou deux appels isolés, mais on n’a pas eu de problématique majeure à ce niveau», précise l’inspecteur Lévesque.

Ce dernier assure que le service de police trifluvien s’était bien préparé à la légalisation du cannabis. Les 191 policiers ont tous reçu la formation concernant les dispositions de la Loi sur le cannabis. Ils ont également été formés sur les épreuves de coordination des mouvements qui permettent de faire la détection de la conduite avec les facultés affaiblies par les drogues. De plus, la DPTR s’est dotée de deux agents évaluateurs supplémentaires qui sont en fait des policiers spécialisés dans l’évaluation de la conduite avec les capacités affaiblies par les drogues. Notons qu’il s’agit des drogues en général et pas uniquement du cannabis.

De plus, la DPTR a développé un programme de prévention sur le cannabis qui est destiné aux jeunes en milieu scolaire.

Par ailleurs, pour ce qui est du cannabis illégal, une équipe Accès Cannabis (action concertée contre l’économie souterraine) a été mise sur pied à Trois-Rivières. Il s’agit d’un programme provincial. «On maintient une pression sur les producteurs illégaux de cannabis», souligne l’inspecteur Lévesque.

Les enquêteurs d’Accès Cannabis ont traité 43 dossiers depuis le 1er octobre 2018. Dix-huit opérations ont été effectuées dont une au début du mois qui a permis l’éradication de plantations de cannabis sur sept différents sites et la saisie de 615 plants. Depuis le 1er octobre 2018, 19 personnes ont été arrêtées pour diverses infractions liées au cannabis illégal comme le trafic ou la production.