L'éducation comme pôle d'attraction

Le milieu de l'éducation peut jouer un rôle comme pôle de rétention et d'attraction des jeunes, et ce, du primaire à l'université. Oui, la Mauricie subit un exode de sa jeunesse et doit composer avec une situation économique alourdie par les fermetures d'usines, mais à travers leurs programmes et leur pédagogie, les institutions scolaires peuvent aider à renverser la vapeur.
La pédagogie entrepreneuriale
Denis Morin se consacre à la pédagogie entrepreneuriale depuis des années et a contribué à son essor sur le territoire de la Commission scolaire de l'Énergie, puis à son élargissement à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. Il est aujourd'hui directeur-conseil en entrepreneuriat et est impliqué au sein de plusieurs organisations dont la Table régionale de l'éducation de la Mauricie.
«Le développement de la culture entrepreneuriale est un moteur dans le développement d'une communauté. Il faut s'ajuster aux besoins de la région. La PME peut redynamiser le tissu industriel. Mais pour ça, il faut que les jeunes s'estiment capables d'entreprendre. C'est à partir de cela que se structure une pédagogie entrepreneuriale. Il faut trouver des réponses originales à des problèmes de la communauté», résume M. Morin.
Concrètement, on retrouve plusieurs projets locaux de micro-entreprises dans des écoles. Mais plus globalement, on intègre aussi la valorisation de l'entrepreneuriat dans les contenus pédagogiques. On peut citer l'exemple d'un nouveau guide pédagogique lancé cet automne par les commissions scolaires de la Mauricie, portant le nom évocateurd'Entreprendre sa vie en Mauricie. Des situations de lecture, d'écriture et de communication orale sont soumises aux élèves du troisième cycle du primaire avec comme thématique l'entrepreneuriat régional.
Les six fascicules présentent l'aventure de 64 entrepreneurs de la Mauricie dans des domaines variés, de la médecine vétérinaire à la création de bijoux en passant par la pâtisserie, les vêtements, le plein air, la technologie, le spectacle et l'environnement, entre autres.
«Nous avons des programmes pour alimenter les professeurs pour s'éloigner de l'enseignement d'une matière aseptisée, insignifiante. Il faut proposer du contenu signifiant et valoriser le goût d'entreprendre», soutient M. Morin. De la formation et de l'accompagnement sont prévus pour les enseignants et autres intervenants scolaires des écoles primaires et secondaires.
Les niveaux de la formation professionnel et du collégial sont aussi sensibilisés à l'entrepreneuriat. Par exemple, un premier colloque de sensibilisation à l'entrepreneuriat s'est tenu en novembre au Carrefour formation Mauricie.
Des formations attirantes
Le développement de la fibre entrepreneuriale chez les jeunes mauriciens favorise leur rétention dans la région. Mais le milieu de l'éducation peut aussi encourager la migration de jeunes de l'extérieur vers la Mauricie. L'exclusivité ou du moins la rareté de certains programmes de formation postsecondaire peut en effet contribuer à attirer des jeunes d'ailleurs, et parfois les convertir en citoyens plus permanents - s'ils se trouvent un emploi et/ou un conjoint ici, notamment.
On peut donner l'exemple de l'Université du Québec à Trois-Rivières, qui propose des programmes exclusifs au Québec comme la chiropratique, la médecine podiatrique et la pratique sage-femme. L'accueil des étudiants internationaux ajoute également au potentiel d'attrait de néo-Mauriciens.
Les spécificités des programmes techniques dans les institutions collégiales de la région peuvent aussi attirer des jeunes de tous les coins du Québec. Et récemment, les collèges, les commissions scolaires, l'UQTR et les institutions secondaires privées se sont unies pour créer des outils promotionnels pour favoriser le recrutement d'étudiants à l'étranger. Le site web www.etudierenmauricie.ca a notamment été créé en ce sens.
° L'âge médian en Mauricie est passé de 38,5 ans en 1996 à 47,5 en 2012.
° L'âge médian au Québec est passé de 36, 1 ans en 1996 à 41,5 ans en 2012.
° Plus du quart (26,1 %) de la population de la MRC de Mékinac est âgée de 65 ans et plus.
° En 2012, trois des six MRC de la région ont enregistré un accroissement naturel négatif, soit Shawinigan, Trois-Rivières et Mékinac.
° En 2011-2012, 461 jeunes de 20 à 29 ans ont quitté la Mauricie. Les gains de population les plus importants sont dans le groupe des 55-59 ans (179) et des 60-64 ans (114).
° Le Centre-du-Québec est la première région de destination des individus qui quittent la Mauricie et la principale région d'origine de ceux qui s'y établissent.
° Toutes proportions gardées, la MRC des Chenaux est celle dont les gains migratoires sont les plus importants et La Tuque est celle où les pertes sont les plus élevées.