De gauche à droite: William Menvielle, professeur de marketing à l’UQTR, Valérie Therrien, directrice générale du Musée Pop, Chantal Tardif, directrice générale du Pôle d’économie sociale du Centre-du-Québec et le recteur, Daniel McMahon.

L’économie sociale prend sa place

TROIS-RIVIÈRES — L’économie sociale fera désormais partie de la formation offerte aux étudiants de premier cycle de l’École de gestion de l’UQTR, c’est-à-dire ceux et celles qui étudient en finance et économique, gestion des ressources humaines, management ainsi que marketing et systèmes d’information.

Les bases de l’économie sociale seront intégrées parmi les cours obligatoires sous forme d’une dizaine de capsules vidéo. Le professeur William Menvielle du département de marketing, un des professeurs impliqués dans ce projet, explique que le marketing, par exemple, peut aisément être utilisé dans les entreprises d’économie sociale. «Ces entreprises-là ont un produit ou des services à offrir. Dans le marketing, on a également des façons de communiquer pour se faire connaître. Ces entreprises ont aussi un besoin de couvrir un territoire et elles ont différents points de service pour se distribuer», illustre-t-il. «Ce sont quelques exemples qui montrent comment ces entreprises d’économie sociale vont utiliser le marketing», illustre-t-il.

Si l’UQTR s’intéresse aujourd’hui à l’économie sociale, c’est «qu’il y a un courant qui recentre un peu plus les Québécois, la population, sur les valeurs traditionnelles, des valeurs plus justes, plus humaines. C’est ce qui fait qu’il y a un intérêt qui se déplace davantage sur l’humain, sur des organisations dont le but n’est pas le profit, mais vraiment axées sur le produit ou le service à destination d’une clientèle», explique le professeur Menvielle.

Du côté des étudiants, dit-il, certains sont déjà conscientisés parce qu’ils font du bénévolat. «Pour d’autres, c’est une découverte parce qu’ils ne connaissaient pas du tout cette économie souvent cachée, méconnue», indique le chercheur.

Chantal Tardif, directrice générale du Pôle d’économie sociale du Centre-du-Québec, souligne que «l’économie sociale, au Québec, c’est de nombreuses entreprises collectives qui cumulent globalement un chiffre d’affaires de plusieurs milliards $, soit davantage que les secteurs combinés de la construction, de l’aéronautique et des mines.»

«Des dizaines de milliers de personnes y travaillent et consomment chaque jour des produits et des services dans tous les secteurs d’activités, du commerce de détail aux nouvelles technologies», renchérit-elle. On compte 250 entreprises d’économie sociale au Centre-du-Québec et 218 en Mauricie sous forme d’associations ou de coopératives gérées par des conseils d’administration élus par les membres. Elles sont donc, par définition, des propriétés collectives.

Ce modèle entrepreneurial comprend deux concepts, dit-elle, «soit l’économie qui renvoie à la production concrète d’un bien ou d’un service et le social, qui réfère à la rentabilité qui n’est pas centrée sur le profit et s’évalue notamment par la contribution à l’amélioration de la qualité de vie», dit-elle.

C’est ce genre d’informations qui seront transmises aux étudiants de l’École de gestion de l’UQTR via les capsules vidéo, dit-elle.

Malgré tous ses bienfaits, l’économie sociale «n’est pas glamour, en quelque sorte. Ça n’a pas l’intérêt du grand public. C’est souvent passé comme étant secondaire, comme étant une activité de moindre ampleur. Ce n’est pas aussi attirant, en quelque sorte, pour un étudiant, pour un finissant, de travailler dans un OSBL ou une coopérative, même s’il y a de grands exemples de coopératives de notoriété formidable», fait valoir le professeur Menvielle.

«Je pense que c’est un petit peu l’image projetée qui fait en sorte qu’elles ont toujours, ces organisations-là, travaillé dans l’ombre», dit-il.