Des étudiants de l’École nationale de police du Québec se sont porté volontaires pour prêté main-forte à la population de Nicolet dans la corvée d’enlèvement des sacs de sable utilisés pour se protéger des inondations.

L’École nationale de police prête ses bras

NICOLET — Signe certain que le printemps est arrivé, on procédait lundi après-midi, à Nicolet, au ramassage des sacs de sable ayant servi à protéger les résidences de la montée du fleuve au cours des dernières semaines. Pour l’occasion, une centaine d’étudiants de l’École nationale de police du Québec (ENPQ) ont répondu positivement à l’appel de la Ville en prêtant main-forte pour la lourde corvée. Contrairement à 2017, l’armée avait choisi cette année de ne pas intervenir sur les terrains privés pour cette phase des opérations.

L’armée avait toutefois offert son aide pour assister dans le dégagement des infrastructures municipales. Or, il n’était pas question de passer sous le nez des citoyens et de ne faire qu’une partie du travail, explique Sébastien Turgeon, conseiller en communication à la Ville de Nicolet. Si celui-ci estime que le moral de population est généralement bon, dans les circonstances, agir de la sorte «aurait été un peu provocateur», laisse-t-il tomber. D’autant, précise-t-il, que la population du secteur est vieillissante et que la tâche à accomplir est colossale.

En plus du contingent d’aspirants policiers, une douzaine d’employés de voirie et plusieurs sous-traitants opérant de la machinerie lourde s’activaient donc sur le chemin du Fleuve et aux abords de la marina municipale, en après-midi. Organisés en petites équipes, les étudiants remplissaient les pelles des chargeurs à un rythme soutenu. Si les sourires se crispaient parfois sous l’effort — les sacs de sable étaient souvent gorgés d’eau —, la bonne humeur était au rendez-vous. On semblait même prendre plaisir à cette entorse à la routine.

Michel Milton, instructeur à l’École nationale de police du Québec, voit dans l’implication citoyenne de ses étudiants une occasion d’apprentissage.

Pour Michel Milton, instructeur à l’ENPQ, l’activité donne à ses étudiants l’occasion de se mettre au service des citoyens, un aspect important du rôle du policier, souligne-t-il. Ceux-ci s’étaient d’ailleurs déployés une première fois quand l’eau avait commencé à monter afin d’appuyer la population.

L’instructeur explique que tout au long de leur formation, les étudiants sont appelés à intervenir dans la communauté, «mais c’est sûr que là c’est beaucoup plus physique», concède-t-il. Il affirme par ailleurs que les relations entre la Ville et l’ENPQ sont excellentes et que les partenariats sont nombreux.

L’opération devait se poursuivre jusqu’en soirée, alors que la deuxième moitié de la cohorte d’étudiants devait prendre la relève sur le terrain. Ce n’est qu’après que la Ville sera en mesure d’évaluer le travail qu’il reste à accomplir. Il n’est pas exclu que l’ENPQ soit à nouveau sollicitée, confie Sébastien Turgeon. Quant au sable, on assure qu’il sera récupéré. Une bonne partie de celui-ci provenait d’ailleurs d’une réserve où avait été conservé celui utilisé en 2017, relate M. Turgeon.

Les étudiants de l’École nationale de police du Québec déplacent des débris laissés sur un terrain après le retrait de l’eau.

S’il est encore trop tôt, à Nicolet, pour évaluer le coût total des travaux et des opérations liés aux inondations de cette année, Sébastien Turgeon rappelle que la facture avoisinait les 300 000 $ en 2017. «On sera assurément dans des montants semblables», estime-t-il