Daniel Lavoie, directeur de l’École internationale de français.
Daniel Lavoie, directeur de l’École internationale de français.

L’École internationale de français fait une croix sur l’été 2020

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — La session d’été de l’École internationale de français n’aura pas lieu. Cette école attire chaque été près de 1000 personnes des quatre coins du globe et ses retombées sont estimées à quelque 3 millions $, indique le directeur, Daniel Lavoie. C’est la première fois qu’une pareille situation survient depuis la création de l’ÉIF, en 1974.

Cette école reçoit des étudiants boursiers et non boursiers des quatre coins du monde. Le directeur a reçu l’avis officiel du gouvernement, la semaine dernière, à l’effet que la session estivale 2020 ne pourra se dérouler comme prévu à cause de la COVID-19.

«C’était une évidence que l’on ne pourrait pas tenir une session d’immersion dans les universités du Québec» qui sont fermées jusqu’en septembre, reconnaît le directeur. «Le programme n’est pas en ligne. Il a une partie culturelle et de développement régional», fait-il valoir.

La session d’été de l’École internationale de français comporte aussi un volet pour les aînés, mais ces derniers proviennent des États-Unis «et la frontière est fermée», rappelle M. Lavoie. Des gens venaient chaque été de la Chine, de l’Espagne et du Mexique pour apprendre le français à Trois-Rivières.

Même si ces gens pouvaient se déplacer jusqu’ici, cet été, le côté immersif est absent, explique M. Lavoie. «Les spectacles ont été annulés à Trois-Rivières. Tout est en pause», rappelle-t-il. Bref, une école d’immersion d’été est tout simplement irréalisable dans le contexte actuel, explique-t-il.

Les retombées économiques de l’ÉIF ne sont pas à négliger. «Imaginez 1000 personnes qui paient des droits de scolarité», indique M. Lavoie. L’École embauchait 95 personnes à l’UQTR. Les étudiants d’été de l’ÉIF, ont le sait, fréquentaient les restaurants et autres commerces de la ville qui devront, eux aussi, se passer de leur apport économique.

«On est tous dans le même bateau et il n’y a pas de boule de cristal, mais cette attente-là a été pénible», raconte M. Lavoie. «On a annulé la session de printemps (qui a lieu en mai) et l’on espérait que celle d’été allait peut-être se réaliser», dit-il. Cet espoir a été anéanti lorsque le premier ministre a annoncé, il y a quelques jours, que les écoles secondaires, les cégeps et les universités ne rouvriraient qu’en septembre.

Selon le directeur, il faudra donc «revoir nos méthodes d’enseignement parce que deux mètres, dans une classe, c’est beaucoup de place», fait-il valoir. «On en profite pour prévoir des cours à distance pour l’automne. Ce n’est pas encore fini ce qu’on vit présentement», fait-il valoir.

Rappelons que l’ÉIF a lieu aux trois trimestres, été, automne, hiver.

«L’École a le mandat, à l’automne et à l’hiver, d’accueillir des étudiants non francophones pour les intégrer dans leur programme d’études supérieures», explique M. Lavoie. «Il y a aussi tout le volet culturel pour encore mieux les intégrer et les accompagner dans leur cheminement académique.»

Les Chinois, pour leur part, «sont tous à l’École pour faire des études supérieures à l’UQTR», dit-il. L’ÉIF a pour mandat d’évaluer leurs compétences linguistiques et le type de cours qu’ils doivent suivre afin de les intégrer dans leur programme d’études universitaires «et même parfois assez rapidement», dit-il.

Le rôle de l’ÉIF est donc très important pour attirer une clientèle internationale à l’UQTR.


« C’était une évidence que l’on ne pourrait pas tenir une session d’immersion dans les universités du Québec qui sont fermées jusqu’en septembre, Le programme n’est pas en ligne. Il a une partie culturelle et de développement régional »
Daniel Lavoie

Cet automne, il y aura de la formation d’étudiants internationaux qui font des études à l’UQTR, prévoit le directeur. «Le gouvernement renouvelle les CAQ (certificats d’acceptation du Québec) pour ceux qui sont ici et les permis d’études», dit-il. «C’est sûr qu’il en aura moins, à cause des conditions de transport, des vols internationaux et tout ça, mais on va toujours travailler avec l’Université à recruter des gens et les former en français. C’est notre rôle», assure-t-il.

Rappelons que même si la réouverture des universités n’est prévue qu’en septembre, la session d’été des divers départements, à l’UQTR, aura bel et bien lieu, mais à distance. L’UQTR a d’ailleurs invité les étudiants à s’y inscrire sous le thème: «La vie aussi suit son cours... Toi aussi.» Pas moins de 293 cours seront donc offerts à distance dans 26 départements, soit presque tous les départements de l’Université.