Quinze membres du personnel sont touchés par l’éclosion.
Quinze membres du personnel sont touchés par l’éclosion.

L’école Cardinal-Roy fermée trois autres jours et dépistage massif des élèves

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — L’éclosion de COVID-19 confirmée le week-end dernier à l’école Cardinal-Roy force la fermeture de l’établissement pour trois jours, soit mercredi, jeudi et vendredi. Le Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy demande à tous les parents concernés par cette éclosion d’emmener leur enfant se faire dépister durant cette pause. Vendredi, le point sera fait sur la situation. 

Le CSS fait appel aux principaux partenaires de cette école et tout particulièrement au SANA (service d’accueil aux nouveaux arrivants) pour avoir des services d’interprètes et d’accompagnateurs. C’est que 40 % des 250 élèves, dans cette école trifluvienne, sont originaires d’autres pays et leur langue maternelle n’est pas le français, souligne la responsable des communications, Anne-Marie Bellerose.

Le directeur du CCS, Luc Galvani, indique que l’éclosion du virus, à Cardinal-Roy, frappe tout particulièrement le personnel. En effet, les employés sont 15 (sur une quarantaine) à avoir reçu un test positif à la COVID-19, jusqu’à présent, par rapport à 5 élèves. Ce sont principalement des techniciennes et techniciens en éducation spécialisée qui sont affectés.

Une enquête de la Santé publique est en cours, mais contrairement à d’autres écoles où les éclosions pouvaient se justifier par des rassemblements, rien n’explique pour l’instant comment le virus a pu frapper aussi fort à Cardinal-Roy. La cause demeure un mystère.

Rappelons que la situation, dans cette école, avait commencé mercredi dernier avec un premier cas d’élève. «Plusieurs autres cas nous ont été signifiés jusqu’à dimanche», relate M. Galvani. Vendredi, on comptait déjà 9 cas. Il a donc été convenu de procéder au dépistage de tout le personnel de l’école.

Les cours ont été suspendus lundi et mardi afin de permettre, justement, au personnel d’aller passer des tests. La Santé publique vient de recommander de procéder également au dépistage de tous les élèves de l’école au cours des trois prochains jours à la Bâtisse industrielle.

Vendredi, le CSS fera le point sur la situation. Luc Galvani espère que des réponses seront alors disponibles sur les causes de cette éclosion.

Vendredi matin, le CSS aura un retour de la Santé publique sur le pourcentage d’élèves qui se seront fait tester. «C’est là-dessus qu’on va prendre une décision pour la suite des choses. Si l’on a juste 1 % ou 2 % d’élèves qui sont allés se faire tester, c’est fort possible qu’on fasse un rappel, je vous dirais, plus pesant», prévoit le directeur. Toutefois, depuis la suspension des cours, lundi, «plusieurs parents ont pris les devants», souligne-t-il.

«Au moment où l’on se parle, la Santé publique se questionne beaucoup. De notre côté, les mesures sont appliquées. Tout ce qui est équipement de protection est suivi à la lettre. Tout ce qui est hygiène, salubrité, ménage est fait selon les directives données par la CNESST et la Santé publique», souligne-t-il.

Selon les discussions et l’état de la situation, Cardinal-Roy pourrait demeurer fermer une semaine de plus, indique le directeur général du CSS, «ou sinon, on va maintenir un ou deux groupes à l’écart» en respect du nombre de jours de retrait nécessaires. Déjà, la semaine dernière, deux classes avaient été retirées de façon préventive.

L’école a entièrement été désinfectée lundi et mardi. Mercredi, la Santé publique se rendra dans cette école pour valider l’application des diverses directives.

Grâce à toutes les mesures de protection, «lorsqu’on membre du personnel est testé positif, ça s’arrête strictement à cette personne-là, généralement et c’est très rare qu’on va voir une éclosion autour. C’est la raison pour laquelle on a bien hâte de voir la fin de l’enquête que la Santé publique est en train de mener pour vraiment comprendre la cause» de cette éclosion qui touche le tiers du personnel.

Seulement un membre du personnel a dû se rendre à l’hôpital à cause de son état, mais le directeur n’en savait pas plus, mardi.

Lorsque leur état de santé le permet, les enseignants seront en mesure de faire la classe à distance, assure M. Galvani. «Dès demain matin (mercredi), le suivi va se faire avec tous les groupes de l’école pour repartir la machine au niveau pédagogique. Cardinal-Roy compte 16 groupes incluant la maternelle 4 ans.

Une manifestation des employés en services de garde a eu lieu mardi.

Manifestation

Mardi matin, le Syndicat des employés de soutien de la Mauricie affilié à la Fédération du personnel de soutien scolaire a manifesté devant les bureaux des députées Marie-Louise Tardif et Sonia LeBel.

Son mécontentement vient du fait que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a ajouté trois journées pédagogiques cette année.

Cette décision avait été bien accueillie par les enseignants qui se disent épuisés par toute la situation, mais le personnel des services de garde, lui, prévoit qu’il en subira des «répercussions immenses.» Surchargés, fatigués et en sous-effectifs, ces employés déplorent un nouvel alourdissement de leur tâche.

«Ayant déjà à jongler avec les bulles-classes et des ratios difficiles, voire impossibles à maintenir aux services de garde, étant en pénurie de personnel dans nos établissements, et ce, depuis plusieurs années», l’ajout de ces trois journées pédagogiques «vient encore surcharger le personnel de soutien qui est déjà à bout de souffle», explique Mathieu Laforme, président du SESM-CSQ. C’est sans compter toutes les mesures de désinfection qui doivent être suivies, précise-t-il.

«En ajoutant ces trois journées pédagogiques, le gouvernement abuse de notre dévouement», plaide de son côté Éric Pronovost, président de la FPSS-CSQ. Ce dernier indique qu’on a beau presser le citron, «il n’y a plus de jus».

Ailleurs dans les écoles

Les plus récente données de la Collecte nationale du ministère pour les écoles fait état de l’apparition de cas pour la première fois dans les écoles suivantes de la région. Pour le CSS de l’Énergie : les écoles des Bâtisseurs, des Boisés et Laflèche. De nouveaux cas sont également signalés dans les écoles des Chutes (4 cas chez les élèves et un membre du personnel), Paul-le Jeune (30 cas actifs, soit 22 élèves et 8 membres du personnel), Val-Mauricie (22 élèves et 11 membres du personnel, alors que la veille le CSS de l'Énergie faisait pourtant état de 35 cas) où des cas ont déjà été signalés ainsi qu’à l’école Sainte-Marie. 

Pour le CSS du Chemin-du-Roy, de nouveaux cas s’ajoutent dans les écoles Chavigny et du Bois-Joli où il y en avait déjà.

Du côté des écoles privées, le Collège Marie-de-l’Incarnation et le Séminaire Sainte-Marie font maintenant partie de la liste. Le CMI ne figurait plus sur la liste depuis au moins 14 jours.

Finalement, du côté du CSS de la Riveraine, des cas sont signalés au Centre de formation aux adultes Saint-François (après 14 jours et plus sans mention), de même qu’à l’école Jean-Nicolet. L’école de la Découverte compte un cas actif, soit un élève. Une classe est fermée et au total, deux membres du personnel et 4 élèves (incluant le cas actif) sont touchés.