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Émilie Gaudry, nouvelle propriétaire du Zoo Animalia, en compagnie de Normand Trahan.
Émilie Gaudry, nouvelle propriétaire du Zoo Animalia, en compagnie de Normand Trahan.

Le Zoo de Saint-Édouard vendu

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
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Le Zoo de Saint-Édouard change de mains. Deux ans après la saisie de la SPCA de Montréal qui a conduit à l’accusation en cour criminelle de Normand Trahan, celui-ci vient de céder sa propriété pour près de deux millions de dollars à Émilie Gaudry, propriétaire de l’entreprise Repti-Zone.

La transaction a été conclue mercredi après des discussions amorcées à l’automne dernier à l’initiative de Mme Gaudry. Elle est maintenant propriétaire des actifs du zoo, c’est-à-dire le terrain, les équipements et les bâtiments. Aucun animal ne fait partie de la transaction. Ils ont été saisis par la SPCA et aucun ne reviendra à Saint-Édouard.

«C’est une belle opportunité et j’aime les animaux. C’est ma passion», raconte Mme Gaudry.

La femme d’affaires a transféré à Saint-Édouard-de-Maskinongé les animaux de son entreprise Repti-Zone qui est un zoo mobile spécialisé dans les animaux exotiques. Elle souhaite ouvrir le Zoo Animalia à la fin du mois de juin ou au début du mois de juillet.

«J’ai des lézards, des serpents, deux alligators. Il y a des animaux de ferme comme des chevaux, des lamas, des alpagas, des bœufs asiatiques. Je suis spécialisée pour les reptiles et pour les animaux exotiques. On a des réservations avec d’autres institutions zoologiques qui ont eu des bébés. On aura des loups, des oiseaux de proie, des lions. On espère avoir entre 150 et 200 bêtes pour la première année.»

Le Zoo Animalia offrira aux visiteurs l’occasion de voir des animaux, mais aussi de participer à des activités d’animation éducative afin d’en apprendre davantage sur ceux-ci, une facette qui correspond à ce que Mme Gaudry fait déjà avec Repti-Zone.

Différents travaux ont été menés au cours des derniers mois sur la propriété du zoo, notamment sur les bâtisses et sur les clôtures. Ces travaux sont menés afin de rendre les lieux conformes aux nouvelles normes.

«Le sentier de 4,7 km est ouvert, c’est bien aménagé avec des arbres matures pour observer les animaux en enclos et les infrastructures sont sécuritaires et conformes. C’est un zoo avec toutes les conformités approuvées par le ministère de la Faune», ajoute la propriétaire, en mentionnant qu’elle souhaite aménager d’ici quelques années un musée sur la nature offrant une section réservée aux reptiles.

Selon Mme Gaudry, les documents nécessaires à l’obtention de son permis d’exploitation d’un zoo ont été envoyés au gouvernement. Les plans auraient été approuvés, mais le gouvernement doit inspecter les lieux avant d’accorder un permis. Cette étape devrait se régler à court terme, souhaite-t-elle.

Entre huit et 10 personnes vont composer le personnel du Zoo Animalia. Mme Gaudry est toujours à la recherche de quatre personnes, notamment pour les soins aux animaux et pour l’entretien général.

Réputation du zoo

Le nom du Zoo de Saint-Édouard en a pris pour son rhume depuis l’opération menée par la SPCA de Montréal qui avait entraîné la saisie des animaux et les accusations de cruauté animale et de négligence portées contre Normand Trahan. Le dossier a fait grand bruit dans les médias au Québec et même à l’échelle canadienne. Cette situation n’a pas rebuté Émilie Gaudry dans sa volonté d’acquérir l’entreprise.

«Ce qui s’est raconté sur M. Trahan ne m’a pas refroidie pour acheter le zoo. Je suis confiante que les gens vont venir à mon zoo, peu importe ce qui s’est raconté sur le dossier.»

Pérennité du zoo

Propriétaire du Zoo de Saint-Édouard depuis 1989, Normand Trahan l’avait mis en vente en 2017. Une première tentative de transaction a eu lieu en 2018.

La vente de son zoo à Émilie Gaudry rassure M. Trahan, même si la transaction le rend émotif.

«Je suis content. Je viens d’avoir 71 ans. Mme Gaudry va bien faire ça. Elle aime les animaux, elle fait des salons d’animaux exotiques, elle a l’expérience avec le public. Mon souhait est qu’il y ait un zoo le plus longtemps possible.»

M. Trahan va apporter son aide à Mme Gaudry concernant les infrastructures du zoo, mais ne peut prendre soin des animaux en raison des conditions reliées à ses accusations criminelles.

Le dossier de Normand Trahan devant la justice a été reporté au 10 septembre 2021 pour fixer, en principe, une date de procès. Un nouvel avocat de la poursuite a été nommé en avril pour s’occuper de ce dossier. Un mois auparavant, l’accusé a déposé des requêtes en Cour supérieure pour obtenir un arrêt des procédures, ses procureurs plaidant que les droits fondamentaux de leur client auraient été bafoués lors de son arrestation et durant les perquisitions menées sur sa propriété.

Un peu plus de 200 animaux ont été saisis par la SPCA de Montréal. En janvier 2020, on apprenait que 18 d’entre eux étaient morts ou avaient fui depuis la perquisition.