Joyce Echaquan
Joyce Echaquan

Le visage de Joyce Echaquan devrait aider à amener le changement, estime un avocat

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
MONTRÉAL — Avoir des images filmées et le visage d'une femme bien réelle, celui de Joyce Echaquan, illustrant maintenant les mauvais traitements dont sont victimes les Autochtones, devrait aider à obtenir des changements nécessaires, estime l'avocat de cette famille de la Nation Atikamekw, Me Jean-François Bertrand.

Avant, cela restait dans l'ombre. Aujourd'hui, on a des images, a déclaré Me Bertrand, en entrevue avec La Presse Canadienne lundi matin.

L'avocat a expliqué avoir reçu les témoignages de plusieurs personnes qui lui ont confié savoir que les Premières Nations étaient victimes de discrimination, mais que cela restait un concept vague.

Avoir vu la vidéo que la mère de famille a filmée elle-même de son lit d'hôpital, et avoir entendu les propos dégradants tenus par le personnel hospitalier, a amené chez eux une prise de conscience, a-t-il relaté.

Il espère que cette triste histoire sera le point de bascule qui amènera un réel changement après de nombreuses enquêtes et rapports au fil des ans, sans que les Autochtones ne voient de réelles améliorations.

La commission d'enquête publique

Me Bertrand salue le lancement d'une commission d'enquête publique sur la mort de Joyce Echaquan, annoncée samedi par la vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault.

«C'est une étape très importante», dit-il. Il l'avait d'ailleurs publiquement demandée, au nom de la famille.

L'avocat va s'assurer que la famille de Mme Echaquan obtienne le statut de «partie intéressée» dans le cadre de cette enquête publique, afin de pouvoir appeler des témoins et déposer des éléments de preuve.

Vendredi, en conférence de presse, il avait annoncé une série de recours qu'il entend entreprendre: une poursuite en dommages contre le centre hospitalier de Joliette et son personnel, le dépôt de plaintes à la police, à l'Ordre des infirmières et à la Commission des droits de la personne, ainsi qu'une réclamation à l'IVAC (Indemnisation des victimes d'actes criminels).

Lundi, l'avocat a confié qu'il demandait aussi une enquête spécifique sur l'Hôpital de Joliette, où Mme Echaquan a été admise et où elle est décédée.

Le CISSS de Lanaudière, qui est responsable de cet hôpital, avait déjà fait part qu'il effectuait une enquête interne. L'infirmière et la préposée aux bénéficiaires que l'on entend insulter Mme Echaquan dans la vidéo ont été congédiées.