Claude Cournoyer, vérificateur général par intérim de Trois-Rivières.

Le vérificateur général se tourne vers la population

Trois-Rivières — Bien qu’il s’attende à être congédié par le conseil municipal de Trois-Rivières lors de la séance régulière de mardi soir, le vérificateur général par intérim, Claude Cournoyer, tente une ultime chance de sauver son emploi et de pouvoir terminer son mandat en faisant appel à la population. Claude Cournoyer se tourne désormais vers le public afin que ce dernier communique avec les élus ou encore se présente massivement à l’hôtel de ville mardi soir pour réclamer de lui laisser une chance de terminer le travail entamé.

Claude Cournoyer, qui déplorait ne pas avoir été entendu par le conseil municipal dans le dossier de la plainte pour harcèlement psychologique déposée contre lui par une employée, sera par ailleurs finalement entendu par les élus, alors qu’il a été convoqué à rencontrer le conseil municipal à 13 h, en séance privée. Bien qu’il se réjouisse de pouvoir ainsi se faire entendre, il continue de clamer qu’il souhaite terminer son mandat, et demande maintenant aux citoyens de Trois-Rivières de l’appuyer dans cette demande.

Pour se justifier, Claude Cournoyer explique qu’il avait l’intention de réaliser au moins quatre mandats d’optimisation des ressources, des mandats qui permettraient de faire sauver «des millions de dollars aux contribuables». Le vérificateur par intérim souhaitait s’attaquer à la gestion des immeubles publics, à l’équité entre les secteurs de la Ville, aux approvisionnements de même qu’au contrat octroyé pour construire le nouveau colisée. Selon sa prétention, M. Cournoyer estime que le mandat à être réalisé pourrait permettre de sauver 1,5 M$ sur l’enveloppe globale réservée pour la construction du colisée municipal. 

«C’est dans l’intérêt des citoyens de m’entendre et de me permettre de terminer le travail», fait savoir le vérificateur général par intérim, dont le mandat devait se terminer en mai. Or, tout porte à croire qu’une résolution pourrait être présentée mardi soir afin de le congédier, lui qui avait déjà reçu, vendredi une offre afin de quitter sans faire d’histoire et d’obtenir son plein traitement salarial jusqu’à la fin du mandat prévu, à condition de cesser de parler aux médias. Une offre qu’il s’est empressé de refuser.

Toutefois, alors qu’il envisageait de poursuivre la Ville pour un montant de 1,6 M$ pour ne pas avoir respecté le processus de traitement d’une plainte pour harcèlement psychologique et avoir entaché sa réputation, Claude Cournoyer confirme aujourd’hui ne plus avoir l’intention de poursuivre. 

«Ça n’a jamais été mon intention de faire ça pour l’argent. Je voulais rétablir mon honneur. Là, je vais être entendu, j’ai été entendu des médias et de la population et je vais être entendu du conseil. Je pense que mon honneur a été rétabli. Je n’ai jamais voulu faire d’argent avec ça», mentionne-t-il, assurant qu’il n’abandonne pas l’idée de poursuivre en raison d’un avis légal pouvant lui être défavorable. «Il y avait matière à poursuivre. Il y a eu libellé diffamatoire à son égard. Ma réputation a été entachée. Mais je vais sortir de ça la tête haute et non la tête entre les deux jambes», soutient-il.

Claude Cournoyer avait convoqué les médias à un point de presse lundi après-midi afin de faire connaître sa position à la veille de la séance du conseil municipal. Il en a d’ailleurs profité pour souligner avoir constaté que la plupart des employés municipaux rencontrés lors de son court mandat étaient compétents, mais il estime l’administration municipale «sclérosée» par quelques employés et cadres «incompétents à la grosse tête bien assis sur leur sécurité d’emploi», et que cette présence nuit au bon fonctionnement de la Ville.

«Quand on veut avancer comme organisation, encore faut-il que tout le monde pousse dans la même direction», mentionne-t-il.

Les séances du conseil télévisées

Après avoir amorcé la webdiffusion des séances publiques du conseil municipal il y a quelques mois, la Ville de Trois-Rivières franchit une nouvelle étape. Les assemblées publiques seront télédiffusées grâce à un partenariat entre Cogeco et Vidéotron. 

Les abonnées de Cogeco pourront en effet regarder les séances du conseil municipal sur la chaîne NousTV (HD 555) alors que les clients de Vidéotron dans l’est de la ville pourront les voir à la chaîne MAtv (609). La télédiffusion des assemblées publiques débute dès ce soir à 19 h.

«En tant qu’entreprise fortement impliquée dans ses communautés, Cogeco est très heureuse d’avoir remporté ce contrat et salue l’initiative des élus de la Ville de Trois-Rivières qui permet de rendre la politique municipale plus accessible à la population», affirme Suzy Walsh, directrice programmation NousTV Mauricie. 

Les citoyens qui n’ont pas accès à ces chaînes de Cogeco et de Vidéotron peuvent toujours écouter les séances du conseil municipal sur la chaîne YouTube de la Ville de Trois-Rivières.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle