Isaac Tremblay souhaite discuter avec le Regroupement des microbrasseries de la Mauricie.

Le Trou du diable se dit prêt à négocier

Shawinigan — Le Trou du diable fait un premier pas à propos du conflit engendré par son absence sur le circuit de la Route des Brasseurs de la Mauricie. Isaac Tremblay, président et directeur du développement des affaires de la microbrasserie le Trou du diable, se dit ouvert et prêt à discuter avec les gens du Regroupement des microbrasseries de la Mauricie (RMM).

L’absence du Trou du diable sur la Route des brasseurs suscite de multiples réactions. La Ville de Shawinigan étant la seule à ne pas compter de microbrasseries au sein du circuit puisque le Broadway Pub s’est retiré volontairement de l’événement par solidarité envers le Trou du diable.

Le conflit réside dans la mission du RMM qui est de mettre l’accent sur les microbrasseries indépendantes de la région. Rappelons qu’en novembre dernier, l’usine Wabasso, située sur l’avenue de la Station à Shawinigan de même que la marque de commerce du Trou du diable, avaient été vendues à la filiale MolsonCoors. Le président et directeur de la microbrasserie le Trou du diable est prêt à s’asseoir à la table et à discuter. « On est toujours ouvert. Tout le monde est prêt à s’asseoir», indique-t-il.

La question d’indépendance
«La shop, elle, s’est affiliée à MolsonCoors et je pense que c’est ce qui dérange», mentionne Isaac Tremblay. Ce dernier insiste sur le fait que cette affiliation n’inclut pas le Broue Pub de la rue Willow et n’est, en aucun cas, lié au brasseur montréalais. «Le Broue Pub ne faisait pas partie de la transaction», précise-t-il.

De son côté, le RMM plaide sur l’image commerciale que représente l’établissement de la rue Willow et stipule qu’elle appartient à MolsonCoors.

Le président du Trou du diable espère mettre fin à ces disputes. «C’est une guerre des mots, et ce n’est surtout pas ce que j’ai envie de faire. Je pense que c’est un débat qui devrait avoir lieu autour d’une table», ajoute M. Tremblay.

Il ajoute également ne vouloir exclure personne de la discussion et lance l’appel au Regroupement des microbrasseries de la Mauricie. «Je vais prendre le temps de m’asseoir dès que j’aurai une invitation. Il y aura autour de la table toutes les personnes que les gens de la Route désirent, ce n’est pas un problème», conclut-il.

Depuis le mois d’avril, les ponts entre le Trou du diable et le RMM sont coupés. La communication a cessé peu de temps après que les membres de la microbrasserie le Broadway eurent proposé d’analyser la situation par un médiateur. «Depuis ce temps-là, c’est pas de son, pas d’image», affirme le directeur des affaires du Trou du diable.

La microbrasserie n’était donc pas au courant du contenu du projet déposé à la Ville de Shawinigan. «J’étais déjà exclu, je ne sais pas à quel moment ç’a été déposé», soutient M. Tremblay.

Versions différentes
Le Regroupement des microbrasseries de la Mauricie dénonce l’hésitation de Molson à sauter sur la patinoire et à s’expliquer. L’organisme défend entre autres l’idée qu’il a tenté de négocier une entente pendant cinq mois avec la compagnie. Sur cette période, les deux propositions du RMM ont été refusées. Même chose pour la communication avec le directeur des affaires corporatives de MolsonCoors, François Lefebvre, qui n’aurait pas assuré de suivi.

Un tout autre son de cloche chez le directeur des affaires corporatives du brasseur montréalais. Ce dernier indique ne pas être en charge du dossier et se dit confus devant le mutisme qui est reproché à la compagnie. «Je ne comprends pas pourquoi on se réfère à moi. C’était vraiment Isaac qui avait carte blanche sur le projet de la Route des Brasseurs», précise M. Lefebvre.

François Lefebvre ne cache d’ailleurs pas sa déception quant à l’absence du Trou du diable sur la Route des Brasseurs. «Je trouve ça dommage, le Trou du diable fait partie des pionniers de la région. S’il y avait une route des bières à Montréal, on n’aurait pas le choix de parler de Molson», souligne-t-il.