Parmi ses nombreuses initiatives mises de l’avant en cette période de coronavirus, le Trou du diable donne un coup de main aux épiciers pour leurs livraisons. Sur la photo, Jérôme Lajoie, employé d’IGA Famille Gauthier et Guillaume Croisetière, du Trou du diable, mettent la main à la pâte.
Parmi ses nombreuses initiatives mises de l’avant en cette période de coronavirus, le Trou du diable donne un coup de main aux épiciers pour leurs livraisons. Sur la photo, Jérôme Lajoie, employé d’IGA Famille Gauthier et Guillaume Croisetière, du Trou du diable, mettent la main à la pâte.

Le Trou du diable rayonne autrement

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — Habituée à collectionner les prix aux quatre coins de la planète, la microbrasserie Le Trou du diable se replie dans sa communauté en cette période de confinement provoquée par le coronavirus. Depuis le début de la crise, l’entreprise multiplie les initiatives non seulement pour encourager son personnel, mais aussi pour apporter son soutien aux services essentiels qui sont plus sollicités.

Les épiciers font partie de ces bénéficiaires. Alors que les commandes explosent, le Trou du diable met à leur disposition un camion de livraison et un employé pour desservir leur clientèle, et ce, sans frais.

Une première tentative couronnée de succès s’est déroulée vendredi, au IGA Extra Famille Baril du Carré Trudel. Cette semaine, c’est du côté du IGA Gauthier du secteur Shawinigan-Sud que les efforts sont concentrés.

«Nous avons appris que les épiciers étaient en recherche de camions pour leurs livraisons et que les gens attendaient leurs commandes pendant plusieurs jours», raconte Louis-Philippe Laroche, responsable des communications au Trou du diable.

Pour l’entreprise, il s’agit d’un simple retour d’ascenseur.

«Notre production de bière a baissé», souligne M. Laroche. «Les bars, les restaurateurs sont fermés. Nous avons baissé nos besoins de livraison et de montages de commandes d’entrepôt. Actuellement, ce sont les épiceries et les dépanneurs qui vendent nos bouteilles.»

«Nous essayons d’aider nos détaillants», poursuit le porte-parole. «Toutes les épiceries vendent nos bières, alors nous offrons aux épiciers de Shawinigan de leur donner un coup de main sur les livraisons. On aide ceux qui nous aident!»

Petits bonus

Compte tenu du contexte économique actuel, les investissements prévus pour l’encanetteuse ont aussi dû être placés sur pause. Rappelons qu’en août dernier, la division Six Pints de Molson Coors, propriétaire de la microbrasserie depuis l’automne 2017, annonçait des investissements de neuf millions de dollars répartis sur trois ans sur l’avenue de la Station. Plusieurs étiquettes sont déjà produites en canettes depuis l’automne dernier, grâce à la collaboration de Creemore Springs, en attendant que la nouvelle encanetteuse soit exploitée à Shawinigan.

«Les chantiers sont fermés», rappelle M. Laroche. «En plus, certaines pièces de l’encanetteuse viennent de l’Italie. On n’a pas de nouvelles d’eux et je pense qu’ils ont des réalités plus importantes que la fabrication de machines pour mettre la bière en canettes présentement!»

Il reste quand même des employés en poste et la direction a décidé de prendre des dispositions pour les garder en ces temps de crise.

En effet, ceux qui sont assignés au brassage, à l’entrepôt, à la livraison et à la boutique voient leur salaire bonifié de 5 $ l’heure! Cette mesure temporaire toucherait près d’une vingtaine de personnes.

«C’est beaucoup, mais on veut encourager nos employés pour leur implication et les inciter à demeurer avec nous», souligne M. Laroche.

Autre mesure qui pourrait se répéter, tous les employés de la Shop du Trou du diable ont bénéficié d’un montant supplémentaire de 30 $ sur leur paye, qui doit toutefois être utilisé pour commander de la nourriture d’un restaurant détaillant des produits de la microbrasserie.

L’entreprise finance également l’initiative Bouffe à Shawi de Stéphane Daoust, pour aider les restaurateurs, les traiteurs et les épiciers de la région à traverser cette période difficile.

Un concours, une campagne spéciale dans les médias locaux, l’expertise d’un graphiste sans frais font également partie des initiatives mises en place depuis le début de cette crise, même si le Trou du diable subit lui aussi ce ralentissement économique.

Des mesures spéciales ont été prises à la boutique pour limiter les contacts avec les clients. Évidemment, le Salon Wabasso est fermé jusqu’à nouvel ordre. Le pub de l’avenue Willow a subi le même sort.

«Nous avons analysé l’opportunité de nous lancer dans la livraison, mais finalement, nous avons décidé de prendre notre bouffe et de la transformer pour faire des petits plats à nos employés», explique M. Laroche. «Nous les aidons aussi à faire un budget. Nous avons donc décidé de jouer ça en famille! Nous avons refait des petits plats la semaine dernière et on vient de voter un budget pour racheter de la bouffe et refaire des plats gratuits pour nos employés». Environ 25 travailleurs du pub bénéficient de cette mesure.

M. Laroche mentionne que ces réflexes ne représentent, au fond, que la continuité des nombreuses implications communautaires de l’entreprise.

«C’est un moment de crise, alors nous avons senti le besoin de créer des initiatives», résume-t-il. «Pour nous, c’est une réaction qui allait de soi. On veut aussi en inspirer d’autres. C’est comme ça qu’on va s’en sortir.»