Philippe Dallaire et sa conjointe, Bonnie Fu.
Philippe Dallaire et sa conjointe, Bonnie Fu.

Le Trifluvien Philippe Dallaire commente le retour du coronavirus en Chine: pas d’inquiétude pour l’instant

Trois-Rivières — Le Trifluvien Philippe Dallaire fait confiance aux autorités chinoises pour maîtriser l’émergence d’une centaine de nouveaux cas de coronavirus détectés depuis une semaine à Pékin.

L’homme d’affaires se trouve à Shenzhen avec sa conjointe. Cette ville située à plus de 2000 km au sud de Pékin ne présente aucun nouveau cas de COVID-19 depuis des semaines, témoigne-t-il. Le recensement de personnes contaminées à la COVID-19 dans la capitale chinoise ne semble pas trop le stresser même si cette ville n’avait pas connu pareille situation depuis près de deux mois.

«Pour l’instant, ce n’est pas inquiétant. Pékin essaie de contrôler pour ne pas que ça s’étende. Je m’attends à ce que le gouvernement mette des mesures en place. Le gouvernement sait ce qui s’en vient. Il a déjà été capable de contrôler la situation, les gens l’ont déjà vécue et ils ont suivi les consignes. Il y a plusieurs quartiers confinés à Pékin.»

Selon les plus récentes informations, l’éclosion observée à Pékin proviendrait d’un marché public. M. Dallaire raconte que depuis les derniers jours, quelque 50 000 personnes ayant visité récemment ce marché ont subi un test de dépistage du coronavirus. Selon lui, les Chinois ont la discipline nécessaire pour continuer de suivre les règles sanitaires. Mais d’un autre côté, il serait illusoire d’espérer la fin des marchés publics comme on les connaît.

«Ça fait partie de la culture. La viande n’est pas réfrigérée. Il y a des tortues et des grenouilles vivantes, tu peux demander au marchand de les tuer. Le choc culturel est fort. Il faut le voir pour comprendre! On se rend compte que ça crée des problèmes. Reste à voir les mesures à prendre, mais ils ne pourront pas enrayer ça, trop de gens en vivent.»

Cette photo récente prise dans le métro de Shenzhen démontre bien que l’espacement physique n’existe pas. En revanche, les gens sont nombreux à porter un masque.

M. Dallaire admet avoir hâte de constater si la traditionnelle fête des bateaux-dragons, qui se tient du 25 au 27 juin en Chine, aura des conséquences sur le nombre de personnes contaminées par le coronavirus.

«On va aller dans la famille de ma copine (à l’extérieur de Shenzhen). On ne sera pas les seuls à voyager. Ça se pourrait qu’il y ait une plus grosse éclosion, mais on n’a pas pensé annuler notre voyage. C’est évident que la température corporelle sera prise dans le train. Il n’y a pas d’inquiétude.»

Le Nouvelliste s’est entretenu avec Philippe Dallaire en mars pour connaître les règles instaurées à Shenzhen. La prise de la température dans les endroits publics comme les transports en commun, les restaurants et les banques était de mise il y a trois mois. Cette mesure est maintenue, au même titre que le port du masque qui était obligatoire dans le pic de la pandémie et qui est maintenant sur une base volontaire. C’est ce qui fait dire à Philippe Dallaire qu’il se sent plus en sécurité en Chine qu’au Québec.

«Si on prend la ville de Shenzhen, il y a une population de 13 millions. On a eu 450 cas. Pour une population totale de 1,4 milliard de personnes en Chine, ça a été exemplaire. Le gouvernement a réagi rapidement et les gens suivent les règles. Je n’ai pas vécu la situation au Québec, mais si on se fie au nombre de cas, oui, je me sens plus en sécurité ici. Et j’ai confiance aux chiffres qui sont dévoilés. Ça peut paraître bas, mais le Japon et la Corée ont aussi des chiffres qui sont bas. De toute façon, tout est rouvert. On est allé en voyage du 25 avril au 5 mai à Sanya (sur l’île chinoise du Hainan située au sud du pays). J’ai recommencé à jouer au soccer en avril. Les cinémas ne sont pas encore ouverts. Mais les mesures sont là depuis le début et on est en confiance.»

Des masques populaires

Ibboo, l’entreprise présidée par M. Dallaire, a lancé en mars la vente de masques au Canada afin d’aider les citoyens d’ici à avoir un produit difficile d’accès à ce moment. L’homme d’affaires affirme avoir vendu plus de 100 000 masques depuis ce temps et a ajouté des gants et du gel désinfectant à sa gamme de produits principalement vendus au Québec dans des résidences pour personnes âgées, des résidences funéraires et des restaurants.

«Environ 80 % de nos ventes sont faites au Québec. On verse 5 % des ventes à la recherche contre la COVID-19. On est content. En faisant ce pivot, ça nous aide à garder la tête hors de l’eau. La vente d’oreillers et de coussins de voyage a descendu beaucoup. Le marché du voyage a pris une grosse baisse. On n’a pas perdu d’argent avec les coussins. Pour les produits de protection, on a fait un petit profit. On est capable de survivre. Sinon, on aurait fait faillite.»

M. Dallaire souhaite une reprise du marché du voyage vers la période de Noël. Il aimerait bien revenir visiter sa famille durant la même période, ce qu’il ne peut faire actuellement. Le gouvernement chinois interdit aux citoyens étrangers de venir au pays depuis la fin du mois de mars.