Le patient Georges Savoie est entouré de Nathalie Martel, chef de service de l’unité Satellite Hémodialyse, Line Bouchard-Cliche, instigatrice de la pétition, Sylvie Jamieson, infirmière clinicienne en soutien qui représente l’équipe de Trois-Rivières, Édith Bérubé, coordonnatrice et responsable de l’installation du Haut-Saint-Maurice et Joanie Boyd, infirmière clinicienne.

«Le travail de toute une communauté»

C’est avec beaucoup d’émotions que s’est mis en branle le service d’hémodialyse à La Tuque dans les derniers jours. Le rêve de plusieurs est devenu réalité. Les premiers patients étaient tout sourire aux termes de leur première semaine de traitements «à deux pas de la maison». Il n’y a aucun doute, l’unité satellite de suppléance rénale, inaugurée récemment, va changer la vie des patients latuquois.

«Je le répète, on est guéri à 50 %, c’est la joie. On avait le mal de vivre quand on avait tout le chemin à faire trois fois par semaine. C’est fini ce temps-là», a lancé Roland Plamondon, un des trois premiers patients à recevoir des soins dans la nouvelle unité.

Son bonheur était contagieux dans la toute nouvelle unité de La Tuque. Sa joie était entièrement partagée par ses voisins de traitements qui eux aussi poussent un énorme soupir de soulagement. «Je suis heureux d’être ici. C’est bon d’être chez nous. Ça nous enlève un gros poids, je suis avec ma famille. C’est bon pour le moral, le moral de tout le monde», a lancé pour sa part Georges Savoie, qui subit des traitements d’hémodialyse depuis sept ans.

Ce dernier, qui avait quitté la Haute-Mauricie en raison des traitements, est rentré au bercail avec ses bagages le 1er décembre après sa dernière dialyse à Trois-Rivières.

L’Atikamekw Yvon Ambroise a déjà noté une amélioration au niveau physique après la première semaine. Il rêve déjà de retourner s’installer dans sa communauté. «De Wemotaci à La Tuque, c’est moins pire que de La Tuque à Trois-Rivières. Si c’est possible, je vais être content […] Je me sens bien, même que mes pressions vont très bien ici. On a vu un changement. Quelle bonne nouvelle», a-t-il lancé.

Dans tous les cas, les bénéficiaires du service se sont dit impressionnés par la technologie utilisée.

Avec la télénéphrologie, le patient est traité avec les mêmes soins que s’il se trouvait dans un centre-mère. Il s’agit d’une technologie de pointe. C’est rassurant pour le patient, mais également pour le personnel. «C’est très sécurisant d’avoir un médecin toujours disponible pour nous. Même s’ils ne sont pas sur place, on a la réelle impression qu’ils sont ici», a souligné Nathalie Martel, chef de service de l’unité satellite Hémodialyse.

Le Nouvelliste a même pu s’entretenir un court instant via le système avec le Dr Richard Turcot qui s’occupe des patients. Le néphrologue, c’est-à-dire un médecin spécialiste du rein, du CHRTR a souligné que même s’il restait de petits ajustements à faire, ça se passait bien et que le tout était sécuritaire. «On peut comprendre à quel point ils sont bien chez eux. […] On est très content pour les gens de La Tuque qui n’auront plus à faire la route», a-t-il lancé.

D’ailleurs, le nombre de patients va doubler dans un avenir rapproché, passant de trois à six.

Une rencontre émotive

L’émotion était palpable pour les patients, mais également pour des personnes qui se sont battues corps et âme pour que le service soit dispensé à La Tuque. C’est le cas de Line Bouchard-Cliche, une des premières à avoir mis de la pression sur les autorités en 2012.

Elle le faisait pour son père, aujourd’hui décédé, qui a parcouru pas moins de 1000 kilomètres chaque semaine, pendant plus de cinq ans, pour suivre ses traitements à Trois-Rivières. Elle avait reçu des appuis de taille des municipalités, mais également de la population dans son combat. Elle avait déposé une pétition de plus de 5000 noms. «De voir que ce rêve-là est devenu réalité, c’est l’accomplissement d’un travail qui s’est parti à la base avec Linda et Kathleen Bélair. On y a toujours cru, et on a eu de l’aide de beaucoup de monde. C’est le travail de toute une communauté […] D’être là, c’était très émotif. Ce service-là va servir à beaucoup de monde dans la région», a-t-elle lancé d’entrée de jeu.

La dame a rencontré les premiers patients avec beaucoup d’émotions lors de notre passage à l’unité d’hémodialyse. «C’était des larmes de joie. Je pense à tous ceux qui ont fait le voyage pendant des années. […] C’est incroyable la technologie.»

«Maintenant, mon dossier est clos. Je suis extrêmement fière. Fière d’y avoir cru et de ne pas avoir lâché. Mon père et ma mère ne lâchaient pas. Ils doivent être fiers eux aussi», a ajouté Line Bouchard-Cliche.

Cette dernière a également eu l’occasion de revoir des gens qui ont pris soin de son père lors de ses traitements, une infirmière particulièrement. «Elle avait un très bon lien avec mon père. C’est très émouvant dans ce sens-là. J’étais très heureuse de les voir.»

Le fruit d’une collaboration

Les dirigeants n’ont pas manqué de souligner le travail très important de collaboration qu’il y a eu entre le personnel de Trois-Rivières et celui de La Tuque. «C’est vraiment un bel exemple de collaboration […] C’est vraiment une belle fierté pour nous et on remercie Mme Bouchard d’avoir initié tout ça», a affirmé Édith Bérubé, coordonnatrice et responsable de l’installation du Haut Saint-Maurice.

«Cette semaine, on nous a fait le commentaire qu’on se croirait ailleurs quand on rentre dans l’unité. Ce sont des équipements neufs, à la fine pointe de la technologie. Les gens se sentent ailleurs, mais on est à La Tuque chez nous, c’est merveilleux», a-t-elle ajouté.

On souligne également les sacrifices qui ont été faits par les infirmières de La Tuque pour la formation. «Le personnel aussi est content de travailler dans un nouvel environnement. […] Nos infirmières ont fait de grosses concessions pour se faire former. Elles sont parties dix semaines à Trois-Rivières. Elles sont contentes de revenir au bercail», a conclu Nathalie Martel.