Le transport municipal attend du financement depuis 14 mois.

Le transport intermunicipal en péril à La Tuque?

LA TUQUE — Le transport intermunicipal qui relie La Tuque et Trois-Rivières en arrache financièrement depuis quelque temps. C’est que Québec tarde à verser l’enveloppe budgétaire pour ce projet à la Corporation de Transport adapté et collectif du Haut Saint-Maurice. Depuis 14 mois, l’organisme attend des réponses et, actuellement, «le bas de laine est mince», déplorent les membres du c.a.

«Si ça continue à ce rythme-là, c’est certain que le transport peut être en péril. On n’espère ne pas en arriver là. On attend, on attend, mais là l’argent doit rentrer pour pouvoir poursuivre ces transports-là qui sont importants pour la population. Est-ce que c’est parce que les élections s’en viennent? On ne sait pas trop: 14 mois c’est beaucoup. Si l’argent ne rentre pas, ça va être difficile pour nous de poursuivre», a lancé d’entrée de jeu Martine Caron, présidente du conseil d’administration.

Elle ajoute que le gouvernement répond que les dossiers sont à l’étude et que l’argent «sera débloqué bientôt et d’être patient».

«C’est avant ou après les élections ça? Qu’est-ce qu’on fait avec ça, jusqu’à quand on est capable d’attendre ? On se questionne! On va voir ça après les vacances. On ne peut pas perdre ce transport-là; c’est important pour la population et les statistiques le prouvent», note-t-elle.

Selon les informations obtenues par Le Nouvelliste, l’organisme fonctionne actuellement avec sa marge de crédit. Le montant à l’encre rouge serait près des 50 000 $. La Corporation mise habituellement sur une aide financière annuelle d’environ 140 000 $ pour offrir les services.

Le conseiller municipal Jean Duchesneau a lancé un cri d’alarme concernant le financement du transport intermunicipal.

Le conseiller municipal Jean Duchesneau, membre du conseil d’administration, a même lancé un cri d’alarme à l’occasion de la dernière assemblée publique du conseil municipal.

«Les usagers souvent ne sont même pas au courant. Eux, ils embarquent dans l’autobus et ça va bien», a indiqué M. Duchesneau.

«C’est pour rendre conscient que le financement tardait à rentrer et qu’on n’a pas de réponse du gouvernement quand on appelle. Ça fait plusieurs fois qu’ils nous disent ‘‘ça s’en vient, ça s’en vient’’. On ne veut pas non plus mettre de transport intermunicipal en péril, mais un moment donné… le compte bancaire ne sera plus suffisant. […] Souvent les gens prennent le service pour des rendez-vous médicaux. C’est important. On a de plus en plus d’étudiants aussi», a-t-il ajouté.

Les chiffres de la Corporation démontrent que le service gagne en popularité d’année en année. Pour les six premiers mois de l’année 2018, on note une augmentation d’environ 16 % des usagers.

«On ne veut surtout pas arrêter le service, parce que ce serait difficile de repartir. On commence à avoir plus de gens, plus de jeunes, c’est pour ça qu’on maintient le service, et qu’on veut continuer de le maintenir», a indiqué Isabelle Bouchard, adjointe administrative de la Corporation.

Rappelons que la Corporation de Transport adapté et collectif du Haut Saint-Maurice avait pris le relais du trajet Trois-Rivières-Shawinigan-La Tuque à la suite de l’abolition du service par Orléans Express sur cet axe.

Le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports n’a pas répondu à nos questions envoyées mardi.