Les fraises sont maintenant arrivées. Ces petits fruits sont en vente dans les épiceries, les kiosques à la ferme ainsi que dans les marchés publics.

Le temps des fraises est commencé

TROIS-RIVIÈRES — Malgré un début de saison tardif, les fraises du Québec sont bel et bien arrivées dans les points de service de la région, juste à temps pour l’été. Les conditions météorologiques fraîches et pluvieuses ont d’ailleurs aidé le rendement des récoltes. La patience aura finalement valu le coup.

De manière générale, les conditions météorologiques ont eu pour effet de ralentir le mûrissement. «Il y a une semaine à dix jours de retard sur une saison normale», affirme le président de l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec (APFFQ) et le propriétaire de la Ferme horticole Gagnon, David Lemire.

Nonobstant les délais, la production s’avère être abondante. Quant au produit, il s’annonce savoureux. «Les températures fraîches aident à avoir une bonne charge de fruits pour les plans. Ça pousse tranquillement. Quand il y a des coups de chaleur, toutes les fraises sortent en même temps et les fruits sont de plus petit calibre. Mais là, c’est vraiment excellent», souligne le président de l’APFFQ.

Dans un environnement très chaud, ces petits fruits rougissent trop vite, ce qui rend les fraises petites et moins sucrées. Cette année, les conditions étaient idéales pour que le produit soit de qualité, certifie M. Lemire.

La vague de fraises était très attendue de la part des consommateurs. « Les clients ont vraiment hâte. On a eu des appels et ils attendent après ça. En plus, elles vont être belles les fraises. J’y ai goûté et elles sont bonnes», exprime avec joie Louise Villeneuve, propriétaire de la Ferme La Cueille à Saint-Étienne des Grès.

Olivier Leblanc, propriétaire de l’entreprise Le Maraîcher de Batiscan, a aussi perçu cette fébrilité. «C’est très demandé en vue du beau week-end qui s’annonce avec la Saint-Jean-Baptiste. Le fruit au Québec qui lance vraiment l’été, c’est la fraise. C’est le symbole de la belle saison. Les gens sont rendus là et ils ont vraiment hâte d’en trouver partout pour en déguster», soutient-il.

En ce sens, les producteurs invitent petits et grands à participer à leurs activités d’autocueillette. La majorité des fermes ouvriront leurs portes à compter du mois de juillet. L’APFFQ rappelle aux amateurs de cueillette de petits fruits qu’il est préférable de consulter l’horaire des fermes avant de se déplacer.

Recruter de la main-d’œuvre

Depuis les dernières années, M. Lemire a constaté que le manque de main-d’œuvre est un enjeu important chez les producteurs.

La propriétaire de la Ferme La Cueille a aussi observé ce phénomène. «On sent le manque de main-d’œuvre qui s’approche. Dans mon cas, je l’ai senti l’année passée et cette année. Les adolescents qui sont plus vieux viennent moins donner leur nom. On est en campagne ici. Ils sont plus portés à aller voir les offres d’emplois à Trois-Rivières», raconte-t-elle.

Mme Villeneuve a dû trouver des solutions pour s’adapter face à cette nouvelle réalité : «On commence à regarder pour de la main-d’œuvre étrangère pour répondre à nos besoins. La main-d’œuvre des gens retraités fonctionne bien aussi.»

Le président de l’APFFQ indique que plusieurs fermes doivent effectivement se tourner vers la main-d’œuvre étrangère. Grâce à cette solution, les producteurs peuvent maintenir leur production tout en assurant la pérennité de leurs entreprises. «On a quand même de bons programmes pour les travailleurs étrangers. Au Québec, on fait affaire avec la main-d’œuvre du Mexique et du Guatemala», précise-t-il.

À la Ferme horticole Gagnon, M. Lemire engage 40 travailleurs étrangers parmi ses 110 autres employés. «Pour avoir le droit d’avoir des travailleurs étrangers, il faut afficher les postes pendant un mois et demi. Si personne ne postule, on peut avoir recours aux travailleurs étrangers. C’est comme ça que le gouvernement s’assure qu’on a tout fait pour recruter localement avant», conclut-il.