Luc Massicotte, directeur général du Centre de prévention suicide Accalmie.

Le taux de suicide s’améliore dans la région

Trois-Rivières — À l’aube de la Semaine nationale de prévention du suicide, qui se tient du 4 au 10 février au Québec, le Centre de prévention du suicide Accalmie a dévoilé les dernières statistiques entourant le taux de suicide en Mauricie et au Centre-du-Québec. Des données qui permettent de croire que les campagnes de prévention portent ses fruits.

En effet, l’Institut national de santé publique a récemment révélé que le taux de suicide en Mauricie et au Centre-du-Québec s’était passablement amélioré entre 2013 et 2015, passant de 18,6 suicides par 100 000 habitants à 14,6 suicides par 100 000 habitants. Des statistiques qui réjouissent le Centre de prévention suicide Accalmie, sans pour autant que les efforts ne soient relâchés.

«On se réjouit de ça, mais on demeure encore la 3e région ayant le taux de suicide le plus élevé au Québec. Ce sont des données de 2015, ce sont les données les plus fraîches que nous avons, alors oui c’est réjouissant mais on ne va pas diminuer nos efforts pour autant», constate le directeur général Luc Massicotte.

Selon lui, les efforts déployés par des ressources comme le Centre de prévention suicide Accalmie ne serviraient pas à grand-chose s’il n’y avait pas également un engagement de la communauté à démontrer son intolérance face au suicide et mettre l’épaule à la roue pour enrayer ce fléau. En ce sens, l’organisme dit constater de plus en plus des demandes d’aide venant de l’entourage d’une personne en détresse.

«Les gens sont beaucoup plus ouverts à en parler, et disposés à tendre la main aux autres. De plus en plus, les milieux de travail, les organismes, les associations de pouvoir sont disposés à en parler, à faire de l’affichage. Et il y a un nombre croissant d’appels téléphoniques sur nos lignes, qui proviennent souvent de personnes qui s’inquiètent pour des proches, ou encore de personnes en détresse qui ont été encouragées par un proche à téléphoner», indique Luc Massicotte.

Selon lui, plus les gens seront disposés à parler de leur souffrance, plus ils pourront recevoir des services adaptés et adéquats pour s’en sortir. Par ailleurs, les efforts soutenus dans les services directs aux personnes en détresse font que ces services sont de plus en plus accessibles, disponibles et performants, ajoute M. Massicotte.

Il remarque également que les services dispensés autour de la personne en détresse donnent également de bons résultats, notamment la postvention auprès des proches d’une personne qui s’enlève la vie. Les statistiques démontrent en effet que d’avoir dans son entourage une personne ayant choisi de passer à l’acte augmente par sept le risque que l’on vive de la détresse psychologique.

Sous le thème «Parler du suicide sauve des vies», la 28e Semaine nationale de prévention du suicide permettra de déployer différentes actions et de multiples activités pour enrayer une nouvelle fois les tabous entourant la question du suicide et inciter les gens à en parler davantage. «Il ne faut pas hésiter à nous appeler. Nous avons une équipe de 19 intervenants et spécialistes cliniques qui sont là pour vous, que ce soit pour évaluer la situation de la personne pour qui vous êtes inquiet, pour vous aider à accompagner cette personne ou simplement pour vous écouter et vous soutenir dans ces moments de stress et d’inquiétude», indique Luc Massicotte.

Toute personne vivant de la détresse ou ayant dans son entourage une personne suicidaire peut appeler le 1-866-APPELLE sept jours par semaine et 24 heures par jour.