Le pistolet à impulsion électrique sera bientôt déployé chez les policiers de la Sécurité publique de Trois-Rivières.

Le «Taser gun» en service

Trois-Rivières — L’arme à impulsion électrique, communément appelée «Taser gun», est sur le point de faire son entrée à la Sécurité publique de Trois-Rivières. Les policiers trifluviens sont actuellement en période de formation intensive afin d’apprendre le maniement de cette arme de calibre intermédiaire, qui permet de maîtriser rapidement un individu menaçant ou incontrôlable.

Les médias ont d’ailleurs été conviés à assister à une démonstration de cette arme, mardi matin, alors que s’achève une première séance de formation pour les policiers de Trois-Rivières. Au total, d’ici la fin du mois de janvier, 25 policiers auront été formés pour l’utilisation de l’arme, qui fera alors partie de la patrouille en fonction sur le terrain.

Au total, ce sont six pistolets à impulsion électrique qui ont été acquis par la Sécurité publique. Selon le plan élaboré, quatre armes seront constamment en service sur chaque quart de travail, et les deux armes supplémentaires permettront un roulement après chaque quart de travail.

Selon l’agent instructeur et moniteur en emploi de la force Alex Leblanc, l’arme à impulsion électrique s’inscrit dans un continuum d’emploi de la force pour les policiers, qui doivent aussi, au cours de cette formation, apprendre à évaluer les situations où ils devront prendre la décision d’utiliser l’arme ou non.

«L’arme à impulsion électrique n’est pas une arme de premier ni de dernier recours. Ça va dépendre du policier, de ses perceptions sur le terrain, des circonstances dans lesquelles il va travailler. Ça peut être du premier recours comme du dernier recours après tous ses outils, le poivre, le bâton, etc. Ça va dépendre des circonstances, de ce qu’il aura perçu du terrain», explique l’agent Leblanc.

On peut ainsi penser à un individu qui refuse de collaborer lorsqu’il est interpellé par les policiers, un individu très agressif, qui peut être en délire agité et qui peut représenter une menace pour lui-même ou pour le policier qui effectue l’intervention. Les policiers, de plus en plus souvent confrontés aux problématiques de santé mentale et de consommation de stupéfiants, pourraient aussi avoir à utiliser l’arme sur des personnes qui semblent avoir complètement perdu le contrôle sur elles-mêmes.

Toutefois, l’arme n’est pas utilisée sans avertissement. Elle s’utilise en parallèle à une intervention en désescalade auprès de l’individu interpellé. Avant d’en arriver à une décharge, le policier procédera aussi à plusieurs avertissements, expliquant notamment au suspect ce qu’il s’apprête à vivre si l’arme est déclenchée. «En général, huit fois sur dix, ces simples avertissements sont suffisants pour dissuader l’individu et le convaincre de collaborer. On n’a donc pas à avoir recours à la décharge électrique», explique Alex Leblanc.

Par contre, s’il faut en arriver à une véritable décharge, ce sont 50 000 volts qui sont propulsés dans l’air par le pistolet. «Selon la résistance du corps humain, ça descend. Mais ce que reçoit l’individu, ce n’est pas 50 000 volts, c’est un peu moins que ça. Il y a une douleur. Les nerfs moteurs sont atteints et ça amène une neutralisation neuromusculaire. La personne ne peut plus contrôler son corps pendant la période où le Taser est en activité, soit environ cinq secondes», décrit Alex Leblanc.

Une fois la décharge terminée, l’individu généralement immobile au sol sera rapidement transporté à l’hôpital pour y recevoir des soins, nécessaires à la suite de la décharge mais surtout nécessaires à sa condition physique et psychologique présente avant l’intervention du policier, ajoute Alex Leblanc.

Un nouvel équipement qui semble apprécié des forces policières.

«Pour un policier, toute option de force supplémentaire qui peut amener la collaboration ou la maîtrise d’un sujet est une bonne nouvelle. L’arme à impulsion électrique ne remplace pas le pistolet, qui sera toujours l’arme de mise dans certaines situations, malheureusement. L’arme à impulsion électrique vient s’insérer dans le continuum d’emploi de la force mais ne remplace aucun outil que le policier a déjà sur lui», précise Alex Leblanc.