Plus de 150 personnes ont participé aux conférences du Symposium forestier, jeudi.

Le Symposium forestier victime de son succès

La Tuque — La quatrième édition du symposium forestier, qui s’est mis en branle jeudi, accueille actuellement un nombre record de participants. L’événement sous le thème «La bioéconomie, un levier de développement» se poursuit vendredi avec des visites sur le terrain qui permettront aux gens de s’immerger dans la réalité de la foresterie.

«C’est un très grand succès», assure Patrice Bergeron, le directeur du service de développement économique et forestier (SDÉF), et président du comité organisateur du symposium.

Un succès tel que les organisateurs ont dû ouvrir le deuxième étage du Complexe culturel Félix-Leclerc pour que tous les gens présents puissent assister aux conférences. 

«Quand on a des événements comme ça, où l’on réunit autant d’expertise et de bons conférenciers, on s’attend à connaître un succès et c’est ce que l’on vit à l’heure actuelle», a noté M. Bergeron.

On parle de plus de 150 inscriptions, du jamais vu pour les organisateurs. Ces derniers ont noté une grande diversité dans les participants, entrepreneurs forestiers, chercheurs, des étudiants universitaires, élus et des gens du secteur de l’économie. 

Le sujet d’actualité et la qualité des conférenciers pourraient bien expliquer cette affluence, selon les organisateurs. Cette quatrième édition regroupait des intervenants locaux, nationaux et internationaux. Des cas concrets ont d’ailleurs été présentés aux participants au courant de la première journée du Symposium.

C’était aussi l’occasion pour les dirigeants de Bioénergie La Tuque (BELT) de faire une mise à jour de l’important projet de bioraffinerie industrielle à base de résidus de coupe forestière. Un projet majeur qui pourrait amener des investissements de plus d’un milliard de dollars à La Tuque en plus de créer des centaines d’emplois.

«On a très bien progressé. On a beaucoup de feux verts, mais il y en a encore qui sont orange. Notre travail, c’est de les mettre au vert», a lancé Patrice Mangin, le directeur général de BELT.

Ce dernier avait d’ailleurs de bonnes nouvelles à dévoiler pour le projet de bioraffinerie. Il a affirmé que les études confirmaient la disponibilité de la biomasse. 

«C’était une des études les plus importantes et ce sont les gens de FPInnovations qui l’ont faite. La biomasse est disponible, c’est une grande nouvelle […] On ne va pas la chercher dans les plates-bandes de personne. Il y a un nouveau marché. On le savait au départ, mais on avait besoin de le confirmer. Là, c’est confirmé.»

Il a aussi été question des technologies qui seront utilisées dans le projet. Encore là, des études sont en cours.

«Il fallait avoir une vision complètement ouverte pour se dire qu’on allait choisir les meilleures technologies. Le plus gros du travail était de regarder près de 700 technologies. En bout de ligne, on en a douze. Plus six autres aussi sur une liste d’observation», a fait savoir Patrice Mangin.

«On reste ouvert, il faut les meilleures technologies qui vont offrir les meilleurs résultats et qui seront les moins chères», a-t-il ajouté.

Patrice Mangin a également souligné son optimisme quant à la réalisation du projet dans les délais prévus. Il a fait remarquer que le projet avait toujours le soutien des gouvernements. L’objectif de départ était d’aménager une usine de démonstration aux alentours de 2020. Les dirigeants gardent le cap sur la construction d’une usine de taille commerciale en 2023. 

«Le projet avance très bien, mais il faut être prudent. Ce sont des projets complexes. Il faut voir tous les aspects. […] On garde le cap, oui, mais ça fait aussi partie des études. Est-ce qu’on va faire une usine de démonstration ou pas? C’est une question ouverte. Est-ce que ça vaut la peine ou est-ce qu’il existe d’autres stratégies à mettre en place? Par exemple, sans aller dans le détail, une installation en phase? Avant de se positionner dans un scénario ou un autre, on doit faire le travail», a-t-il affirmé.

Vendredi, les participants du symposium iront sur le terrain pour voir concrètement des sites.

«Ce sera trois visites sur le terrain. Ils vont aller à l’école forestière de La Tuque qui fête ses 50 ans, ensuite les gens vont pouvoir voir un pyrolyseur. Dans l’imaginaire, rentrer du bois d’un bord et avoir de la biohuile de l’autre bord… Ça mérite quelques explications et des éclaircissements. Finalement on va voir sur le terrain un site de récupération de biomasse. Les gens peuvent véritablement voir que même si on ramasse de la biomasse forestière, la forêt repousse», a indiqué Angéline Fourchaud, directrice de l’Association forestière de la Vallée du St-Maurice (AFVSM).

D’ailleurs, devant un tel succès, les organisateurs ont indiqué, avant même la fin de l’événement, qu’il y aurait une cinquième édition l’an prochain.