Chantal St-Louis a été mairesse de la municipalité de La Bostonnais de janvier 2008 à mai 2016.
Chantal St-Louis a été mairesse de la municipalité de La Bostonnais de janvier 2008 à mai 2016.

Le style de gestion du maire de La Tuque critiqué à nouveau: «Il faut que ça arrête»

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — Les dénonciations concernant la gestion du maire de La Tuque Pierre-David Tremblay continuent de prendre de l’ampleur. C’est au tour de l’ancienne mairesse de La Bostonnais Chantal St-Louis de briser le silence. Cette dernière a quitté ses fonctions en mai 2016 peu de temps après l’arrivée de M. Tremblay comme conseiller dans la petite municipalité de la Haute-Mauricie.

«Il est la raison de mon départ. J’avais un choix à faire. Si je continuais, je brimais ma santé parce que je n’avais plus de vie. J’étais très stressée. J’allais aux réunions de reculons parce que je savais que ça allait finir en chicane et en chialage, que les gens allaient parler fort. L’environnement de travail n’était plus sain», raconte l’ancienne mairesse de La Bostonnais.

«Tout ça m’a occasionné des problèmes de santé et j’ai dû prendre la décision de penser à moi. C’est la plus belle décision que j’ai prise, mais aussi la plus difficile. Il a fallu que je m’arrache une partie du cœur pour démissionner de mon poste de mairesse parce que j’aimais ça et j’aimais mes citoyens», ajoute-t-elle.

Chantal St-Louis a été mairesse de La Bostonnais de janvier 2008 à mai 2016.

C’est l’élection de Pierre-David Tremblay à titre de conseiller municipal en juillet 2015 qui a principalement mené au départ de la mairesse.

«Au tout début, il siégeait à un comité consultatif d’aménagement à titre de citoyen. Quand il y a eu un siège vacant, il s’est présenté et il a été élu comme conseiller municipal. C’est là que j’ai réellement commencé à connaître la personnalité de M. Tremblay. C’est quelqu’un qui tient énormément à ses opinions. Si on a une autre opinion, c’est de l’incompétence pour lui», se souvient Mme St-Louis.

«Je vais répéter les mêmes mots que disent Luc Martel, Caroline Bérubé et Manon Côté. C’est comme un climat de dictature. La démocratie n’existe plus. Il n’y a aucune zone grise. C’est blanc ou c’est noir et c’est non discutable.»

Chantal St-Louis confirme que Pierre-David Tremblay, qui lui a finalement succédé à la mairie de La Bostonnais en 2016, a monté le ton à plusieurs reprises sans toutefois se sentir menacée.

«Je suis peut-être un peu naïve, mais moi j’essaie de voir le bon de chaque personne. Quand on est un conseil municipal, on prend les forces et les faiblesses de tout le monde, on travaille en équipe. […] On a besoin de tout le monde pour faire quelque chose de bon, mais avec un personnage comme ça, c’est plus difficile de travailler en équipe.»

Si elle a décidé de briser le silence aujourd’hui, c’est en appui à Luc Martel qui s’est récemment fait exclure des rencontres de travail privées.

«Il représente une population et il a été élu pour défendre ces gens-là. Il a le droit d’avoir une opinion et c’est son droit ultime d’être aux rencontres exécutives et de défendre son quartier. Ça va s’arrêter où cette situation-là? Les gens doivent se réveiller et ils doivent savoir ce qui se passe. Il faut en parler. On ne peut pas laisser ces gens-là agir indéfiniment».

«Je lève mon chapeau à Caroline Bérubé d’avoir eu le courage d’expliquer sa situation. C’est très courageux», ajoute-t-elle.

Le style de gestion du maire de La Tuque est critiqué.

Chantal St-Louis souhaite que la population se range derrière Luc Martel et le soutienne dans son combat pour recouvrer sa place lors des rencontres privées du conseil municipal de La Tuque.

«Caroline, Manon et moi, on sait ce qu’il vit. Il a besoin du soutien de la population, des gens qui l’ont élu aussi. Ce n’est pas évident pour lui, et je ne voudrais pas être à sa place. J’imagine à quel point c’est difficile pour lui et son entourage.»

«Un moment donné, le verre il commence à être plein. Il faut que ça arrête. Je ne dis pas qu’il doit démissionner, mais il y a peut-être du changement à faire vis-à-vis son comportement», lance-t-elle en parlant de Pierre-David Tremblay.

«Il devrait avoir plus d’écoute auprès des autres. On n’est pas tous des incompétents et on ne dit pas tous des niaiseries. On a beaucoup de choses à apporter à la société», ajoute-t-elle.