Roberto Angeli, conseiller en prévision météo pour la production en hydro-électricité, à son bureau au 9e étage de l’Édifice Jean-Lesage, à Montréal.

Le souvenir de 2017 toujours très présent

MONTRÉAL — La Mauricie n’oubliera pas de sitôt les inondations provoquées par la crue printanière de 2017. Roberto Angeli non plus. Ce conseiller en prévision météo pour la production d’hydro-électricité chez Hydro-Québec avait alors travaillé pendant 52 jours consécutifs en première ligne afin de guider les interventions pour réduire, autant que possible, les impacts chez les riverains.

Une période inoubliable, mais visiblement excitante chez ce physicien de formation. Son visage s’illumine lorsqu’il parle de ce fameux printemps. En principe, son quart de travail débute à 5 h et se termine à midi. «Mais en période de crue, ça se peut que je reste plus longtemps», reconnaît-il.

Comme en 2017, alors que son expertise était requise pendant pratiquement deux mois à temps plein.

«Cinquante-deux jours sans arrêt, sept jours sur sept», résume M. Angeli. «C’était du sport, en 2017!»

Les divers intervenants de l’unité de production et de planification, qui compte environ 75 professionnels, répètent que la météo joue un rôle crucial dans l’évolution de la crue. L’information recueillie par M. Angeli joue donc un rôle déterminant dans la suite des décisions qui influenceront le débit des rivières.

«Chaque jour, il faut voir ce qui est prévu et s’ajuster en conséquence», convient l’expert.

Hydro-Québec utilise beaucoup les données recueillies en 2017 pour donner un aperçu de l’impact de la gestion de ses ouvrages sur le débit des cours d’eau. Martin Hallée, ingénieur en gestion hydrique pour la rivière Saint-Maurice, aime citer les observations à la hauteur de la centrale La Gabelle lors de ce fameux printemps.

«Nous avions tout juste dépassé les 4000 mètres cubes par seconde», précise-t-il. «Si Hydro-Québec n’avait pas fait la gestion qu’on connaît, nous aurions vécu 6700 mètres cubes par seconde. Les inondations auraient été plus beaucoup plus longues et surtout, beaucoup plus intenses.»

Il ne fait aucun doute que le questionnement soulevé par beaucoup de riverains à la suite de cette crue printanière a incité la société d’État à mieux expliquer son rôle pendant cette période critique. Cette incursion à l’unité de production et de planification en constitue un autre exemple. «C’est la volonté d’Éric Martel (président - directeur général d’Hydro-Québec) de mieux communiquer avec la population», convient Hugo Sansoucy, chef de cette unité.