Éric Pronovost, président de la Fédération du personnel de soutien CSQ (à gauche) et Stéphane Roberge, président du Syndicat du personnel de soutien à la Commission scolaire de la Riveraine.

Le soutien scolaire crie au secours

NICOLET — La Fédération du personnel de soutien scolaire crie au secours et souhaite rencontrer le plus rapidement possible l’éventuel ministre de l’Éducation afin de lui exposer les problèmes de plus en plus accablants vécus par ses membres au sein des commissions scolaires du Québec, en particulier celui de la précarité d’emploi.

De passage à Nicolet, mercredi, dans le cadre d’une tournée, le président de la Fédération du personnel de soutien scolaire CSQ, Éric Pronovost, souligne que la précarité de l’emploi touche 74 % du personnel dont les trois quarts sont des femmes, souvent des mères monoparentales.

À la Commission scolaire de la Riveraine, par exemple, le Syndicat des employés de soutien représente quelque 500 membres, mais seulement 190 d’entre eux bénéficient d’un équivalent temps plein, illustre le président du Syndicat, Stéphane Roberge.

Cette situation, indique-t-il, crée de la surcharge de travail. «On demande toujours de faire plus avec moins», dénonce-t-il. «La moitié de nos gens ne prennent pas leurs pauses et dînent moins longtemps pour pouvoir faire leur travail», dit-il.

La Fédération déplore que les Commissions scolaires du Québec aient de plus en plus recours à la sous-traitance pour leurs besoins en conciergerie. «Il y a beaucoup moins de sentiment d’appartenance des enfants par rapport aux adultes qui sont là», fait valoir M. Roberge.

La Fédération ne met toutefois pas le blâme sur les commissions scolaires. «Les décisions se prennent plus haut», assure-t-il. «Les commissions scolaires ont subi énormément de pression du ministère de l’Éducation», ajoute M. Pronovost. «Je suis convaincu que dans des commissions scolaires, il y a des directions générales, il y a des directions des ressources humaines qui ont pris des décisions au Québec qui ne faisaient absolument pas leur affaire», analyse-t-il.

«Quand il y a des compressions budgétaires, ne cherchez pas qui écope. C’est nous», dit-il. Ça fait des années. On est tanné. On passe aujourd’hui par les médias pour dire: C’est assez», ajoute-t-il.

La Fédération estime que cette manière de traiter les employés rend le travail peu attrayant et accentue le phénomène de rareté de la main-d’œuvre. «La précarité cause la pénurie», résume Éric Pronovost. «Les gens sont de moins en moins tentés de venir travailler dans les commissions scolaires étant donné que c’est très long avant d’obtenir un poste avec des heures convenables. On n’est pas capable de remplacer les gens. On ne trouve personne sur les listes», dit-il.

«Les coupes de 1,2 milliard $ en six ans en éducation, ç’a eu de l’effet sur le personnel de soutien scolaire. Ça va prendre de l’aide du gouvernement. Ça va prendre de l’aide politique, une volonté politique de nos commissions scolaires», estime Éric Pronovost. Ce dernier se dit persuadé que l’ancien gouvernement libéral n’a pas réinvesti tout ce montant depuis. «Ils ont remis une partie des sommes parce qu’on était dans une période électorale», dit-il.

«L’impact se fait sentir très clairement au niveau du service direct à l’élève», souligne-t-il. Le personnel de soutien est en effet composé de personnes «qui sont en première ligne au quotidien et qui travaillent régulièrement avec des enfants en difficulté, des enfants qui ont des problématiques de comportement ou d’apprentissage», dit-il. Ces employés «sont en support aux enseignants. C’est la secrétaire d’école qui répond au téléphone tous les jours; c’est le technicien; c’est le concierge; c’est énormément de gens qui œuvrent dans l’école», fait-il valoir.

Éric Pronovost souhaite que le prochain ministre de l’Éducation réponde à l’invitation de la FPSS-CSQ et vienne y voir de près, sur le terrain, afin de constater de ses yeux ce que traverse le personnel de soutien. «On va lui dire: Ne faites pas comme votre prédécesseur. Venez nous entendre sur le terrain», dit-il.