Samuel Bruneau, commissaire du district des Rivières, en compagnie de Scott Leach, animateur.
Samuel Bruneau, commissaire du district des Rivières, en compagnie de Scott Leach, animateur.

Le scoutisme, version 4.0

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — Le mouvement scout prône des valeurs de partage, d’entraide et de respect, qui s’expriment habituellement en groupe, lors des camps ou des rencontres hebdomadaires. Un pan de cet univers est tombé en mars en raison de vous savez quoi, mais le district des Rivières s’est rapidement retroussé les manches pour garder les jeunes éveillés grâce à la magie de l’écran.

Bien entendu, impossible de reproduire l’odeur du feu de camp ou le plaisir de jouer en groupe à l’air frais qui caractérise les débuts de soirée. Néanmoins, le scoutisme virtuel permet aux jeunes de garder contact et d’expérimenter quelques découvertes. En Mauricie, entre 150 et 200 des 500 scouts suivent assidûment ces activités en ligne.

«Pour nos membres, c’est très difficile», convient Samuel Bruneau, commissaire du district des Rivières, qui comprend huit groupes de Trois-Rivières, deux de Shawinigan et un de Saint-Étienne-des-Grès. Il s’agit du résultat d’une fusion entre les anciens districts de Saint-Maurice et de la Rive-Sud - Beauce.

«Par contre, on s’est reviré de bord rapidement dans le district pour offrir quelque chose aux jeunes avec des animateurs qui sont très bons avec Internet. On développe des outils pour animer les jeunes à distance, du mieux qu’on peut.»

Des réunions virtuelles ont commencé à être offertes dès la semaine du 22 mars et elles se poursuivront jusqu’en juin.

«Dès que tout est tombé, notre commissariat s’est réuni et nous avons essayé d’envoyer un message positif aux animateurs et aux jeunes», raconte M. Bruneau. «Nous avons communiqué avec tout le monde pour les rassurer et leur annoncer que ça continuerait en ligne. Nous pouvons donc continuer notre scoutisme différemment, mais tout en ayant du plaisir.»

Au programme jusqu’ici, des jeux, des techniques à pratiquer, des légendes, des concours... Le jeu du loup-garou a été adapté en ligne. Autre tradition, le feu de camp s’est aussi transposé à l’écran, avec les chants habituels!

«C’est vraiment incroyable, tout ce qui se passe», sourit M. Bruneau.

En fait, ce dynamisme est remarqué en dehors de la frontière du district.

«Je reçois des messages de gens de partout au Québec, même d’un scout de France qui tripait sur nos légendes! Au niveau national, les dirigeants sont contents que nous ayons pris cette initiative. Un seul autre district y avait pensé avant nous, en Montérégie.»

Camp d’été

Seul bémol, le camp d’été, habituellement l’activité phare de l’année, a évidemment dû être annulé. Difficile de compenser la richesse de cette semaine chargée d’activités à l’écran!

«C’est une lourde décision», convient M. Bruneau. «C’est un énorme coup, mais il faut faire comprendre aux jeunes que c’est une question de sécurité et que c’est pour le bien de tout le monde. En tant que scouts, ils doivent protéger les plus vulnérables de notre société. C’est une expérience différente pour cet été. Mais je sais que ce n’est pas évident pour les jeunes. Ils sont déçus et je les comprends.»

Par contre, certains ont déjà manifesté l’intérêt de reproduire au moins des soirées de feux de camp virtuels, un moment qui permet habituellement aux scouts de revenir sur leur journée, de chanter et de jouer aux énigmes.

Va pour la fin de l’année en cours, mais à quoi faut-il s’attendre pour la saison 2020-2021? M. Bruneau souhaite mener une intense campagne de promotion dans les écoles, mais il convient qu’il ne sait pas encore précisément quelle forme de scoutisme pourra-t-il vendre pour intéresser les jeunes.

Les orientations seront prises à l’assemblée générale, le 31 mai. Mais déjà, le commissaire croit que certaines trouvailles des dernières semaines résisteront à la pandémie.

«Certains de ces réflexes vont perdurer après la crise», croit M. Bruneau. «Les jeunes aiment faire des choses en ligne, c’est la mouvance d’aujourd’hui. Il faut s’adapter si on veut qu’ils reviennent!»