Martine Lemay, présidente du syndicat des cols bleus et blancs de la Ville de Louiseville.

Le scénario se répète

LOUISEVILLE — Après avoir rejeté en bloc l’offre salariale patronale, les cols bleus et blancs de la Ville de Louiseville viennent d’accorder à leur comité de négociations le pouvoir de mettre de l’avant différents moyens de pression allant jusqu’à la grève.

L’histoire se répète pour la Ville et ses 24 cols bleus et blancs. En 2013, les deux parties avaient réussi à s’entendre sur un règlement de convention collective après que le syndicat eut obtenu le même mandat de la part de ses membres, lui qui s’apprêtait à déclencher une grève. Le salaire était au cœur des revendications syndicales.

Cinq ans plus tard, les deux parties sont de retour à la table de négociations et le salaire demeure l’obstacle majeur à franchir.

«La partie patronale offre 1,5 % d’augmentation salariale par année, alors qu’on demande entre 2 % et 3 %. On demande la parité avec Berthierville. C’est ce qu’on demande depuis 2000. Berthier a une population plus petite que Louiseville, son budget est inférieur, mais le salaire des employés est plus élevé», déclare Martine Lemay, présidente du syndical local, qui précise que les négos entourant les clauses normatives avancent normalement.

Selon le site Internet de Berthierville, le budget de 2018 est de neuf millions de dollars. La population s’élève à 4228 citoyens selon le site du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire. En revanche, le budget de 2018 de Louiseville est de 11,1 millions de dollars et sa population est de 7406 personnes.

Ces faits n’amèneront vraisem- blablement pas la Ville de Louiseville à changer son approche. Mais le maire Yvon Deshaies rappelle que les négociations sont toujours en cours et que l’offre de 1,5 % n’est pas nécessairement finale.

Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies.

«On n’a jamais dit que c’était ça et c’est tout. On est déçu que tout ça se retrouve sur la place publique. On négocie et ça va quand même bien. Il y a des choses qui sont réglées. On est rendu aux salaires et c’est normal que ça ne se règle pas tout de suite. Mais je n’irai pas me comparer à Berthier, je ne vais pas jouer cette game-là. Moi, je gère Louiseville et pas Berthier. Je m’occupe de Louiseville.»

Selon Mme Lemay, le salaire moyen versé à un journalier-chauffeur de Louiseville est inférieur de 12,17 % comparativement à Berthierville.

«On est raisonnable dans nos demandes. La direction parle de la capacité de payer des citoyens, mais Louiseville a un budget plus important que Berthierville qui est capable de payer normalement ses employés. On a aussi regardé dans d’autres municipalités en Mauricie qui ressemble à Louiseville et le salaire est plus élevé dans ces municipalités.»

Sans entrer dans les détails des salaires, la Ville de Louiseville précise que, tout dépendant du type d’emploi, le salaire d’un syndiqué varie entre 18 $ et 26 $ l’heure. La semaine de travail d’un col bleu (travaux publics, employés de l’aréna) est de 40 heures, tandis que la semaine de travail pour les cols blancs (administration) est de 35 heures.

«On dirait que travailler pour la Ville, c’est pas l’Éthiopie, mais proche, ironise M. Deshaies. Le salaire est quand même bon. Ça va faire bientôt 30 ans que je suis au conseil. Jamais un col bleu ou un col blanc n’a quitté la Ville pour aller travailler dans une usine.»

Le syndicat doit décider quels moyens de pression seront utilisés. Ceux-ci ne devraient pas être appliqués à très court terme.

Entre-temps, une autre rencontre de négociations doit se dérouler vendredi.