Le niveau de la rivière Saint-Maurice était à la baisse ce week-end.

Le Saint-Maurice diminue

Les sinistrés de Shawinigan respiraient beaucoup mieux ce week-end, alors que le niveau de la rivière Saint-Maurice était également à la baisse. Le rehaussement d'un tronçon de l'avenue du Beau-Rivage a permis à la circulation de reprendre sans entrave, mais des citoyens craignent qu'un rehaussement permanent de cette route entraîne des inondations chez eux.
L'eau a diminué tout le week-end près de l'avenue du Beau-Rivage, ce qui donnait espoir aux résidents et autorités. «L'eau ne descend pas à vue d'oeil, mais presque. Uniquement dimanche matin, nous avons perdu plusieurs centimètres encore. Ça se déroule relativement bien», expliquait en après-midi le maire de Shawinigan, Michel Angers. «Ça fait longtemps qu'on ne l'avait pas vue basse comme ça.» 
L'important débit de la rivière Saint-Maurice était toujours visible aux chutes de Shawinigan ainsi qu'au barrage de La Gabelle. L'eau donnait encore ce week-end un impressionnant aperçu de la force de la nature et du courant. Malgré la diminution du niveau de l'eau, les autorités avaient toujours le Saint-Maurice à l'oeil.  
La Ville de Shawinigan devrait faire le point sur ces inondations mardi et planifier la suite des choses. Une rencontre citoyenne sera organisée éventuellement et les autorités municipales souhaitent faire appel à la population pour une grande corvée. Aucune date n'a toutefois été arrêtée pour l'instant. 
«Il faut s'assurer qu'il n'y a plus d'eau dans les sous-sols, qu'elle arrête d'entrer et qu'on n'a plus besoin de pompes. Une fois ça derrière nous, on va mobiliser la communauté pour aider les sinistrés qui sont passablement éprouvés», soutenait le maire qui envisage malgré tout pouvoir organiser cette grande corvée dans une ou deux fins de semaine.
De plus, la Ville doit s'assurer qu'Hydro-Québec est en plein contrôle des barrages avant de procéder à cette grande corvée. «On annonce du beau temps à partir de lundi, donc on devrait s'en tirer», ajoutait M. Angers.
Ce tronçon de l'avenue du Beau-Rivage inondé dernièrement a été rehaussé. Des citoyens craignent que si l'avenue est rehaussée de façon permanente, cela entraîne des inondations plus importantes chez eux.
Rehausser la route de façon permanente?
Parmi les questions qui seront explorées par la Ville prochainement, il y a celle du rehaussement permanent du tronçon de l'avenue du Beau-Rivage. Inondé durant un bon moment, ce tronçon a finalement été rehaussé avec du gravier par la Municipalité afin de permettre aux citoyens de circuler normalement. 
Un citoyen du secteur, Grégoire Brouillette, aimerait bien que la Ville rehausse ce tronçon pour éviter que la rue soit à nouveau bloquée par l'eau. «Ça serait bon de rehausser la route. Ça fait longtemps que je dis qu'elle est mal faite. Il y a un creux où l'eau se ramasse toujours», affirmait-il. 
Le maire de Shawinigan indique que cette question sera étudiée. Il note toutefois que les inondations à cet endroit sont exceptionnelles. «Une évaluation va se faire cet été, une fois que tout sera rentré dans l'ordre. On va faire un bilan de l'ensemble des opérations et prendre les décisions en conséquence», précisait Michel Angers. 
Des résidents voisins du ruisseau qui passe sous l'avenue du Beau-Rivage, où la route a été inondée par la montée du niveau de la rivière Saint-Maurice, sont toutefois inquiets par cette idée de rehausser de façon permanente la rue. Danielle Perron craint que cela crée un barrage et empêche l'eau de circuler normalement ce qui aurait comme conséquence d'inonder davantage son terrain et sa maison. Alors qu'elle vit avec de l'eau dans son sous-sol depuis un bon moment, elle a manifesté ses préoccupations lors du passage du Nouvelliste samedi. 
«Si la route est plus haute, est-ce qu'on va être plus inondé? Il faut qu'elle se déplace quand même. Si elle ne peut plus passer sur la route, on ne veut pas qu'elle s'en vienne chez nous», s'interrogeait Mme Perron. 
Michel Angers est au courant de ces préoccupations. Il soutient que si le projet de rehaussement de la route va de l'avant, les ingénieurs civils vont sérieusement étudier la situation. «Ce sont des préoccupations légitimes», avouait le premier magistrat «quand viendra le temps d'analyser le tout, nous allons tenir compte de ces aspects.»