Le rêve du pouvoir

​Le Nouvelliste vous présente les enjeux des différentes circonscriptions dans une série de textes qui débute aujourd’hui avec Nicolet-Bécancour.

Bécancour — Après 15 années avec un député dans l’opposition, on rêve définitivement de pouvoir dans Nicolet-Bécancour en vue du prochain scrutin provincial.

«J’aimerais bien ça qu’on ait un ministre ou un whip dans le comté. Avec un parti au pouvoir, normalement, les projets vont plus vite et les chances de réalisation sont meilleures. Si on n’est pas au pouvoir, on en a beaucoup moins», affirme sans détour l’homme d’affaires bien connu sur la rive sud, René Bérubé.

Celui-ci dit avoir vécu les deux situations dans le passé «et ce n’est pas la même chose». «Quand Michel Morin a été whip, on a réglé la santé et des investissements industriels importants. Il était proche du premier ministre Bernard Landry. Cela a amené des avantages. Ce qui est important, c’est d’être direct au pouvoir. On a beaucoup plus de chances», croit-il.

Par exemple, ce président de la Fondation médicale Jean-Pierre-Despins, à Saint-Léonard-d’Aston, dit avoir essayé plus d’une fois de rencontrer le ministre Gaétan Barrette. «On a eu une rencontre, mais de peine et de misère, alors que si on avait été au pouvoir, cela aurait plus facile de lui parler directement», fait valoir celui qui est impliqué dans le domaine de la santé depuis une quinzaine d’années.

Pour sa part, la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, est d’avis qu’un député a le pouvoir de pousser des dossiers, qu’il soit dans l’opposition ou au gouvernement. «Je suis convaincue que les députés travaillent super forts», confie-t-elle.

Mais, du même souffle, à la lumière des annonces faites en Mauricie et au Centre-du-Québec depuis son arrivée à la mairie en 2016, elle se dit «extrêmement défavorisée».

«On peut en tirer les conclusions qu’on veut. J’aimerais que ça n’ait pas d’impact et que tous les citoyens soient bien représentés et bien défendus, peu importe la couleur qu’ils ont choisie, mais je ne suis pas certaine que ça marche vraiment comme ça», laisse échapper la préfète de la MRC de Nicolet-Yamaska.

Pour elle aussi, le dossier de la santé est important. «On aimerait que le prochain député travaille à récupérer certains services parce que tous les patients sont sur la route. Je ne suis pas certaine que c’est une formule très gagnante. C’est vraiment un dossier de service de proximité», soutient Mme Dubois.

Et celle-ci se dit préoccupée par «tout ce qui est fiscalité municipale». «Au-delà du point de TVQ que le gouvernement a promis s’il était réélu, il y a eu l’idée peut-être de pouvoir aller chercher des petits montants à travers les entreprises qui sont dans les municipalités, qui perçoivent aussi de la TPS et de la TVQ», rapporte la mairesse, qui aimerait bien également que Québec paie la totalité des compensations tenant lieu de taxes foncières sur les immeubles gouvernementaux.

De plus, elle préconise une «petite formule per diem» qui permettrait à sa municipalité de toucher un certain montant d’argent, au lieu de chercher à répondre aux exigences d’un programme pour tenter d’obtenir une subvention. «Il y aurait moins de place à la partisanerie parce qu’ils ne pourraient pas nécessairement venir faire des grandes annonces», fait remarquer Mme Dubois.

En ce qui concerne le ministère de l’Environnement, cette dernière plaide pour une approche plus proactive et moins lourde. Une opinion largement partagée par René Bérubé.

«C’est très lent et difficile. On applique la même loi environnementale à la grandeur du Québec alors qu’en milieu rural, ça devrait être différent. J’ai un projet résidentiel et le terrain que je veux développer est juste un peu trop grand. Il faut que je fasse un bassin. C’est une affaire d’au moins 100 000 $, c’est ridicule», déplore celui qui connaît aussi des cas d’entreprises qui subissent des préjudices à cause de ce même ministère.

Selon lui, «quand les gens veulent investir, mais que ça prend plus d’un an pour avoir le certificat d’autorisation environnemental, ce n’est pas normal». «Je l’ai dit à Dominique Anglade, vous allez courir à l’étranger, à Genève, en Chine, pour avoir des investisseurs, et les investisseurs qu’on a déjà, vous ne vous en occupez même pas. Ils vont en créer de l’emploi en leur rendant la tâche facile», a-t-il raconté.

Au plan du développement économique, ce dernier réclame le doublement de l’autoroute 55. «Le seul bout qui n’est pas doublé, c’est de Saint-Grégoire à l’autoroute 20. Ça n’a pas de bon sens, il y a un trafic incroyable. Ce serait important de doubler ce bout-là, d’abord pour une question de sécurité. La 55 pour moi, ce serait une priorité», conclut celui qui prône aussi une meilleure promotion de Bécancour à l’extérieur.

Faits saillants

> Doublement de l’autoroute 55

> Récupérer des services de santé

> Assouplir le processus environnemental

> Réforme de la fiscalité municipale

Résultats des élections de 2014

Donald Martel CAQ 38,64 %

Denis Vallée PLQ 27,81 %

Jean-René Dubois PQ 22,26 %

Marc Dion QS 7,92 %

Marjolaine Lachapelle ON 2,21 %

Guillaume Laquerre PCQ 1,15 %