Le président du regroupement des ressources résidentielles de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, Pierre Hébert, a dénoncé en conférence de presse ce qu’il estime être de la négligence et la délinquance organisationnelle de la part du CIUSSS – MCQ.
Le président du regroupement des ressources résidentielles de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, Pierre Hébert, a dénoncé en conférence de presse ce qu’il estime être de la négligence et la délinquance organisationnelle de la part du CIUSSS – MCQ.

Le regroupement des ressources résidentielles à l’adulte dénonce la négligence et la délinquance organisationnelle du CIUSSS – MCQ

Amélie Houle
Amélie Houle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — «Ce qu’on souhaite, c’est de travailler en collaboration avec nos partenaires, dont le CIUSSS – MCQ, pour trouver des solutions afin d’assurer des services de qualité à notre clientèle et de faire reconnaître le travail qu’on fait quotidiennement.» C’est avec l’énergie du désespoir que le regroupement des ressources résidentielles à l’adulte de la Mauricie et du Centre-du-Québec (RRRMCQ) est sorti publiquement ce mercredi afin de dénoncer ce qu’il estime être de la négligence et de la délinquance organisationnelle de la part du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS – MCQ).

Une clientèle qui se serait fortement alourdie depuis une dizaine d’années et le CIUSSS MCQ qui utilise différents stratagèmes pour forcer les usagers à demeurer dans le réseau, c’est notamment ce que reproche le regroupement à l’organisation de santé de la région.

«On veut seulement que le travail qui est fait dans les ressources soit reconnu à sa juste valeur et on ne parle pas d’aspect monétaire ici. Avant de parler d’argent, on va parler de la maltraitance et après, on va s’asseoir et on parlera d’argent», a décrié le président du RRRMCQ, Pierre Hébert.

De nombreux cas problématiques ont d’ailleurs été mis de l’avant mercredi par le RRRMCQ afin de démontrer l’ampleur de la situation. Des résidents qui n’ont reçu ni bain, ni douche pendant plus de cinq mois, de l’automutilation qui n’est pas reconnue, des mesures de contrôle non autorisées et des comportements de coprophagie (consiste à consommer des matières fécales) qui seraient pris à la légère par le CIUSSS sont quelques-uns des exemples abordés lors de la conférence et surtout dévoilés avec des photos parfois choquantes à l’appui.

«J’ai un exemple personnel d’une personne qui est non mobile et on me l’a amené dans ma ressource alors que je n’étais pas équipé. Nous ce qu’on dit, c’est qu’avant d’amener quelqu’un, faites la description de l’usager tel qu’il est et nous, après, on va décider si on peut l’accueillir ou non. Et si je le prends, supportez-moi dans l’équipement et dans le soutien technique qui est nécessaire. On doit trouver des solutions pour arrêter cette maltraitance envers notre clientèle vulnérable», a soutenu M. Hébert.

Le regroupement des ressources résidentielles de la Mauricie et du Centre-du-Québec, qui représente près de 260 familles d’accueil qui s’occupent quotidiennement de clients aux prises avec différentes problématiques liées à la santé physique ou mentale, a ainsi martelé son message mercredi devant plusieurs membres du conseil d’administration et des familles d’accueil afin de rappeler son désir d’avoir une meilleure écoute de la part du présent gouvernement.

«Le mandat qu’on a eu de nos membres ce matin, c’est d’avoir une table régionale dans un premier temps avec l’ensemble de nos députés. On ne veut pas avoir cette rencontre-là avec les gestionnaires, car on a tenté à plusieurs reprises de le faire et c’est tout le temps une fin de non-recevoir et il n’y a pas d’actions qui sont prises directement. Donc, c’est vraiment un dossier que l’on souhaite discuter avec le politique pour parler de la maltraitance et de la délinquance. D’ailleurs, demain [jeudi] matin, on va se réunir en exécutif et on va envoyer une lettre au ministère et en copie au CIUSSS en disant qu’on n’ira plus aux évaluations annuelles tant qu’on n’aura pas de réponse de leur part», a martelé M. Hébert.

En effet, lors de l’assemblée annuelle des membres qui s’est tenue un peu plus tôt en matinée mercredi, l’exécutif a obtenu le mandat de reporter leur présence à la table des négociations avec le comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux (CPNSSS) afin d’obtenir une table de concertation nationale regroupant l’ensemble des associations représentant les ressources de type familial du Québec, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, le ministre délégué à la Santé et aux services sociaux, Lionel Carmant, ainsi que la ministre responsable des Aînés et des proches aidants, Maguerite Blais.

Absence des ministres

Alors que 11 ministres du présent gouvernement et députés de la région, dont le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, ministre responsable de la région de la Mauricie et député de Trois-Rivières, Jean Boulet, et la ministre responsable des Aînés et des proches aidants, Marguerite Blais, avaient été invités à assister à la conférence de presse du RRRMCQ, tous ont décliné l’invitation.

Une situation qui est évidemment décriée par le président du regroupement.

«Je suis totalement déçu! Surtout Madame Blais, puisque c’est elle qui s’occupe des aînés. C’est son dossier et elle n’est même pas là. Là ça nous prend des engagements politiques.»

Cette dernière s’était d’ailleurs déjà engagée en février 2019 à organiser une telle table ronde afin de trouver des solutions à la maltraitance des plus démunis lors d’une rencontre avec le RRRMCQ.