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Le prix des matières et les débouchés se sont améliorés.
Le prix des matières et les débouchés se sont améliorés.

Le recyclage se porte beaucoup mieux malgré la COVID

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
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Saint-Étienne-des-Grès — Il y a des usines où la COVID fait mal en privant l’employeur de plusieurs employés pendant des semaines. Le président de Récupération Mauricie (RM), Luc Dostaler, touche du bois; il n’y a eu qu’un seul cas de COVID parmi les travailleurs du centre de tri de Saint-Étienne-des-Grès et tout s’est rapidement résorbé.

En fait, le centre de tri de la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie se porte très bien malgré la pandémie. Récupération Mauricie est même en train de tester, avec des entreprises québécoises et ontariennes, des technologies qui lui permettront de recycler les pellicules de plastique.

Le prix des matières et les ventes se portent également bien mieux qu’en janvier dernier alors que la Chine s’était fermée aux importations occidentales des matières recyclables qu’elle jugeait trop contaminées et que l’Inde fermait son marché aux papiers mixtes.

«On est dans une situation financière meilleure qu’il y a quelques mois», se réjouit le président.

Rappelons qu’à la mi-juillet 2019, la RGMRM avait demandé aux citoyens de cesser de mettre des sacs et autres pellicules de plastique dans le bac bleu, car elle ne trouvait pas de débouchés pour les recycler. «On espère bien, dans les prochains mois, annoncer qu’on a des débouchés», indique M. Dostaler avec à la fois prudence et optimisme.

RM a procédé à une analyse diagnostique, au cours des derniers mois, afin d’évaluer ce qu’il faudrait améliorer pour s’assurer de ne plus se heurter à des problèmes de qualité des matières lors des ventes sur les marchés internationaux.

«On a reçu les grandes lignes de ça au cours des dernières semaines», dit-il.

RM doit toutefois suivre les politiques du gouvernement, rappelle-t-il. «De grandes annonces ont été faites il y a un peu plus d’un an. Il y a des choses qui ont été au ralenti. On peut mettre ça sur le dos de la COVID. Comment se modernise-t-on? Qu’aura-t-on à faire au centre de tri pour suivre les nouvelles exigences gouvernementales? Si je modernise mon usine pour avoir un verre extraordinaire et que dans un an, je n’ai plus de verre qui entre dans l’usine, ce serait illogique. Donc, on avance peut-être un peu au ralenti, en ne sachant pas trop où les nouvelles mesures vont nous mener, mais on a déjà une idée d’où il faudrait s’améliorer», dit-il.

La main-d’oeuvre, qui fait le plus gros du tri à la main, est encore très importante, assure le président, «mais on se rend compte que si l’on veut être ultra performant dans la finition, il faut absolument que ce soit fait par des machines. L’humain est essentiel parce que c’est lui qui enlève, au début, les choses indésirables qui pourraient briser les machines, mais on comprend que pour enlever le tout petit morceau de papier ou le petit morceau de verre, il faut absolument que ce soit modernisé», plaide-t-il.

«On s’enligne vers ça. On avance dans le projet en attendant des consignes un peu plus claires du gouvernement», dit-il.

En attendant, Récupération Mauricie respire un peu par rapport à janvier dernier. «Les marchés ont besoin de matières, donc ils sont très, très peu difficiles sur ce qu’on envoie. Ça a changé du tout au tout. Ils en ont besoin et quand ils en ont besoin et qu’il n’y en a pas beaucoup sur le marché, on n’a aucun problème à écouler notre matière et on l’écoule à un bon prix», dit-il.

Le prix du carton récupéré, par exemple, a varié entre 60 $ et 220 $ la tonne au cours des derniers mois. «C’est une question d’offre et de demande», fait-il valoir. Une entreprise québécoise, illustre-t-il, a commencé à s’intéresser aux papiers mixtes, cette matière qui avait été rejetée par l’Inde, il y a quelques mois. «On est en pourparlers. Plus notre matériel est beau, plus il sera facile à utiliser pour eux. Ils vont réussir à en faire des cartons et des produits d’emballage», dit-il.

En ce moment, RM a suffisamment d’acheteurs pour écouler ses matières récupérées. «S’il y avait un problème dans l’usine, chez nous, il y aurait un impact sur les citoyens. S’il se passait quelque chose chez nos acheteurs et qu’on n’était pas capable d’écouler notre matériel, là aussi on se retrouverait avec de l’accumulation, mais présentement, on ne vit pas ça», dit-il.

Du côté des bacs bruns, le dossier chemine, assure Sylvie Gamache, responsable des communications à la Régie sans pouvoir en dire plus sur le sujet en ce moment.

Alors que de nombreux centres de tri, au Québec, ont remarqué une hausse significative des matières depuis le début de la pandémie en raison de la hausse des commandes en ligne, RM n’a constaté qu’une très légère hausse de 2 % lorsqu’elle compare les périodes de mars à octobre 2019 et mars à octobre 2020, indique M. Dostaler. Ce dernier indique qu’on ne s’explique pas pourquoi la hausse est à peine perceptible ici alors qu’elle est assez importante ailleurs.

Évidemment, comme chaque année, une hausse de tonnage du côté des papiers et cartons est anticipée entre Noël et la mi-janvier à cause des cadeaux offerts aux Fêtes.

Luc Dostaler invite la population à utiliser du papier imprimé et non du papier ou des rubans métallisés pour envelopper leurs cadeaux de Noël puisque le papier métallisé ne se recycle pas. Mieux encore, il invite les gens à utiliser des emballages réutilisables afin de limiter la production de déchets.