Le recteur de l'UQTR Daniel McMahon veut «laisser la maison en ordre» [VIDÉO]

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — L’année 2020 sera la dernière du mandat de Daniel McMahon à titre de recteur de l’UQTR. Le processus pour trouver la personne qui le remplacera sera amorcé dès le printemps prochain par le conseil d’administration. Il faudra toutefois attendre à l’automne avant la nomination du nouveau recteur ou de la nouvelle rectrice par le Conseil des ministres. «Le conseil d’administration vise à ce que quelqu’un entre en fonction avant le congé des Fêtes», précise-t-il, histoire de ne pas arriver en plein milieu d’une session ou d’un processus budgétaire comme ce fut son cas, il y a trois ans, un certain 8 février.

D’ici là, Daniel McMahon indique qu’il entend poursuivre ses efforts pour «laisser la maison en ordre». À son arrivée, rappelons-le, l’UQTR était sous le joug d’un important déficit budgétaire. «À mon entrée, je m’étais fixé deux objectifs: avoir un retour à l’équilibre budgétaire, mais en même temps, développer l’Université», dit-il.

Quelque trois ans plus tard, au 30 avril 2019, les états financiers de l’UQTR étaient revenus à l’équilibre. Toutefois, «ce n’est pas cet équilibre-là qui compte pour le gouvernement. C’est ce qu’ils appellent le calcul pour la subvention conditionnelle. On est en léger déficit. On est encore en plan de redressement, mais on est très proche de l’équilibre financier», assure-t-il. Cet équilibre devrait être atteint en 2021, prévoit ce comptable de profession en souhaitant «que la personne qui va prendre mon siège n’ait pas cette épée de Damoclès au-dessus de la tête».

L’UQTR, tout comme les autres universités, fait en ce moment des représentations auprès du gouvernement afin qu’il y ait poursuite des réinvestissements en éducation supérieure.

Pour redresser la situation après son arrivée, le recteur explique qu’il a travaillé pour augmenter les revenus, entre autres en allant chercher de la clientèle additionnelle et en mettant beaucoup d’efforts sur les deuxième et troisième cycles où le financement est supérieur. «On a travaillé également sur les dépenses. Il fallait réduire la proportion de la masse salariale globale. On a travaillé très fort avec les renouvellements de conventions collectives», ajoute-t-il.

Le campus de l’UQTR à Drummondville, qui en sera à sa quatrième année en janvier 2020, en est un bel exemple de développement qui apporte de l’eau au moulin. «On est à plein régime sur les programmes qu’on a démarrés à ce moment-là», dit-il, et d’autres programmes s’en viennent, comme travail social. «On va augmenter la cohorte en sciences infirmières. Dans ces deux cas-là, c’est pour répondre aux besoins exprimés par le CIUSS-MCQ», rappelle-t-il. «On parle même d’ergothérapie. La demande est excessivement forte.»

L’UQTR possède aussi neuf centres hors campus. «D’un côté, on a augmenté nos revenus et de l’autre, on a mieux contrôlé les dépenses», résume-t-il.

Avant Noël, l’UQTR a amorcé sa nouvelle planification stratégique pour «définir l’université de demain qu’on veut avoir et les ambitions qu’on veut se donner. On est en croissance démographique pour quelques années», souligne le recteur.

«Alors que tout le monde prévoyait qu’on était pour tomber, on a réussi à obtenir une très légère augmentation», dit-il, grâce à des efforts de recrutement international notamment.

Le mandat du recteur McMahon a également été marqué par des événements moins heureux, notamment le lock-out des professeurs, en 2018, de même que deux dossiers de ressources humaines (ancien directeur des équipements et ancien vice-recteur aux ressources humaines) qui ont fait l’objet de procédures à la cour fort médiatisées.

Avec le recul, le recteur ne sait pas si ces événements auront un impact négatif sur l’UQTR, «mais si l’on regarde les signes, quand on regarde les projets sur lesquels on travaille à l’Université et la collaboration que l’on a avec les professeurs, on n’a jamais eu autant de projets sur la table», constate-t-il, la plupart «avec la collaboration des profs», précise le recteur en ajoutant que «la clientèle n’a pas chuté non plus tandis que le financement de la recherche est en augmentation. On a changé notre modèle budgétaire avec les départements. «Je suis très fier d’où on en est rendu», conclut-il.

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Le mandat du recteur McMahon en quelques moments forts

19 janvier 2016

Daniel McMahon est nommé officiellement au poste de recteur de l’UQTR par le Conseil des ministres. Il succède à Nadia Ghazzali qui, elle, poursuivra par la suite sa carrière de professeure dans l’établissement.

18 février 2016

Le nouveau recteur arrive aux commandes de l’UQTR en plein milieu d’une session. Il a pour objectif le redressement des finances déficitaires de l’établissement. Il entend atteindre cet objectif tout en continuant à développer l’Université.

Novembre 2016

Après trois années de tergiversations, le dossier du retour d’une équipe de football à l’UQTR essuie un refus de la part du recteur McMahon, principalement à cause de la situation financière de l’Université.

2 mai 2018

L’administration du recteur McMahon décide de décréter un lock-out des professeurs qui ne sera levé que le 16 mai suivant à la suite d’interventions menées par la ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

19 mars 2019

C’est une année particulière pour le recteur puisque l’UQTR célèbre son cinquantième anniversaire de fondation qui sera souligné tout au long de l’année par diverses festivités. L’UQTR est un lieu où il a étudié et occupé plusieurs postes importants.