La rivière Saint-Maurice devient de plus en plus prisée par les amateurs de sports nautiques et le RACELS estime qu’il faut prendre les moyens pour encadrer certaines pratiques.

Le RACELS souhaite la formation d’un comité

SHAWINIGAN — Le Regroupement des associations de cours d’eau et de lacs de Shawinigan (RACELS) interpelle le conseil municipal pour former un comité qui se pencherait sur des mesures à adopter pour améliorer la cohabitation sur le Saint-Maurice.

Au cours des dernières années, le balisage et le débit d’eau garanti par Hydro-Québec les fins de semaine pendant l’été ont progressivement provoqué une augmentation de plaisanciers sur la rivière à la hauteur des secteurs Grand-Mère et Saint-Jean-des-Piles. L’été exceptionnel qui s’achève a accentué la tendance et la construction de la marina sur le site de l’ancienne papeterie Laurentide attirera encore davantage d’amateurs de sports nautiques. Le RACELS se demande si le temps n’est pas venu de se pencher sérieusement sur la navigation dans ce secteur.

«Les efforts que vous avez faits pour amener les gens sur la rivière Saint-Maurice, ça fonctionne!», a partagé Michel Dupont, lors de la dernière séance publique régulière du conseil municipal.

«Avec l’afflux des plaisanciers, des problèmes se manifestent. La rivière, c’est un beau milieu, il y a de belles plages sur les îles Mékinac, mais quand on commence à tasser les déchets avec nos pieds, c’est moins beau. Il y a de la sensibilisation à faire pour protéger ce milieu.»

Comme au lac des Piles, M. Dupont observe une augmentation importante de la popularité des wakeboards.

«Je ne pense pas que la solution soit de les interdire», indique-t-il. «Mais peut-on délimiter des secteurs sur la rivière où ces activités pourraient se faire? Des secteurs où les berges sont mieux protégées, où il y a moins de résidents?»

M. Dupont raconte qu’en juillet, le câble qui retient son ponton a cassé à la suite du passage d’une vague de wakeboard.

«Je me suis dit que mon câble était peut-être avancé», explique-t-il. «J’en ai mis des neufs et quelques jours après, c’est le taquet qui a arraché! À un moment donné, je vais retrouver mon ponton sur le quai! Il me semble que ce n’est pas normal. De plus, si vous voulez faire du canot ou du kayak, vous êtes mieux d’avoir une bonne flotte!»

M. Dupont apprécierait également un peu plus de civisme de certains plaisanciers, qui n’hésitent pas à brandir des doigts d’honneur à ceux qui réclament un peu de quiétude. «Il y a du travail à faire», résume-t-il. «C’est beau développer la rivière, mais faisons-le comme il le faut.»

Robert Boudreault, également membre du RACELS, a suggéré au conseil municipal la formation d’un groupe de travail pour faire des recommandations sur la sécurité et les comportements à adopter par les plaisanciers. Il suggère que des représentants de la Ville de Shawinigan, du RACELS, de Saint-Roch-de-Mékinac et de Grandes-Piles forment ce comité.

«Nous croyons que la protection des rives, de la qualité de l’eau, la sécurité nautique et le bon voisinage appartiennent à tous les usagers», soulève M. Boudreault. «Ce groupe de travail devrait produire un rapport et ses recommandations en juin 2019, avant l’arrivée de la nouvelle marina et de l’afflux des touristes nautiques qui se présenteront.»

«Nos lacs et rivières, tout comme nos parcs et nos pistes cyclables, doivent être utilisés dans le respect de la nature et dans celui de tous les utilisateurs», ajoute M. Boudreault. «Dans cet esprit, nous proposons la mise sur pied de ce groupe de travail.»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, n’a pas immédiatement confirmé l’intention des élus, préférant en discuter en privé avec eux avant de faire connaître sa décision.

Nettoyage des bateaux?
Un peu dans le même esprit, Dominique Buteau a profité de la période de questions à la même séance publique pour demander aux élus s’il était envisageable d’étendre la politique de lavage de bateaux obligatoire du lac des Piles aux utilisateurs de la rivière Saint-Maurice.

Or, M. Angers rappelle que cette mesure particulière visait à protéger l’une des principales sources d’eau potable à Shawinigan.

«La rivière Saint-Maurice a 125 kilomètres entre Grand-Mère et La Tuque», précise le maire. «Ça fait beaucoup de monde! Est-il possible d’exiger le lavage de bateaux? Je ne le sais pas. Ce serait toute une aventure! Il faudrait une concertation de toutes les municipalités.»

M. Buteau aimerait également que la Ville de Shawinigan prenne des mesures pour protéger l’érosion de ses berges, une fois de plus en raison de l’augmentation de l’activité nautique.

Le maire rappelle qu’il s’agit d’une juridiction fédérale, bien que la MRC de Memphrémagog ait entrepris une initiative en collaboration avec ce palier de gouvernement.

«Nous regardons aussi cet aspect, mais c’est un processus extrêmement long», confie M. Angers. «On peut faire des actions sur la vitesse. Ça fait partie de nos discussions; plusieurs villes, au Québec, souhaitent une certaine autonomie pour réglementer ces dispositions.»