Le projet FORCES pour les personnes atteintes de DI-TSA «sera pérennisé» au Centre-du-Québec.

Le projet FORCES «sera pérennisé»

DRUMMONDVILLE — Le projet FORCES permettant aux personnes de 21 ans et plus atteintes d’une déficience intellectuelle ou d’un trouble du spectre de l’autisme (DI-TSA) de participer davantage dans leur communauté a été un franc succès et «sera pérennisé», selon ce qu’a annoncé le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, mardi, à Drummondville.

Cette initiative a été développée à l’été 2018 par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) en collaboration avec le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Le projet a notamment mérité le prix Jean Rochon qui vise à «reconnaître l’accomplissement professionnel digne de mention d’un médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive ou en médecine du travail», en juin dernier.

M. Carmant a souligné la fierté que représente un tel projet dans la région du Centre-du-Québec.

«Je suis vraiment très fier de pouvoir souligner le succès d’une initiative aussi porteuse, et ce, seulement un an après sa mise en place, ce qui témoigne de sa grande pertinence en regard du besoin réel auquel elle vient répondre. Les personnes vivant avec une déficience intellectuelle ou un TSA doivent poursuivre le développement de leur plein potentiel une fois leur parcours scolaire terminé, après 21 ans. C’est pourquoi nous nous devons de leur fournir des services qui leur permettront de le faire grâce à des activités de jour qui soient stimulantes et qui favorisent leur intégration au sein de la collectivité.»

Il a également mentionné que la réussite et la poursuite du projet FORCES pourraient paver la voie à d’autres initiatives similaires ailleurs dans la province.

«Je souhaite que cette initiative puisse faire des petits et que plusieurs projets de ce genre prennent forme sur d’autres territoires et à l’intérieur du CIUSSS MCQ, mais également dans les autres régions du Québec parce que c’est vraiment quelque chose qui rassemble, quelque chose dont on a besoin.»

Mieux encadrer pour mieux intégrer

Le projet qui a impliqué plusieurs organismes communautaires du Centre-du-Québec visait à rejoindre au moins 40 % de la clientèle ciblée, soit les personnes atteintes d’une DI ou d’un TSA âgées de 21 à 35 ans. Le projet a finalement rejoint 56 % de la clientèle visée à Drummondville et à Victoriaville. Les instigateurs de FORCES se sont basés sur les besoins réels des gens correspondants aux personnes ciblées pour les intégrer dans la communauté.

«De voir que le ministère venait s’asseoir à l’organisme communautaire avec les parents pour réfléchir avec nous, c’était un message qui était très fort. Je pense que c’est une nouvelle tendance qui émerge et de dire qu’on part des vrais besoins des gens, ça fait en sorte qu’on a des succès et qu’on peut bâtir sur ces succès, donc inverser la vapeur parce que ce sont eux les plus importants dans tout ça», a déclaré la directrice générale adjointe aux programmes sociaux et de réadaptation et directrice du programme en déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme et déficience physique au CIUSSS MCQ, Lyne Girard.

«On va peut-être avoir des lignes qui vont faire en sorte que ça va être un succès partout et le fait que le ministère soit avec nous, les lignes directrices qui vont descendre vont être fortement inspirées des bonnes façons de faire», a-t-elle ajouté.

Samuel Saucier, âgé de 25 ans, est atteint d’une maladie dégénérative. Depuis son tout jeune âge, il rêvait de travailler le bois en usine comme son père. Grâce au projet FORCES, il travaille maintenant à l’organisme communautaire L’Autre Fabrik de Victoriaville, à raison d’un après-midi par semaine. Sa mère, Louise Desserres, se dit heureuse de voir ce que son fils peut accomplir dans la communauté.

«Samuel est tombé en amour tout de suite à sa première visite. Je suis contente qu’il puisse toucher à quelque chose qu’il avait vraiment le goût de faire et qu’il puisse voir les résultats de ce qu’il a entrepris. [...] Ça illumine sa semaine», a avoué sa mère, Louise Desserres.