Patrice Mangin est directeur général de Bioénergie La Tuque.

Le projet de BELT avance bien, assure Patrice Mangin

La Tuque — Des investisseurs de la Finlande étaient de passage à La Tuque et à Québec au courant des derniers jours, afin d’avancer dans le projet de Bioénergie La Tuque (BELT). Le projet de bioraffinerie, qui a fait couler beaucoup d’encre en milieu de semaine avec la sortie publique de WestRock, va bien et les promoteurs maintiennent le cap sur 2023.

«On a eu trois jours de travail importants avec les représentants de Neste. Ils étaient quatre, le chef de projet et le responsable de l’approvisionnement, le responsable de l’ingénierie et le responsable de la technologie. Ce sont des gens qui travaillent à temps plein sur le projet. Ce n’est pas la première fois qu’ils se déplacent, et je dirais qu’on va les voir de plus en plus régulièrement. Ils ont été très satisfaits des rencontres de travail», ajoute-t-il.

Les Finlandais ont eu l’occasion de faire le tour de la ville de La Tuque afin de regarder les sites potentiels pour l’implantation d’une usine.

«On avait présélectionné le site Vallières. Il y a des plus et des moins. Ils ont aussi regardé d’autres sites pour faire la meilleure sélection possible», note M. Mangin.

Les investisseurs potentiels du projet de BELT ont également fait la route jusqu’à Québec afin de rencontrer différents ministères, dont celui de l’environnement et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

«C’est un projet très structuré qui est fait d’une manière logique», insiste-t-il.

Durant leur visite à La Tuque, ils ont présenté de manière synthétique les résultats des études d’approvisionnement devant des gens qui œuvrent dans le milieu forestier en Haute-Mauricie. Les dirigeants de BELT ont également rencontré des élus de la municipalité pour présenter les avancements du projet.

«On a eu une excellente rencontre. On a quand même eu une légère surprise et un certain désappointement de la compréhension de monsieur le maire qui a dit (dans les médias) ne me mettez pas devant un choix. Nous, on ne parle pas de choix. On tient autant que lui à ce que WestRock continue. Ce que l’on propose, c’est le développement de la ville avec une autre entreprise. Pas l’une ou l’autre», explique Patrice Mangin.

Par ailleurs, les invités finlandais de BELT n’ont pas eu connaissance de la sortie médiatique de Pierre Pacarar le directeur général de l’usine WestRock de La Tuque. Patrice Mangin estime qu’ils «ont été trop occupés dans les réunions avec le gouvernement».

Rappelons qu’en milieu de semaine, Pierre Pacarar a soulevé de grandes inquiétudes en lien avec le projet de BELT, notamment en ce qui a trait à l’approvisionnement. Il a rappelé que WestRock était en total désaccord avec l’implantation d’une bioraffinerie de l’ampleur proposée actuellement par les promoteurs.

«C’est totalement incompréhensible qu’il puisse dire ça», a répliqué Patrice Mangin, directeur général de BELT.

Patrice Mangin rappelle que le projet n’a pas grossi. En mars 2015, il avait souligné lors d’une conférence, alors que BELT n’avait pas encore été créé officiellement, qu’il s’agissait d’une bioraffinerie qui pourrait traiter environ 650 000 tonnes par an de résidus forestiers pour produire un biocarburant.

«Comment M. Pacarar peut dire que le projet a pris de l’ampleur alors que dès le début, avec WestRock sur le conseil d’administration et un des membres fondateurs de BELT, le projet était parfaitement défini et il n’a pas bougé depuis. C’est 650 000 tonnes par an de résidus forestiers. C’est à la limite de l’honnêteté intellectuelle de dire ce genre de chose», affirme Patrice Mangin.

«On a l’impression que M. Pacarar cri au loup, mais moi je n’ai pas vu le loup encore», ajoute-t-il.

WestRock a également exprimé des craintes concernant l’approvisionnement en fibres. Le directeur général de BELT persiste et signe, il n’est pas question de prendre la même fibre. Patrice Mangin insiste principalement sur deux raisons.

«En prenant la fibre blanche qu’utilise WestRock, on n’est plus qualifié au niveau de renouvelable et la réduction des gaz à effet de serre est beaucoup moindre. Il y a une raison très économique là-dedans. Si vous faites un carburant renouvelable et que vous le vendez aux États-Unis, vous avez des crédits qui sont très importants».

La deuxième raison qui devrait rassurer M. Pacarar selon BELT, c’est la quantité de biomasse disponible.

«Il y a au Québec une disponibilité de 4,9 millions de tonnes de biomasse. On utilise 172 000 tonnes, c’est 3,5 % de la disponibilité de la biomasse. Il y a aussi la facilité de récolte de la biomasse qui est exceptionnelle dans la région de La Tuque. Ça nous sort par les oreilles, alors pourquoi faire peur aux gens», souligne M. Mangin.

«Il doit y avoir quelque chose d’autre, mais la seule façon de le savoir, c’est d’avoir l’opportunité de s’asseoir avec M. Pacarar et de discuter des vrais enjeux. Pour notre part, nous voyons au contraire beaucoup de synergies.»

Le directeur général de WestRock a aussi affirmé que l’usine achetait pour plus de 40 millions $ par année à La Tuque auprès de 111 fournisseurs latuquois.

«Je pense que les 111 fournisseurs québécois seront intéressés de savoir qu’il va y avoir une autre entreprise qui va acheter pour le même montant sinon plus. C’est le développement futur de la ville qui est en jeu», a répliqué Patrice Mangin.

rencontres citoyennes

Dans un but de transparence, les dirigeants de BELT comptent rencontrer la population lors de consultation publique dès le début du mois de janvier.

«On va répondre à toutes les questions que les gens peuvent avoir. On veut être plus blanc que blanc», a conclu Patrice Mangin.