La rivière Batiscan, près de la marina.
La rivière Batiscan, près de la marina.

Le problème s'aggrave sur la Batiscan, selon la Fondation Rivières

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
C'est un bilan fort peu reluisant que celui de la performance des systèmes municipaux d'assainissement des eaux usées situés le long de la rivière Batiscan entre les années 2008 et 2011.
La Fondation Rivières, qui vient de dresser ce bilan en utilisant les données du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire, trouve la situation pour le moins inquiétante.
Ces données mettent en évidence «de graves problèmes de déversements d'eaux usées (dans la rivière) en temps de pluie, de fonte et même par temps sec qui doivent être corrigés», mentionne la Fondation.
«Sainte-Thècle, Saint-Tite, Saint-Séverin et Saint-Narcisse ont au moins un ouvrage de surverses non conforme aux exigences du MDDEP (ministère de l'Environnement). Saint-Tite et Sainte-Thècle obtenaient déjà une note inférieure à la moyenne, en 2004, alors que Saint-Séverin n'était pas conforme, selon le Plan directeur de l'eau de la SAMBBA», signale la Fondation.
C'est à Saint-Tite que la situation serait la plus inquiétante, estime la Fondation.
Il y aurait eu 62 débordements par temps sec, en 2011, au poste de pompage Principal où circule 100 % du débit des eaux usées. «Les délais de réparation survenus en 2011 ont accru le problème. En 2011, les sept ouvrages de surverses du réseau ont débordé pour un total de 363 événements», résume la Fondation Rivières. Le système a aussi débordé 173 fois entre 2008 et 2010.
La directrice-adjointe de la Ville de Saint-Tite, Alyne Trépanier, explique qu'au cours de cette période, «on a eu des pompes en réparation. On était donc en surverses. Mais depuis que notre gestionnaire de l'eau potable et de l'eau usée, Alain Tousignant, est en place, ça a été corrigé. Les statistiques de ces années-là ne nous dressent pas un beau portrait. Maintenant, nous avons un gestionnaire des eaux à plein temps. Les élus sont très sensibles à ça. S'ils vont chercher ces statistiques-là au moment où nos pompes étaient en réparation, c'est certain que ça ne nous fait pas un beau bulletin», fait-elle valoir.
La Fondation mentionne aussi le cas de Sainte-Geneviève-de-Batiscan. «Les eaux se déversent à deux endroits à la rivière Batiscan sans aucun traitement par un réseau construit en 1994», peut-on lire dans le rapport.
«Le MDDEP ne devrait-il pas interdire la construction de toute nouvelle résidence raccordée au réseau d'égout jusqu'à ce qu'une station d'épuration soit en opération dans de telles circonstances?», s'interroge la Fondation Rivières.
À Saint-Stanislas, on ne note aucun débordement depuis deux ans. Saint-Adelphe aussi reçoit de bonnes notes puisque les problèmes de débordements notés en 2008-2009 ne se sont pas reproduits.
À Saint-Narcisse, «le trop-plein Entrée des étangs, qui reçoit 100 % des eaux usées, était en infraction en 2011 tandis que le poste de pompage Principal du Collège a débordé 17, 34, 48 et 73 fois au cours des quatre dernière années, signale le rapport.
À Sainte-Thècle, le poste de pompage des Chicots a débordé au lac des Chicots à quatre reprises. Quant au poste Principal qui véhicule toutes les eaux usées, il a débordé 33 à 59 fois chaque année, rapporte la Fondation.
«Ce n'est pas une question de volonté de la part des municipalités», estime Sébastien Duchesne, directeur général de la SAMBBA (Société d'aménagement de mis en valeur de la Batiscan). «C'est que les municipalités n'ont pas les moyens de leurs ambitions», résume-t-il.