Les citoyens de La Tuque ont pu souvent voir Marc Lahaie marcher dans les rues de La Tuque.
Les citoyens de La Tuque ont pu souvent voir Marc Lahaie marcher dans les rues de La Tuque.

Le prêtre Marc Lahaie déambule dans les rues de La Tuque: «Ils sont surpris et contents»

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
La Tuque — Marc Lahaie a toujours été en forme, et vous seriez surpris de le voir jouer au racquetball, assure-t-il. Mais dans les dernières semaines, son activité physique, c’est la marche. De façon quasi quotidienne, le prêtre de la Haute-Mauricie déambule dans les rues de La Tuque et rend visite, par amour, amitié et pur plaisir, aux paroissiens. Il sonne aux maisons, mais n’entre surtout pas, distanciation sociale oblige. Il discute à plusieurs mètres de la porte, 2 minutes, 3 minutes ou même 10 si les gens en ressentent le besoin.

«Dans la perspective où l’on en avait pour plusieurs semaines, voire des mois, avec la situation entourant la COVID-19, il n’y a rien de pire que de rester devant les nouvelles et Internet. Il faut fermer ça et faire de l’exercice un peu. J’avais envie de prendre de l’air et même pour la spiritualité c’est bon.»

Il en a profité aussi pour diffuser son itinéraire aux gens sur la page Facebook de la paroisse Saint-Martin-de-Tours. De fil en aiguille, plusieurs fois par semaine, il visite une série d’adresses dans un parcours bien défini.

«Les gens sont parfois surpris, on ne sonne plus vraiment aux portes aujourd’hui. J’ai même remarqué plusieurs sonnettes brisées», lance-t-il en riant.

«Quand les gens ouvrent, ils me reconnaissent parce que ce sont les adresses des gens qui contribuent à l’Église. Ils sont surpris et contents. Je me tiens à trois ou quatre mètres, on vérifie si tout va bien amicalement et parfois la conversation est lancée. Deux, trois, cinq minutes, ça dépend s’il fait très froid parce que je ne peux pas entrer dans les maisons», souligne Marc Lahaie.

La situation le ramène d’ailleurs plus de 20 ans en arrière alors qu’il avait fait le même genre d’exercice à Sainte-Thècle... pour ses stages.

«Quand j’étais stagiaire apprenti curé, au début, on ne savait pas trop quoi me faire faire. J’avais eu cette idée-là qui m’était passée par la tête d’aller visiter les gens, par amitié. Ce n’était pas pour collecter la dîme. Je voulais connaître les gens, et ç’a complètement changé le prêtre que je suis aujourd’hui», assure Marc Lahaie.

«J’ai fait ça pendant des mois. Je passais 30 à 45 minutes, j’écoutais leur histoire et c’était très enrichissant», note-t-il.

C’était loin de l’ère de la distanciation sociale et loin également de celle où les prêtres allaient à la maison pour collecter la dîme ou demander aux femmes d’avoir plus d’enfants.

«Malheureusement, il y a encore des gens à qui je parle qui sont dans ce concept-là d’il y a 50 ans. Je ne sais pas trop pourquoi. Il y a même des gens qui pensent que je ne fais plus rien parce qu’il n’y a plus de messe. La messe et les cérémonies, c’est environ 10 % de mon temps».

Si des gens sont portés à croire que Marc Lahaie fait ça par ennui, ils se trompent.

«Je manque de temps tellement j’ai des choses à faire, mais j’ai mis ça en priorité», explique-t-il.

La pandémie actuelle oblige également à être inventif. Il a notamment distribué des rameaux du haut de son balcon par un système fait maison.

«Pour un certain pourcentage de la population, c’est important. Pour eux, c’est précieux. Alors mon objectif dans un temps comme ça, c’était de leur faire plaisir et de les faire sourire. J’aurais pu les distribuer autrement que de les descendre par panier, mais dans une période ou il y a de l’angoisse, du questionnement, des craintes, ce qui nous aide le plus c’est de bouger, bien manger, bien dormir et l’humour. On a besoin de rire, ça nous fait du bien pour diminuer cette anxiété», a-t-il conclu.