Le bureau de Denis Jean, coordonnateur de la paroisse Sainte-Marguerite d’Youville, a subi de lourds dommages en raison d’un important dégât d’eau survenu au presbytère de l’église Saint-Pierre, dans la nuit du 17 au 18 août.

Le presbytère doit changer d’adresse

SHAWINIGAN — Le destin a mis son grain de sel dans toute la réflexion entourant l’avenir de l’église Saint-Pierre, à Shawinigan. Dans la nuit du 17 au 18 août, un important dégât d’eau s’est produit au presbytère, provoquant ainsi le déménagement de l’équipe au sous-sol de l’église Saint-Charles-Garnier, sur la rue Pelletier, le 5 septembre.

Il s’agit d’une autre tuile qui tombe sur la tête de la paroisse Sainte-Marguerite d’Youville, qui s’était déjà résolue, cette année, à se défaire de la majestueuse église qui trône sur Shawinigan depuis près de 90 ans. Là aussi, les revenus ne parviennent plus à couvrir les importantes dépenses récurrentes, sans compter les rénovations de deux millions de dollars qui devraient être effectuées pour sécuriser l’immeuble. La dernière messe est prévue le 29 septembre.

L’avenir du presbytère demeurait encore nébuleux lorsque survint la déveine. Très tôt le matin le 18 août, l’abbé Gilles Lindsay, seul prêtre résident de l’endroit, est descendu de son lit et s’est retrouvé les deux pieds dans l’eau. Après avoir cherché la source de ce malheur pendant quelques minutes, l’homme de 76 ans est finalement tombé sur une toilette annexée à un ancien bureau de comptabilité, au deuxième étage. Il a immédiatement fermé la valve, mais l’eau avait fait son chemin au rez-de-chaussée et au sous-sol entre 20 h 30 et 4 h du matin environ.

«On n’a aucune idée de ce qui s’est produit», laisse tomber Denis Jean, coordonnateur de la paroisse Sainte-Marguerite d’Youville, dont le bureau a subi de lourds dommages.

L’eau s’est invitée dans les murs, les planchers, les escaliers. Du matériel informatique a été sauvé de justesse. Vendredi, des dizaines de boîtes de carton gorgées de documents s’entassaient dans les corridors, entre les séchoirs.

Les assureurs n’ont pas encore donné un aperçu de la valeur des dégâts, mais la facture s’annonce salée, surtout si les murs étaient isolés à l’amiante, comme on le craint. Heureusement, le sous-sol avait été vidé à la fin du printemps, en prévision d’accueillir l’ouvroir de l’église Saint-Pierre en septembre. Il faudra évidemment envisager une autre solution.

Branle-bas
Jeudi dernier, la fabrique et l’équipe pastorale se sont réunies pour faire le point sur la situation. C’est à ce moment que le déménagement du presbytère au sous-sol de l’église Saint-Charles-Garnier a été confirmé. M. Jean s’attend à ce que tout redevienne fonctionnel dès le 10 septembre. Une dizaine de personnes sont touchées par ce branle-bas.

Mais en prenant cette décision, la paroisse bouscule le quotidien des Alcooliques anonymes, qui y tenaient leurs réunions et d’un groupe de danse folklorique, présent à cet endroit depuis une quarantaine d’années. Des familles réservaient aussi cette salle pour diverses réceptions, ce qui entraînera donc de nouvelles pertes de revenus.

Les Alcooliques anonymes organiseront dorénavant leurs réunions à l’intérieur des églises Saint-Charles-Garnier et Saint-Marc, mais les amateurs de danse se cherchent toujours une nouvelle salle.

«On se retrouve avec des immeubles très affectés», constate M. Jean. «Nous avons encore des infiltrations d’eau dans la sacristie, de l’autre bord. L’image qui me vient à l’esprit, c’est que la paroisse est rendue à la rue... là où elle doit être!»

Le déménagement du presbytère au sous-sol de l’église Saint-Charles-Garnier demeure temporaire, mais il serait étonnant que l’équipe revienne sur l’avenue Hemlock. Les assureurs ne couvriront probablement pas toutes les dépenses pour rénover l’immeuble dont la mission, de toute façon, était étroitement liée à l’église Saint-Pierre.

«Avec la réduction de l’administration, est-ce que ça vaut la peine de revenir?», questionne M. Jean. «Nous n’avons pas encore de réponse, quoiqu’elle s’impose d’elle-même.»

La fabrique a donc pris la décision d’inclure le presbytère avec l’église dans le processus de vente qui s’amorce, avec l’aide d’un agent immobilier. Jusqu’ici, deux groupes ont démontré un certain intérêt, dont l’un intéressé à sauver ce bâtiment patrimonial. Mais les conditions ne rencontraient pas les attentes de la paroisse.

«Nous les avons rencontrés, nous avions beaucoup de points d’interrogation», confie M. Jean. «Jeudi, unanimement, les deux conseils ont décidé de ne pas aller plus loin selon les termes proposés. On nous impliquait là-dedans et pour nous, c’est fini.»

Le coordonnateur préférerait se concentrer sur la mission spirituelle de son église plutôt que de gérer des infrastructures. Il prend l’exemple de cette dame expulsée de son logement, tout près de là, qui a fait les manchettes au cours des derniers jours.

«Il faut absolument réduire les opérations de la paroisse à la grandeur de ce que nous pouvons offrir, pour nous permettre de faire autre chose que laver des planchers et réparer des murs», mentionne M. Jean. «Nous avons autre chose à faire. Nous avons une voisine qui a été expulsée en pleine rue. Il y a toute une histoire derrière ça, mais il n’en demeure pas moins que nous n’avons même pas eu le temps d’aller la voir, parce qu’on s’occupait des bâtisses. Pourtant, notre mission, elle était là, avec elle...»