Normand Gauthier et Roger Massicotte (à gauche) ont montré aux visiteurs du Festival de pêche au petit poisson des chenaux comment apprêter le poulamon.

Le poulamon, ce mal-aimé

SAINTE-ANNE-DE-LA-PÉRADE — Chaque année, il se pêche plus ou moins 3 millions de poulamons sur la rivière Sainte-Anne, à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Un poisson au goût près de celui de la morue, qui n’a cependant pas toujours été apprécié à sa juste valeur à cause des nombreuses arêtes qui restent en bouche s’il n’est pas préparé adéquatement. C’est pourquoi l’organisation du Festival de pêche au petit poisson des chenaux a mis sur pied, il y a quelques années, un atelier culinaire pour apprendre comment apprêter le poulamon et comment le cuisiner.

«Il y a une façon simple de l’arranger, d’enlever les arêtes facilement, explique Roger Massicotte, pourvoyeur à la retraite et père de Steve Massicotte, le président de l’Association des pourvoyeurs de la rivière Sainte-Anne. Il faut le manipuler quand il est encore gelé, sinon, c’est plus difficile d’enlever la peau et les arêtes avec le couteau.»

La méthode est effectivement simple: on commence par enlever, bien sûr, la tête et la queue du petit poisson, puis on en coupe le dos et le ventre sur toute la longueur. Enfin, il ne reste qu’à retirer la peau des deux côtés où il en reste.

M. Massicotte se livre à cette démonstration dans un kiosque installé à la Place du festival, lors de chacune des trois fins de semaine que dure l’événement. Plusieurs pêcheurs amateurs en ressortent surpris de voir à quel point il est facile de préparer ce poisson qu’ils boudaient auparavant à cause des arêtes.

Plusieurs se risquent même à goûter au poisson préparé selon la méthode que préfère M. Massicotte: roulé dans la farine et frit à la poêle. Le poisson est cuit au restaurant de l’entreprise de Sainte-Anne-de-la-Pérade Les Boissons du Roy et est conservé au chaud au kiosque pour la dégustation.

Le Festival de pêche au petit poisson des chenaux a mis en place, depuis trois ans, un kiosque de dégustation de poulamon.

«Beaucoup de gens n’y avaient jamais goûté avant et la grande majorité a aimé ça », assure M. Massicotte.

Un dépliant résumant la façon d’apprêter le poulamon est distribué aux visiteurs du kiosque. On y retrouve également cinq recettes proposées par les chefs de la région Fred Chappuis et Dany Willard: en filets, papillote, Fish & Chips, croquettes et polpetone. À noter que d’autres chefs de la région se sont auparavant intéressés au poulamon et ont développé des recettes pour faire connaître ce poisson. Le restaurant Le Lupin a notamment déjà eu pignon sur rue – ou plutôt, sur glace – sur la rivière Sainte-Anne.

Les recettes contenues dans le dépliant distribué au festival sont accessibles sur le site web de l’événement, ainsi qu’une vidéo montrant la méthode pour apprêter le poulamon.

Populaire chez les touristes

Alors que le poulamon reprend ses lettres de noblesse auprès des Québécois, il est toujours très apprécié des touristes, assure M. Massicotte. Notamment chez les Chinois, qui sont nombreux à essayer la pêche au poulamon.

«Beaucoup en mangent directement dans la cabane, explique le pourvoyeur à la retraite. Et ils en pêchent des quantités incroyables!»

En plus des touristes chinois, ceux venant de Russie sont également de plus en plus attirés par Sainte-Anne-de-la-Pérade et son activité particulière. «On a reçu une dizaine de groupes venus par autobus de Toronto, jusqu’à présent, cette année», indique M. Massicotte.

Le Festival de pêche au petit poisson des chenaux se termine le 17 février.